Bienvenue!

(MODE D'EMPLOI du BLOG : ce blog comporte des CATEGORIES : "programme de terminales", " actualité commentée pour IEP", "classes préparatoires", "actualité" "cinéma" etc...).
(Pour trouver un article , tapez google , hansen-love et le thème ..)
Lundi 12 mai 2008



 Pour Aristote, comme pour tous les anciens, "le tout vaut plus que la partie" (conception holiste de la société et de l'Univers), et le méchant ne peut pas être heureux, car, ne s'aimant pas lui-même, il n'a pas d'amis.
Notez toutefois que cette thèse n'est pas exactement celle de Socrate.
Ce texte fournit une clef  (parmi d'autres) pour comprendre celui de Descartes ci-dessous ("l'homme et la ville") :

"Les caractères de l'amitié pour un autre et de l'amitié pour soi-même sont donc identiques. I'ami est un autre soi-même. Quant à la question de savoir ce qui permet d'atteindre effectivement l'amitié pour soi-même, nous la laisserons de côté pour l'instant. Nous n'avons fait, ici, que préciser les propriétés qui permettent de la définir et de la reconnaître. Certains croient, notons-le, qu'elle a quelque chose d'excessif.
En tout cas, les quelques traits que nous venons de relever, semblent se rencontrer même chez des individus par ailleurs peu dignes d'estime. Les possèdent-ils en partie parce qu'ils ont des qualités qui les rendent aimables à leurs propres yeux, et leur font s'imaginer qu'ils sont dignes de respect ? Quoi qu'il en soit, les êtres d'une nature vraiment vicieuse en sont tout à fait dépourvus, n'en présentent pas même l'apparence. On ne les rencontre même pas chez les individus d'une perversité courante : ils sont, en effet, en désaccord avec eux-mêmes ; leurs appétits irrationnels les poussent d'un côté, leur volonté réfléchie les tire de l'autre. Ainsi sont, par exemple, les intempérants (1 ils préfèrent les plaisirs qui leur sont nuisibles à ceux qu'ils jugent pourtant bons pour eux. Les indolents sont d'une autre sorte : par paresse, ils négligent de faire ce qu'ils savent bien être le plus avantageux. Les vicieux, enfin, après avoir commis un grand nombre de crimes effrayants, finissent par prendre leur propre cruauté en horreur, et, parfois, se donnent la mort.
avec qui passer leur temps : c'est qu'ils se fuient eux-mêmes, et que leur mémoire leur rappelle des conduites horribles, leur fait prévoir qu'ils recommenceront dans l'avenir. La compagnie des autres leur procure, alors, un peu d'oubli. En un mot, ils n'ont rien d'aimable, rien qui les porte à s'aimer euxmêmes, se sentent comme étrangers à leurs propres jouissances et afflictions. Leur âme est un théâtre de dissensions une partie souffre quand ils se voient forcés de s'abstenir de certaines choses, l'autre en éprouve de la joie. Elle est déchirée, écartelée, tirée tantôt dans un sens, tantôt dans un autre. Il n'est pas possible, certes, qu'elle éprouve en même temps du plaisir et de la peine. Mais, très vite, elle souffre de ce qui l'avait divertie, et elle voudrait que ses plaisirs n'aient jamais eu pour elle d'agrément. Les méchants sont sans trêve la proie du regret.
Aussi ne sont-ils pas du tout disposés à s'aimer eux-mêmes rien en eux qui soit aimable. Et, puisque leur état est le plus misérable qui soit, nous devons fuir de toutes nos forces la perversité et nous appliquer à être des hommes de bien. Car c'est ainsi qu'on pourra s'aimer soi-même et devenir ami d'un autre".
Aristote Ethique à Nicomaque 9, Classiques et Cie, pp 45-46

1. L'intempérant (akrates) sert de contre-exemple : ne pouvant se plaire à lui-même, il ne peut aimer les autres. Aristote reprend ici l'analyse de l'intempérance (akrario) entamée au Livre VII. L'intempérant sait où est le bien, mais « il n'arrive pas à contrôler ses passions », ce qui s'oppose  partiellement à la thèse socratique : nul n'est méchant volontairement, c'est-à-dire en connaissance de cause. Aristote impute à une faiblesse de la volonté ce qui résultait, pour Socrate, d'un manque de savoir.

ajouter un commentaire
commentaires (2)   

Commentaires

Bonjour, bienvenue dans la communauté des Philosophes, Pour me présenter brièvement, Je suis employé dans une société informatique. J'utilise l'informatique tous les jours donc. Je ne suis pas du côté des programmeur mais plutôt grand utilisateur. Je n'ai jamais fait de Philosophie à l'école, sans doute à cause de mon parcours scolaire cahotique ! Je suis un philosophe débutant ! Mais j'aime ça ! Je vais revenir sur votre blog pour lire vos articles ! Je viens de voir  que j'ai votre livre à la maison (Philo de A à Z)
A plus tard donc !
Jean-Yves
commentaire n° : 1 posté par : Jean-Yves (site web) le: 19/05/2008 12:40:09

Bonjour Jean-Yves, a bientôt, j'espère, sachez que vos interventions seront toujours les bien venues....


réponse de : laurence hansen-love (site web) le: 19/05/2008 15:35:18
Bonjour
Pourriez vous poster une méthodologie de la dissertation et du commentaire de texte.
Merci d'avance
commentaire n° : 2 posté par : antoine (site web) le: 14/05/2008 09:36:38
réponse de : laurence hansen-love (site web) le: 14/05/2008 21:09:35

Trackbacks

Aucun trackback pour cet article

Présentation

Texte libre

 

Sur Amazon



                                           
Le choix des libraires
Decitre : fiche détaillée

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Commentaires

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog
création de blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus