L' homme n'a de devoirs qu'envers l'homme
Pour Kant l'homme ne peut avoir de devoirs qu'envers l'homme. Cela n'exclut pas que nous ayons, indirectement, des devoirs concernant les êtres naturels, et surtout, comme c'est le cas ici, les animaux. Mais l'objet direct de ces devoirs ne peut être que l'homme lui-même. La nature n'est donc qu'indirectement l'objet de notre "respect" ou plutôt de notre sollicitude.
"Relativement à cette partie des créatures qui est vivante, quoique dépourvue de raison, traiter les animaux avec violence, ainsi que cruauté, est intérieurement plus opposé' au devoir de l'homme
envers lui-même, parce que l'on émousse en l'homme ainsi le sentiment de sympathie qui concerne leurs souffrances et qu'une disposition naturelle très favorable à la moralité dans les rapports
aux autres hommes est affaiblie et peu à peu anéantie. L'homme compte parmi ses droits celui de tuer les animaux (mais sans torture) ou de leur imposer un travail, à la condition qu'il n'excède
point leurs forces (puisque nous sommes nous-mêmes soumis à cette nécessité) ; en revanche il faut mépriser les expériences physiques cruelles que l'on pratique sur eux pour le simple profit de
la spéculation, alors que le but pourrait être atteint même sans elles. - La reconnaissance même pour les services longtemps donnés par un vieux cheval ou un vieux chien (comme si c'étaient des
personnes de la maison), appartient indirectement au devoir de l'homme, si on le considère relativement à ces animaux, mais considéré directement il s'agit toujours d'un devoir de l'homme envers
lui-même".
Emmanuel Kant, Doctrine de la vertu (1797), § 17,trad. A. Philonenko,Vrin, colt. «Bibliothèque des textes philosophiques»,1985, p. 118.
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