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25 janvier 2008 5 25 /01 /janvier /2008 16:50
Merci à Olga Loris pour cette excellente copie:

 

 

L’ORDRE POLITIQUE EXCLUT-IL LA VIOLENCE ?

 

 

 

L’ordre politique est une notion assez floue qui semble désigner les instances et les institutions politiques, c'est-à-dire les instances qui gèrent la vie de la cité. Il paraît être ce qui incarne la politique dans une société donnée, l’organisation des instances et institutions politiques. L’ordre politique des sociétés modernes occidentales serait donc assimilable à l’Etat, ensemble des structures politiques organisant la polis.

L’Etat exclut-il la violence ? C'est-à-dire expulse-t-il, est-il incompatible, n’admet-il pas la violence ? La violence est un ensemble de phénomènes caractérisés par leur brutalité et l’exercice de la force à l’encontre de soi ou de tiers. Ainsi, on peut se faire violence à soi-même, se contraindre, s’imposer des contraintes face à ses envies ou faire violence, contraindre quelqu'un par la force ou le brutaliser.

L’Etat, la présence d’instances politiques, n’apparaissent pas incompatibles avec la violence. En effet, celle-ci est courante dans la cité, sur son territoire. Ainsi, même dans le cadre de la démocratie athénienne, la violence n’est pas éradiquée puisque Socrate est injustement mis à mort par ses concitoyens. De plus, toutes sortes d’actes brutaux comme le vol, le viol, le meurtre, sont encore d’actualité dans nos sociétés. Cependant, l’ordre politique, l’Etat, en instaurant le règne de la loi, semble exclure la violence et les murs de la cité ont pour rôle de lui faire rempart. Ainsi, met-il fin à la contrainte des plus forts sur les plus faibles s’exerçant dans l’état de nature. En outre, l’Etat a pour objectif de permettre la vie collective et donc de pacifier les relations humaines. Toutefois, la barbarie étant inhérente à l’homme, et si l’on ne peut l’exclure de l’homme même par la civilisation, l’éducation, peut-on la soustraire de la société ? Plus que d’exclure la violence, l’ordre politique paraît d’une part l’incarner, d’autre part, en la réglementant la réduire et la canaliser.

 

 

 

 

L’ordre politique, assimilable bien souvent à l’Etat, n’exclut pas la violence. En effet, la brutalité n’est pas éradiquée de nos sociétés. De plus, l’Etat fait violence à l’homme, qui doit annihiler sa liberté naturelle et donc se faire violence en réduisant l’assouvissement irréfléchi de ses passions. Si l’ordre politique n’exclut pas la violence, c’est parce qu'il il est lui-même violent. Ainsi, il peut violer les droits d’un individu, il peut instaurer l’inégalité et être la cause de guerres et donc parfois à l’origine de la barbarie.

La présence d’institutions à caractère politique - c'est-à-dire visant à permettre, organiser, gérer la vie en société tels la justice, les ministères -, ne mettent pas fin à la brutalité. Ainsi, même si le but de l’Etat démocratique est de réduire les injustices, c’est sous le régime démocratique d’Athènes que Socrate fut condamné injustement à mort. Or, une peine injuste fait violence à l’individu qui la subit d’autant plus si, comme c’est le cas ici, c’est la majorité, c'est-à-dire la force qui l’impose et non la loi, expression de l’intérêt général. Aujourd’hui, la perpétration d’actes criminels, et même leur augmentation dans certains Etats européens, montre bien que l’ordre politique n’évince pas la brutalité. De plus, l’Etat, ses structures, peuvent permettre la mise en œuvre d’actes barbares, à grande échelle. Ainsi, le nazisme s’est fondé sur un « ordre » politique pour imposer un Etat barbare, totalitaire.

Si l’ordre politique n’exclut pas la violence, c’est aussi parce qu’il fait violence aux hommes. Lorsque l’individu entre en société, il doit annihiler sa liberté naturelle. Il doit donc se faire violence, se contraindre, par exemple s’interdire d’assouvir toutes ses envies. De plus, l’ordre politique n’est-il pas le fondement des inégalités ? En effet, l’Etat reconnaît la propriété et met ainsi fin à l’égalité des hommes, comme le souligne Rousseau dans Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes. Ainsi, l’ordre politique, instaure des rapports de force qui ne sont pas jugés naturels par l’auteur. Il institutionnalise un état de violence car l’inégalité entre les individus a pour conséquence toutes sortes d’actes brutaux :le vol,… Or, ces sentiments, créés par l’inégalité, découlent de l’entrée en société, fondant la propriété, inexistante dans l’état de nature. De plus, il a aussi pour conséquence une société brutale où l’on voit, encore au XXI siècle, dans des pays assez riches pour nourrir toute leur population, des gens démunis et sans ressources, forcés de vivre dans la rue, manquant des denrées les plus nécessaires. Alors que, dans des sociétés dites primitives et donc plus proches de l’état de nature, seuls les hommes ayant commis un crime grave sont ainsi condamnés à vivre hors de la société, isolés et démunis.

En outre, l’ordre politique, peut faire violence aux individus en ne respectant pas les droits de l’homme. C’est ainsi qu’au XIX siècle, l’affaire Dreyfus éclate et prive un homme de ses droits face à la toute puissance de l’Etat et de l’institution étatique qu’est l’armée. Ils préfèrent sacrifier un individu plutôt que de remettre en cause l’autorité de l’armée. L’Etat, puissant, parce qu’il détient le pouvoir, peut se montrer dangereux pour les droits de l’homme et du citoyen et leur faire violence comme l’exprime cet exemple.

De plus, les proclamations de guerres qui sont le fait du gouvernement et du chef de l’Etat, représentants de l’ordre politique, font violence aux peuples. Ainsi, la Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale ont été les théâtres de barbaries. Certains Etats, en en attaquant d’autres, font violence aux hommes. C’est actuellement le cas dans de nombreux pays du monde, entre autres, l’Irak et l’Afghanistan.

L’ordre politique ne semble pas garant de la paix sociale, de la paix civile ni de la paix internationale et il n’exclut pas la violence. Car il ne met pas fin aux actes de brutalité, ni aux inégalités et parce que l’entrée en société, donc dans la sphère régie par l’ordre politique, nécessite que l’homme se fasse violence à lui-même. Cependant, le but de l’Etat n’est-il pas de mettre fin à la violence ? L’Etat de droit ne fait-il pas taire la force, l’Etat démocratique les inégalités ?

 

 

 

L’Etat exclut théoriquement la violence, dans la mesure où il structure la société et est sa condition de possibilité. Or, l’entrée en société, mettant fin à l’état de nature, met fin à la brutalité, à l’ordre du plus fort pour instaurer celui de la loi et du droit. L’Etat démocratique, car il a pour but le règne de l’égalité, se propose de mettre fin à la violence sociale et l’Etat de droit propose de substituer au règne du plus fort celui de l’intérêt général.

La cité, qui rend nécessaire la création d’un ordre politique, est dès son origine liée à l’exclusion de la violence. Ainsi, Romulus, dont la légende dit qu’il fonda Rome, commence par délimiter l’enceinte de la cité, à l’aide d’une charrue, et pour première loi édicte qu’on ne pourra pas y pénétrer avec une arme. Il bannit donc, symboliquement, la violence de la cité. L’ordre politique, permettant la survie de la cité, fait respecter cette loi, par exemple en imposant que les exercices militaires se fassent sur le champ de mars, c'est-à-dire hors de son enceinte. Dès l’instauration de l’ordre politique, qui va de pair avec celle de la polis, la violence est chassée. De plus, la cité régie par un ordre politique, variant selon les époques, n’a-t-elle pas pour conséquence l’annihilation de la violence humaine ? En effet, en entrant dans la cité, l’homme annihile son animalité et la violence qui la caractérise. Ainsi, hors de la cité, l’homme, soumis à ses instincts, ses désirs, ses passions, ne se soumettrait qu’à la loi du plus fort et cet état naturel serait un véritable enfer où la violence se déchaînerait, (Hobbes, Léviathan). A contrario, la vie en société favoriserait son humanité. En effet, dans la cité, l’homme vit entouré de ses semblables et il peut, grâce à la parole, dialoguer avec autrui et ainsi apprendre à se connaître lui-même. Il répond donc à l’injonction de l’oracle de Delphes : « connais-toi toi-même » et accomplit de cette façon son humanité. Or, l’accomplissement de son humanité passe par le dépassement de son animalité et de ses passions. Il peut ainsi limiter la violence qui accompagnait son état premier, grâce à l’ordre politique régnant dans la cité.

