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26 août 2008 2 26 /08 /août /2008 20:04

" L'origine de notre concept de connaissance. J'emprunte l'explication qui va suivre à la rue; j'entendis une personne du peuple dire "il m'a reconnu" ce qui m'a fait demander : qu'entend au juste le peuple par connaissance? que veut-il lorsqu'il veut de la « ange-sance » ? Rien de plus que ceci : quelque chose d'étranger doit être .-amené à quelque chose de bien connu. Et nous, philosophes - avons- nousus véritablement entendu par connaissance quelque chose de plus? Le connu, cela veut dire : ce à quoi nous sommes suffisamment habitués mur ne plus nous en étonner, notre quotidien, une règle quelconque sans laquelle nous sommes plongés, absolument tout ce en quoi nous  nous sentons chez nous : - comment? notre besoin de connaître n'est-ce justement pas ce besoin de bien connu, la volonté de découvrir dans put ce qui est étranger, inhabituel, problématique, quelque chose qui ne nous inquiète plus? Ne serait-ce pas l'instinct de peur qui nous ordonne de connaître? La jubilation de l'homme de connaissance ne serait-elle pas justement la jubilation du sentiment de sécurité retrouvée? Ce philosophe s'imagina le monde « connu » lorsqu'il l'eut amené à l'« Idée » : ah, n'était-ce pas parce que l'« Idée » était pour lui si bien connue, si habituelle? parce que l'« Idée » lui causait désormais  si peu de peur? - Oh, qu'ils sont faciles à satisfaire, les hommes de connaissance ! qu'on considère donc leurs principes et leurs solutions des énigmes du monde sous ce rapport ! S'ils retrouvent dans les choses, sous les choses, derrière les choses, quoi que ce soit qui ne nous est que  trop  bien connu, par exemple notre table de multiplication, ou notre logique, ou notre vouloir et notre désir, qu'ils sont soudain heureux ! par « ce qui est bien connu est connu tout court » : en cela ils sont tous 'accord. Même les plus prudents d'entre eux pensent qu'à tout le soins, le bien connu est plus facile à connaître que l'étranger; ce serait , par exemple une exigence méthodologique de partir du « monde supérieur », des « faits de conscience » parce qu'ils seraient pour nous le monde le mieux connu ! Erreur des erreurs ! Le bien connu est l'habituel et l'habituel  est ce qu'il y a de plus difficile à « connaître », c'est-à-dire à dire comme problème, c'est-à-dire à voir comme étranger, éloigné, " extérieur à nous »... La grande assurance des sciences naturelles, couparées à la psychologie et à la critique des éléments de conscience - sciences non naturelles, pourrait-on presque dire -,tient précisément à ce qu'elles prennent pour objet l'étranger : alors qu'il est presque contradictoire et  insensé de vouloir prendre pour objet en général le non-étranger..."
 Nietzsche , Le gai savoir, § 355

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Published by laurence hansen-love - dans Préparation IEP (sciences-po)
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