Hannah Arendt montre ici qu' en déclenchant par sa propre action, des processus absolument nouveaux dans l'univers où il vit, l'homme va rendre cet univers imprévisible: selon la philosophe, c'est là que se situe le suprême danger.
"Nous savons aujourd'hui que bien que nous ne puissions faire» la nature au sens de la création, nous sommes tout à fait capables de déclencher de nouveaux processus naturels, et qu'en un sens
par conséquent nous faisons la nature», dans la même mesure que nous « faisons l'histoire' ». Il est vrai que nous n'avons atteint ce stade qu'avec les découvertes nucléaires, où des forces
naturelles sont libérées, délivrées, pour ainsi dire, et où ont lieu des processus naturels qui n'auraient jamais existé sans l'intervention directe de l'action humaine. Ce stade va bien au-delà
non seulement de l'époque prédomine, où le vent et l'eau étaient utilisés pour suppléer et multiplier les forces humaines, mais aussi de l'ère industrielle avec sa machine à vapeur et son moteur
à combustion interne, où des forces naturelles étaient imitées et utilisées comme des moyens de production créés par l'homme".
Hancha Arendt, «Le concept d'histoire», La Crise de la culture (1968), trad. P. Lévy, Gallimard, coll. «Folio essais», 1989, p. 79.
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