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7 mai 2008 3 07 /05 /mai /2008 20:33

Il faut  (presque) toujours préférer le tout à celui de la partie.
Cependant, parfois, un homme peut avoir plus de valeur qu'une ville...

 


..," bien que chacun de nous soit une personne séparée des autres, et dont, par conséquent, les intérêts sont en quelque façon distincts de ceux du reste du monde, on doit toutefois penser qu'on ne saurait subsister seul, et qu'on est, en effet, l'une des parties de l'univers, et plus particulièrement encore l'une des parties de cette terre, 1 une des parties de cet État, de cette société, de cette famille, à laquelle on est joint par sa demeure, par son serment, par sa naissance. Et il faut toujours préférer les intérêts du tout, dont on est partie, à ceux de sa personne en particulier; toutefois avec mesure et discrétion, car on aurait tort de s'exposer à un grand mal, pour procurer seulement un petit bien à ses parents ou à son pays; et si un homme vaut plus, lui seul, que tout le reste de sa ville, il n'aurait pas raison de se vouloir perdre pour la sauver. Mais si on rapportait tout à soi-méme, on ne craindrait pas de nuire beaucoup aux autres hommes, lorsqu'on croirait en retirer quelque petite commodité, et on n'aurait aucune vraie amitié, ni aucune fidélité, ni généralement aucune vertu; au lieu qu'en se considérant comme une partie du public, on prend plaisir à faire du bien à tout le monde, et même on ne craint pas d'exposer sa vie pour le service d'autrui, lorsque l'occasion s'en présente; voire on voudrait perdre son âme, s'il se pouvait, pour sauver les autres."

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Published by laurence hansen-love - dans Préparation IEP (sciences-po)
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commentaires

anonyme 28/05/2008 17:09

Le texte est intéressant, mais quelle en est la référence?

laurence hansen-love 28/05/2008 18:58


Lettre à Elizabeth , 15 septembre 1645


Sophie 08/05/2008 10:01

Merci pour ce très éclairant rappel cartésien de la façon dont peut s'articuler en toute sagesse l'individu et la collectivité; sans que l'intérêt commun écrase la liberté de chacun; et sans que l'intérêt individuel efface le sentiment de solidarité et d'appartenance à plus grand que soi. Equilibre bien difficile à trouver, semble-t-il...

laurence hansen-love 08/05/2008 21:31


OUi, j'adore ce texte tellement fin, subtil.
 Mais difficile à comprendre: comment un homme pourait-il valoir plus qu'une ville? (en filigrane on peut lire une opposition entre morale de conviction (l'homme a une valeur absolue) et
morale de responsabilité: la vie d'un homme peut valoir plus que celle des autres,  dans l'intérêt de tous..