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31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 08:37


Nous ne connaissons pas notre propre identité. Les autres ne sauraient dire, eux non plus, ce que nous sommes.
Le moi, selon Pascal s'effeuille, comme une marguerite  Il  anticipe ici les thèses existentialistes  (pour l'existentialiste, l'existence précède l'essence)
 .


"Qu'est-ce donc que le moi?
Un homme qui se met à la fenêtre pour voir les passants; si je passe par là, puis-je dire qu'il s'est mis là pour me voir? Non; car il ne pense pas à moi en particulier; mais celui qui aime quelqu'un à cause de sa beauté, l'aime-t-il? Non: car la petite vérole', qui tuera la beauté sans tuer la personne, fera qu'il ne l'aimera plus.
Et si l'on m'aime pour mon jugement, pour ma mémoire, m'aimet-on, moi? Non, car je puis perdre ces qualités sans me perdre moi-même. Où est donc ce moi, s'il n'est ni dans le corps, ni dans l'âme? et comment aimer le corps ou l'âme, sinon pour ces qualités, qui ne sont point ce qui
fait le moi, puisqu'elles sont périssables? car aimerait-on la substance de l'âme d'une personne, abstraitement, et quelques qualités qui y fussent? Cela ne se peut, et serait injuste. On n'aime donc jamais personne, mais seulement des qualités.
Qu'on ne se moque donc plus de ceux qui se font honorer pour des charges et des offices, car on n'aime personne que pour des qualités empruntées".
Blaise Pascal, Pensées (1670), éd. Brunschvicg 323, éd. Lafuma 688, Éd. du Seuil, coll. «L'intégrale», 1963, p. 591.

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Published by laurence hansen-love - dans Préparation IEP (sciences-po)
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