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7 mai 2008 3 07 /05 /mai /2008 20:30


Le but de l'Etat n'est pas de nous apporter le bonheur. Les hommes ne sont plus des enfants et ne doivent pas être traités comme tels:

"La liberté en tant qu'homme, j'en exprime le principe pour la constitution d'une communauté dans la formule : personne ne peut me contraindre à être heureux d'une certaine manière (celle dont il conçoit le bien-être des autres hommes), mais il est permis à chacun de chercher le bonheur dans la voie qui lui semble, à lui, être la bonne, pourvu qu'il ne nuise pas à la liberté qui peut coexister avec la liberté de- chacun selon une loi universelle possible (autrement dit, à ce droit d'autrui). - Un gouvernement qui serait fondé sur le principe de la bienveillance envers le peuple, tel celui du père envers ses enfants, c'est-à-dire un gouvernement paternel, où par conséquent les sujets, tels des enfants mineurs incapables de décider de ce qui leur est vraiment utile ou nuisible, sont obligés de . se comporter de manière uniquement passive, afin d'attendre uniquement du jugement du chef de l'État la façon dont ils doivent être heureux, et uniquement de sa bonté qu'il le veuille également, - un tel gouvernement, dis-je, est le plus grand despotisme que l'on puisse concevoir (constitution qui supprime toute liberté des sujets qui, dès lors, ne possèdent plus aucun droit)".


KANT

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Published by laurence hansen-love - dans Préparation IEP (sciences-po)
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commentaires

Jean-Baptiste 11/05/2008 21:01

Je trouve intéressant que, à la même époque, les lumières françaises (je pense à Voltaire qui a des mots très durs envers le peuple) prônent le "Guide". D'où leur "Despote éclairé", très loin de l'Etat paternel et bienveillant dont rêve Kant. Il pas concevable pour les philosophes français du XVIIIe siècle de chercher à élever chaque être "mineur" issu du peuple à sa "majorité" (termes pris au sens kantien), mais plutôt de le contraindre à suivre la tranchée creusée par lui et pour les autres par un "Despote éclairé" qui juge que cette voie est la meilleur qui soit pour tous.Ceci, pour l'admirateur de Rousseau, c'est le contraire de son programme : contre le despotisme (grâce à des contraintes, imposer UN bonheur), contre l'inertie des "mineurs" (= ceux qui se laissent "faire") ... Bref : Kant contre les philosophes français (nuances : Montesquieu Diderot ?)

laurence hansen-love 11/05/2008 21:41


Attention: Kant ne rêve pas d'un Etat paternel et bienveillant..