De plus, l’Etat n’implique-t-il pas le règne de la loi ? Ne substitue-t-il pas à l’ordre de la force celui du droit ? Or, c’est l’instauration de l’Etat et de la Justice qui met fin à la loi du talion, de l’ « œil pour œil, dent pour dent », en introduisant un tiers objectif dans les conflits et par l’entremise des lois, instituant la répression d’un crime, d’un délit. L’ordre politique met ainsi un terme au cercle vicieux de la loi du talion, il met un terme au cercle sans fin des vengeances, de la vendetta et de la violence. L’ordre politique, incarné par l’Etat de droit, a pour objectif, en plus d’éradiquer la violence entre les individus, d’empêcher la violence de l’Etat, en pratiquant la séparation des pouvoirs, chère à Montesquieu. Ainsi, en séparant pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire et en leur donnant une importance égale, chacun de ces pouvoirs peut contrebalancer les autres et en éviter les dérives et abus. Or, cela permet de protéger les individus face à la toute puissance de l’Etat. S’ils jugent leurs droits bafoués par celui-ci, ils peuvent s’en défendre puisque l’exercice de la justice est indépendant de celui du pouvoir exécutif. Et ce partage des pouvoirs réduit les possibilités d’établissement d’un régime despotique, puisqu’ils ne sont pas concentrés dans les mains d’un seul homme.

En outre, l’Etat instaure l’ordre du droit et met fin à celui de la force. En effet, dans un Etat républicain, par exemple, on n’obéit plus au plus fort mais on se soumet aux lois. Et ces lois permettent de sortir des relations brutales qui sont le corrélat du règne de la force car personne n’ayant de droits ou de devoirs, chacun agit selon sa force et essaye d’imposer sa volonté aux autres. Si quelqu’un me dérange et que je suis plus fort que lui, pourquoi ne pas répondre à ma première envie, qui est de m’en débarrasser, et donc le tuer ? Les lois et la justice, en imposant l’intervention d’un tiers mais aussi parce qu’elles obligent à prendre le temps de la réflexion, font taire les passions qui mènent souvent à des actes violents. Or, c’est l’ordre politique qui instaure ces institutions, ces formes donc qui canalisent la violence. De plus, les lois sont, par leur contenu, une entrave à la violence puisqu’elles condamnent le meurtre, le viol, le vol, les abus de pouvoirs et d’autorité et, de manière générale, les actes violents. Elles se montrent dissuasives, ceux qui l’enfreignent encourent des peines de prison, la mort...

Et leur inculcation à travers la socialisation, qui passe par des relais telle l’école (institution étatique), tente de les faire connaître, accepter et respecter.

De plus, l’Etat de droit a pour but de faire régner la loi, et non le plus fort. Ce qui met fin à la violence car si le droit règne, c’est l’intérêt général, et non celui d’une force comme la majorité ou les puissances d’argent, qui impose sa volonté. C’est parce qu’il est créateur de formes que l’Etat exclut la violence. Les institutions, qu’il implique, ont un rôle stabilisateur qui extrait l’homme de l’état de sauvagerie. Comme la justice, elles structurent la société et l’éloignent de la barbarie en rationalisant le monde.

L’ordre politique exclut la violence car il crée des institutions, qui stabilisent la société et éloignent les hommes d’un assouvissement immédiat de leurs pulsions. De plus, il permet la survie de la cité, en l’organisant et il s’associe donc au but de la polis, bannir la violence de son territoire. En préférant l’ordre du droit à celui de la force, il participe à la pacification des relations humaines et condamne la violence.

