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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 13:29

Vie: 

Né à Genève en 1712 dans une famille calviniste. Il quitte Genève, qui est une république, à 16 ans. Quelques années plus tard, il est secrétaire  de l’Ambassade de France à Venise. Il conçoit déjà un projet auquel il travaillera à partir de 1751 intitulé : « Institutions politiques ». Projet inspiré par ce qui, à l’époque, est encore une curiosité, à savoir la République (Genève, Venise). Système très éloigné de ce que nous appelons une « démocratie » ; mais tout de même encore davantage de la monarchie française de l’époque.

 

Oeuvre philosophico-politique
En 1762, il écrit Du contrat social, aboutissement de 10 ans de travail et de réflexion sur «  les Institutions politiques » (différentes de la monarchie, plus justes), mais aussi complément de ses ouvrages sur l’origine du mal dans les sociétés humaines. Le mal, selon Rousseau, ne procède pas de la nature, mais de la société qui corrompt le cœur humain en introduisant la propriété privée et l’inégalité.


Le  Contrat social n’est pas un projet de révolution ni même de réforme. Il constitue une réflexion purement théorique sur les principes du droit politique. Partant du principe que les hommes à l’origine étaient libres et égaux, Rousseau se demande ce qui a pu les pousser à renoncer à cette bienheureuse et paisible condition originelle. La réponse est la suivante : seul le consentement de chacun et la réciprocité des liens peut rendre le pouvoir politique légitime. Il faut donc supposer que les hommes ont librement renoncé, par un contrat, à leur liberté et à leur égalité naturelle. Mais à la condition que tous les autres fassent de même et acceptent de se soumettre à une loi commune.

 

La république, la loi  la volonté générale

Trois notions au coeur de l’ouvrage de Rousseau

La république est le régime légitime. Il est légitime parce qu’il procède d’un contrat social, c’est-à-dire parce qu’il a été approuvé par tous ceux qui ont décidé librement de le signer. Souverain à l’origine, le peuple demeure souverain, ce qui signifie qu’il est le seul habilité à décider de son propre sort. La République de Rousseau est à la fois un « Etat de droit » et une démocratie (pouvoir du peuple, pour le peuple et par le peuple).

 La loi : c’est-à-dire la règle qui est l’expression de la volonté générale. C’est la loi qui est la même pour tous, qui peut seule garantir les droits fondamentaux c’est-à-dire la liberté de tous les citoyens.

 La volonté générale : « La loi est l’acte de la volonté générale » selon Rousseau. Ce qui signifie que  seules les lois qui expriment la volonté unanime du peuple tout entier méritent le nom de « loi ». Cette définition énonce un principe et non une réalité. La volonté générale est une sorte de fiction, une limite idéale, qui ne doit pas être confondue avec la volonté de tous.  La volonté générale est la volonté raisonnable qui vise l’intérêt commun, et dont on suppose qu’elle existe en tout homme, mais à condition qu’il fasse taire ses passions et ses intérêts égoïstes : lorsque nous votons, ou lorsque nos représentants le font en notre nom. Ils le font, théoriquement, au nom de cette volonté générale qui est, par définition juste  (mais, dans les faits, pas toujours éclairée).
Ce qui n’est pas le cas de la volonté majoritaire ni même de la volonté de tous qui peut être parfois corrompue ou même criminelle.


Conclusion

En république, le peuple est souverain et la loi, "toujours juste", est l’acte de la volonté générale.
Ce sont là des principes.
 Théoriques ? Eloignés du réel ?
Plus la réalité s’en éloigne, plus elle doit être critiquée et combattue.

 

 

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Published by laurence hansen-love - dans Préparation IEP (sciences-po)
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commentaires

Alice 30/04/2008 19:23

Bonjour,je me suis dit que peut-être vous pourriez répondre à ma question puisque vous êtes à la fois professeur de philosophie et préparez des élèves pour les iep; je me suis soudainement fait la remarque que je n'avais jamais entendu dire qu'il y avait de la philosophie dans les iep, est-ce vrai? Car je prépare les concours pour y rentrer à bac 0 mais je voudrais vraiment continuer à étudier la philosophie...

laurence hansen-love 04/05/2008 22:59


Si , il y en a , mais cela s'appelle "Grands enjeux du monde contemporain". Les lecteurs de ce blog qui sont à IEP vous répondront mieux que moi..
Il y a auss des modules qui ont trait à la philo et que l'on peut choisir librement, me semble-t-il...


ulrich 29/04/2008 21:07

Dommage! Cet article tombe avec 2 jours de retard...je viens juste de redre vendredi un dm de philo sur un texte du chapitre 6 du livre 2 du contrat social...bon au moins ça me prouve que j'étais pas trop loin dans ce que j'ai écrit! bravo pour votre blog qui est très intéressant (et t utile vu que je prépare le concours de sc po et le bac!!!)

laurence hansen-love 29/04/2008 21:26


Alors soyez vigilant, à l'avenir, lisez le blog tous les jours!


Jean-Baptiste 29/04/2008 19:14

Je me rappelle avoir ressenti à la lecture du Contrat Social, une vive critique de la monarchie absolue, en ce ce sens où elle repose sur le droit divin, qu'il souhaitait supprimer.D'autre part, je pense qu'il faudrait aussi rappeler une part de son oeuvre dans la droite ligne du refus des transcendances qui caractérise son époque : non pas supprimer la religion (pas plus qu'il n'avait voulu renverser la monarchie qu'il envisageait juste de rationaliser) mais la concevoir "naturelle" (déisme sentimental pour Rousseau, le vicaire savoyard).

laurence hansen-love 29/04/2008 21:18


C'est le sujet du chapitre 8 de mon cours particulier, avec une mention spéciale (pp 124-128) sur la position de Rousseau..