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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 20:51


On admet bien souvent que la Révolution française  est l'acte fondateur  en France de  la démocratie, de la République et de l'Etat de droit.
 C'es totalement faux.  L'Etat de droit est l'aboutissement d'une très longue histoire qui a débuté bien avant 1789, etpas seulement en France!
Voici le texte de référence, dont je vous livre un petit extrait:



L'Etat de droit : une réalité historique

"Né en Europe, en Angleterre, en France, en Hollande, en Prusse au temps des monarchies républicaines, l'Etat de droit a constitué une innovation à l'intérieur des formes étatiques. Dans la mesure où il a substitué au lien civil, établi sur la guerre et sur les conquêtes, une société politique établie sur la paix et dans laquelle les litiges sont arbitrés par la négociation juridique et où le souverain, à la différence de l'imperator qui disposait d'un droit de vie et de mort sur le citoyen, doit reconnaître et garantir le droit à la sûreté des individus, l'État de droit rompt avec la forme impériale du pouvoir. Par ailleurs, dans la mesure où il remplace le régime de la puissance en propriété par une société où les hommes ne sont plus des choses, l'Etat de droit sépare la politique de l'économie et congédie la forme dominiale (seigneuriale) du pouvoir.
L'Etat de droit est apparu en Europe comme une rupture avec l'Empire et avec la seigneurie, à travers une nouvelle doctrine du pouvoir qui organise un espace politique unifié, où la puissance publique est assujettie à la loi et limitée par le droit individuel et qui s'assortit d'une morale politique de la loi. Cette doctrine, parallèlement à l'édification des éléments de l'Etat de droit par les hommes politiques, a été élaborée à travers les écrits des légistes et des philosophes. C'est leur théorie qui constitue en quelque sorte un modèle, un idéal type que je voudrais commencer par restituer.

L'Etat de droit : un idéal type

Les éléments d'Etat de droit qui apparaissent en Europe à la fin du Moyen-Age dans les monarchies anglaise, française ou dans ce qui sera bientôt la république de Hollande ne prennent pas nécessairement la même forme. Si partout s'affirme, dans un premier temps, l'éminente dignité de la fonction judiciaire (le roi en son parlement en Angleterre, ou  le roi en son conseil en France) qui qualifie le monarque comme étant d'abord et avant tout un roi-juge, par la suite, une évolution distincte séparera l'organisation étatique anglaise, qui gardera la forme d'un Etat de justice, de l'organisation étatique française, qui prendra la forme d'un Etat administratif édifié autour du Contrôle général des finances. Néanmoins, au-delà de ces distinctions, une même opposition regroupe les Etats anglais et français, à l'égard de  A) l'Empire,  B) la seigneurie, comme l'ont estimé les légistes anglais et français".
Blandine Barret-Kriegel
 L'Etat de droit in Cours de philosophie politique Livre de poche (1996)

 

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Published by laurence hansen-love - dans Préparation IEP (sciences-po)
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commentaires

Hélène C 19/01/2008 18:06

Bonjour ! Je n'ai pas trouvé d'adresse e-mail alors je n'ai trouvé que cet endroit pour vous écrire..Je suis khagne classique à nice et j'ai un sujet de philo qui me pose problème : le dialogueJ'ai trouvé toutes les idées qu'il me faut , j'avais fait un plan qui me convenait bien mais en redigeant je me rends compte que tout se recoupe et que si je me cantonne à mon plan trop structuré je risque de mrceler la reflexion...Voici mon plan actuel : I Le dialogue : un échange nécessaire entre plusieurs subjectivités  1. Langage et non dits dans la relation à l’autre 2. Le dialogue n’est pas une simple discussion : c’est un véritable échange entre deux consciences subjectives qui se respectent 3. Le dialogue est nécessaire dans une communauté II Le refus du dialogue : la « douleur » de la confrontation  1. Une confrontation douloureuse2. La mise à nu des erreurs de l’opinionIII Le dialogue comme retour à soi par le rapport à l’autre  1. La création d’une vérité en commun 2. Un accès à la vérité à long terme 3. Le dialogue comme accès à l’autonomie Voila j'espère que vous pourrez m'aider.Est ce que vous pourriez aussi m'eclairer sur l'ecole de Pablo Alto, je voudrais l'insérer dans la question des non dits dans le rapport à l'autre mais je n'ai pas assez d'informations pour développer.Merci d'avance pour votre aide.

laurence hansen-love 20/01/2008 21:27

Tout d'abord : je ne connais ps Pablo Alto.Ensuite : de combien de temps disposez-vous?En bibliothèque ou sur le Net, vous trouveriez peut-être Le dialogue de José Santuret, que je vous recommande vivement.Ensuite, je ne comprends pas bien ce que vous voulez dire dans votre seconde aprtie, et j'ai un peu l'impression que vous tournez en rond.Sur une sujet comme ça -une notion- je m'attacherai exclusivement à la définition de la notion.Moi je ferai plutôt comme ça: 1) Le sens banal de "dialogue" : écarter tout faux dialogue pour dégager l'idée du dialogue authentique (recherche partagée  en vue d'un accord ou de la vérité)2) Dialogue et pensée; en quoi le vrai dialogue inclut la pensée et la pensée est un dialogue avec soi-même3) Dialogue comme non violence, ouverture à l'altérité,  enjeux politiques du sujet...Encore une fois: vous trouverez tous les textes clés dans le petit Hatier de José Santuret : Marcel Conche, Habermas, Ricoeur..