 

 

 

Cependant, pour faire respecter ces lois, l’ordre politique peut faire usage de la violence et il ne l’exclut donc pas. Mais il la restreint, la régule puisque, selon Weber, la violence est son monopole. Toutefois, l’Etat peut-il réellement éradiquer la violence puisque celle-ci, comme le souligne Freud, est inhérente à la nature humaine ? L’Etat semble davantage réduire, canaliser la violence que l’exclure. Ainsi, un territoire, où la présence étatique est faible, est souvent le lieu de plus nombreuses violences qu’un espace bien maîtrisé par l’Etat. A contrario, une présence trop forte peut être révélatrice de conflits ou les favoriser.

Si l’Etat n’exclut pas la violence c’est parce qu’il en est lui-même porteur. Il aurait même, d’après Weber, le monopole de celle-ci. Ainsi, même dans les Etats les plus respectueux des droits de l’homme, il y a des bavures policières et donc violence de l’Etat. Mais si l’Etat a le monopole de la violence, n’est-ce pas pour la limiter ? Il la met en effet au service des citoyens. L’armée et la police permettent sa protection, la justice, le respect de ses droits. Son rôle est donc d’empêcher les autres d’être violents. Mais jusqu’où peut-il aller pour cela ? A être plus violent que ceux qui s’opposent à ce monopole de la violence, comme les terroristes ? Par exemple, en supprimant leurs droits et en bafouant leur dignité comme le font les forces américaines à Guantanamo ? Dans ce cas-là, l’Etat semble faire prévaloir son monopole de la violence par rapport à ses autres prérogatives telles la cohabitation harmonieuse des citoyens, leur éducation car de tels usages engendrent violence et intolérance. Toutefois, les citoyens ne réagissant pas, ou très peu, contre de telles pratiques, ils cautionnent donc les actes des représentants de l’Etat. Cela ne suffit cependant pas à les rendre légitimes. Face à cette remise en cause du monopole de la violence de l’ordre politique, par des actes terroristes, la violence de l’Etat ne semble pas avoir de limites et celui-ci participe donc à l’intensification de la violence dans la société. En tout premier lieu car, devant cette remise en cause, il répond par une augmentation de pratiques violentes et par un amoindrissement des droits des accusés. Cependant, l’ordre politique doit garder ce monopole de la violence pour pouvoir continuer à protéger les citoyens. Peut-il le maintenir ? Certes, il le peut, en banalisant la violence étatique, policière dans les banlieues, par exemple. Mais cela semble diffuser la violence et l’intensifier. C’est donc plutôt en passant par d’autres institutions étatiques qu’il peut garder ce monopole, tout en continuant de juguler la violence. Pour cela, un travail de prévention, d’instruction semble plus adéquat ainsi qu’une transformation de certains cadres de la société visant à instaurer une plus grande égalité, égalité des chances et tolérance entre les citoyens. En effet, selon nombres d’études sociologiques, la violence endémique des banlieues viendrait d’un sentiment d’exclusion, du marché du travail, de la société, mais aussi d’inégalité,…

Le monopole étatique de la violence montre bien que l’ordre politique ne peut mettre fin à la violence. Toutefois, il peut, grâce à celui-ci la réduire et tenter de la contrôler.

D’autre part, si l’Etat ne peut éradiquer tout acte brutal, c’est parce que la violence est constitutive de la nature humaine, comme le souligne Freud. Il peut seulement participer à son refoulement par les institutions telle la justice, … L’homme ne serait ainsi jamais débarrassé d’un fond de violence qui hante l’humanité et donc la société. L’Etat ne peut donc mettre fin à cette violence. Il peut, cependant, favoriser son refoulement en instaurant des formes, structurant la société, entravant l’expression de la force brutale de l’homme. L’ordre politique permet donc de canaliser la violence car les formes qu’il crée, en imposant à l’homme contraintes et réflexion, le pousse à ne pas assouvir ses pulsions. En outre, les partis politiques qui ont été menés au pouvoir, puis qui ont instauré des régimes violents, en s’aidant des institutions démocratiques ou non, ont par là même mis fin à l’Etat de droit, qui se caractérise par le règne de la loi et non celui de la force et qui est opposé à l’identification du pouvoir à un seul homme ou un seul parti, comme c’est le cas dans les régimes despotiques et totalitaires.

