HANSEN LOVES PHILOSOPHY
Entretenir une relation avec mes élèves, mes lecteurs, mes étudiants...
Avant d'élaborer une problèmatique, voici quelques éléments, à titre de rappel:
Peut-on se donner comme règle morale de suivre sa nature ?
Aristote (384-322 av
JC)
Pour Aristote, la vertu de chaque être est l’accomplissement de ce qui le définit en
propre. Dans le cas de l’homme, la raison et la sociabilité sont les traits qui constituent sa spécificité. La vertu, pour l’homme, est donc
l’accomplissement de ces qualités propres. La morale est donc la réalisation de sa nature (aptitude à la vie raisonnable) c’est-à-dire la
vertu,condition du bonheur.
Epicure (341-260 av JC)
C’est la nature qui fonde la morale, dont le but est le bonheur conçu comme ataraxie, c’est-à-dire absence de troubles. La connaissance de la nature nous délivre des craintes et des superstitions suscitées par les religions et, de façon plus générale, par des opinions dérivées de l’ignorance. Le bonheur du sage est à réaliser en ce monde. La sensation est le guide qui nous permet de toujours opter pour le plaisir et écarter la douleur, suivant la loi de la nature. La sagesse- donc le bonheur- consistera dans la satisfaction des plaisirs naturels, accessibles aisément, accessibles à tous, notamment ceux de l’intelligence
Epictète (50-130 ap JC)
Pour être heureux, il faut vivre conformément à la nature. Ce qu’il faut comprendre de deux manières : conformité de chaque être à sa nature propre, humaine et individuelle. Conformité à la nature universelle. Dans la pratique, la synthèse de ces deux objectifs est incertaine,
Imiter la nature, pour Epictète, ne signifie pas qu’il faut chercher en elle tel ou telle règle pour déterminer tel ou tel comportement particulier. Ce que cela veut dire, c’est qu’il faut reproduire, dans sa vie ’harmonie d’ensemble qui caractérise la nature. Vivre conformément à la nature signifie tenter de donner sa vie une cohérence et une stabilité comparable à celle de la nature. Vivre conformément à la nature, c’est vivre en accord avec soi-même, comme Socrate, par exemple, a su le faire.
Spinoza (1632-1677)
Pour Spinoza, Dieu est la Nature. La nature est la totalité ; elle ne comporte aucun défaut, aucune faille. Tous les êtres naturels ont pour objectif (naturel) de persévérer dans leur être. « Etre libre, c’est obéir à la nécessité de sa nature ». Tous les êtres naturels sont libres en ce sens. Dans le cas des hommes, c’est la raison qui peut seule leur permettre de vivre en paix et en harmonie (dans le système le plus naturel, selon Spinoza, la démocratie). Suivre sa raison, c’est pour l’homme suivre sa nature, c’est-à-dire être libre.
Rousseau (1712-1778)
Selon Rousseau, la nature de l’homme est bonne ; c’est la société (l’inégalité, la propriété privée) qui a rendu les hommes mauvais, tout en leur apportant la raison.
La morale ne peut donc être fondée que sur le sentiment, supposé bon :
« Quoiqu’il puisse appartenir à Socrate et à des individus de sa trempe, d’acquérir de la vertu par raison, il y a longtemps que le genre humain ne serait plus si sa conservation n’eût dépendu que des raisonnements de ceux qui la composent » Discours sur l’origine de l’inégalité, seconde partie)
« Connaître le bien, ce n’est pas l’aimer. L’homme n’en a pas la connaissance innée, mais sitôt que sa raison le lui fait connaître, sa conscience le porte à l’aimer. C’est le sentiment qui est inné » Profession de foi du vicaire savoyard.
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