De plus, si les lois n’ont pas pour conséquence l’évincement de la brutalité, elles contribuent à la réduction de son expression. Ainsi, un espace, où la présence des instances étatiques est faible, connaît une violence plus forte qu’un espace où celles-ci sont plus présentes. L’Amazonie et le Far West sont des lieus connus pour leur climat de brutalité extrême car, personne n’étant là pour imposer, faire respecter la loi, l’ordre du plus fort reprend le dessus et ouvre donc la porte à une violence sans limites. A contrario, la forte présence de représentants de l’Etat endigue la violence, comme ce fut le cas cet automne dans les banlieues françaises, mais n’y remédie pas profondément, ne soigne pas le mal car il ne le prend pas à la racine. Un Etat très sévère, très présent, comme dans le cas de régimes dictatoriaux ou totalitaires, peut voir le nombre des actes criminels diminuer car les peines sont très lourdes (mort, travaux forcés…) mais par pour autant la violence s’amenuiser, car il participe à sa banalisation et à son durcissement. La société soviétique était très violente puisqu’on dénonçait impunément son voisin, puisque le goulag était une réalité omniprésente, … De plus, l’Etat outrepassait son monopole de la violence, en organisant de grands procès (souvent à caractère antisémite) pour sublimer la brutalité des concitoyens. Dans ce type d’Etats, la violence devient une réalité quotidienne à laquelle on ne peut plus échapper.

Si l’ordre politique ne peut exclure la violence, c’est parce que celle-ci est constitutive de la nature humaine. Seules les institutions, qui en découlent, permettent de la juguler. D’autre part, c’est parce qu’il a le monopole de la violence que l’Etat ne la bannit pas totalement de la cité. Mais ce monopole n’est-il pas le meilleur moyen d’endiguer la violence ? Enfin, la présence étatique, incarnée par les lois et ses représentants, permet toujours de limiter la violence, si l’on est dans un Etat de droit et non dans un régime dictatorial ou totalitaire.

 

 

 

D’emblée, l’ordre politique ne semble pas exclure la violence car la brutalité est toujours présente dans nos sociétés, régies par l’Etat, et parce que l’entrée même en société, qui suppose l’Etat, impose à l’homme de se faire violence à lui-même. En luttant contre ses désirs, ses pulsions…

Cependant, la vie en cité ne met-elle pas fin à l’état de nature, caractérisé par une violence endémique ? De plus, un des buts de l’Etat est la cohabitation harmonieuse des hommes. En instaurant des formes, il permet d’expulser la violence des hommes, en remédiant à la loi du talion et à la vendetta.

L’ordre politique n’est pourtant pas à même de bannir la violence, même si tel est son but, car la violence est présente irrémédiablement en chaque homme. Il la canalise toutefois par les lois et le monopole qu’il a de la violence. Mais tous les ordres politiques ne semblent pas à même de réduire cette violence. Ainsi, l’Etat ou plutôt l’Etat de droit, les démocraties et les républiques, peuvent la contenir par la séparation des pouvoirs, l’instauration de l’ordre du droit, de l’égalité, de la tolérance mais cela ne paraît pas être possible, dans le cas de régimes despotiques (démocraties ou monarchies), totalitaires.

L’ordre politique peut donc juguler la violence en en prenant, par exemple, le monopole. Toutefois, il ne peut y mettre fin. De plus, seuls les « Etats de droits » peuvent se prévaloir de la volonté d’exclure la violence car certains Etats, comme ceux qu’on appelle dorénavant les « Etats terroristes », ne peuvent prétendrent la vouloir endiguer puisqu’elle est leur principal mode de gouvernement, d’action.

L’Etat de droit, seul, peut-être considéré comme ayant pour fin l’exclusion de la violence, même si celle-ci reste un objectif lointain.

 

 

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Published by laurence hansen-love - dans Préparation IEP (sciences-po)
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commentaires

Daniel Monségu 30/06/2016 16:46

Partageons le souhait d'un monde "le moins violent possible"; j'ajoute la question "Cette violence (particulière) est-elle utile ?" - Cette question invite à juger des violences antérieures (le XXème siècle en a fourni de toutes sortes et ampleurs, à la limite de l'anéantissement) en se demandant si elles ont contribué à un Progrès ("Civilisateur") ou si elles nous paraissent aujourd(hui avoir causé des souffrances inutiles. Et ensuite à se demander quelles formes et situations de violence doivent être évitées, ou, à contrario, favorisées, - ce qu'on appelle "tirer des leçons de l'Histoire" (?)
Une telle attitude historique et prospective (vers le Futur) justifie de vouloir "réduire" la "Violence" (en général) possible et probable, prévisible, dans ce qu'elle a d'improductif (y compris contre-productif).
Ainsi la "Violence" n'est pas refusée en tant que violence de manière absolue, mais elle est jugée, dans ses pratiques, par ses effets, ce qui conduit à vouloir exclure, supprimer, abolir certaines
violences.
Reste à éviter que les divergences sur l'appréciation des violences utiles ou inutiles ne soient elles-mêmes raisons de violence ! Mais alors, on sait que la résolution possible de la violence n'est que dans et par la "construction" d'un "Commun" partagé (?!) - On est dans le Faire, et non seulement dans le défaire et détruire (?)
D'abord il faut, au-delà les pulsions, vouloir réfléchir à la violence produite et à produire comme devant s'intégrer dans un processus de socialisation (incluant la critique et la contestation), visant au perfectionnement des institutions (?)

La page 'Mémolang' suivante renvoie à ton document-ci parmi 4 documents, les 3 autres sur : - l'"habitus" et la justice, la socialisation pouvant ou non générer de la violence justifiée; - la violence pouvant se réguler pour créer une solidarité, le "Peuple"; - les "pulsions" portant à la violence, qui doivent être portées en réflexion.
Vois :
http://www.survie.fr.memolang.eu/Memo/Memo.php?outsearched=yes&_v_id_block=2280

À +

lhl 06/04/2016 13:26

La même chose, non... mais vous trouverez de nombreux éléments..

KONE MOUSTAPHA 06/04/2016 00:13

MERCI POUR CES INFORMATION MAIS J AI UNE QUESTION C EST LA SUIVANTE ; L ETAT PEUT-IL SE PASSER DE LA VIOLENCE ?
EST CE LA MÊME CHOSE QUE SE TEXTE QUE VOUS AVEZ POSTE

Daniel Monségu 20/12/2015 19:31

Ton analyse montre bien les difficultés de l’Etat de droit.

Et l’Etat de droit doit pouvoir être partagé au sein des pays comme entre eux, ce qui pose, plus Globalement, la question de l'"Ordre de Droit" dans les relations internationales et les instances supra-nationales.

Intrinsèquement, son "monopole" de la violence ne peut être absolu, sinon il verserait dans le "totalitarisme"; il est soumis à des degrés et conditions pour son acceptation, sa légitimation par les citoyen(ne)s.

Il importe de "refonder" la pratique du Pouvoir Public par rapport à l'exercice de la violence ...

Vois le Lien "Mémolang" ci-après vers ce document-ci, à la page :
http://www.survie.fr.memolang.eu/Memo/Memo.php?outsearched=yes&_v_id_block= Votre 'bloc' n°2195

[ Cette 'Mémolang' "Survie" entre dans la Dialectique par l'opposition :
- du Manifeste "Utopiste", lequel se définit par une tentative de définition des principes et de la pratique de l'"Humanocratie" (fondés sur 'l'Humain') au lien [dans un autre onglet] :
http://www.survie.fr.memolang.eu/Memo/Memo.php?outsearched=yes&set=parthuma&item=31
au :
- Manifeste "Hiérarchiste" (fondé sur la 'Hiérarchie') au lien [dans un autre onglet] :
http://www.survie.fr.memolang.eu/Memo/Memo.php?outsearched=yes&set=guerpauv&item=1
]

Max 08/05/2010 15:43



Merci pour cette copie, j'ai pu voir tout ce qui m'a manqué dans ma dissertation de cette semaine qui était..."l'ordre politique exclut-il la violence?"!


je vais tâcher de prendre exemple