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8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 15:41

Voici l'abrégé du livre de Hatier:
(attention, cela ne vous suffit pas! Il faut essayer aussi de suivre les RAISONNEMENTS de Kant en lisant le texte lui-même, au moisn partiellement)

PLAN DE L'OUVRAGE
Le texte présente une articulation précise : 22 paragraphes répartis en quatre moments dont chacun aboutit à une définition du beau, non pas « en lui-même » mais dans l'acte de la conscience qui le saisit, auxquels s'ajoute une Remarque générale. Ce plan a « pour guide les fonctions logiques du jugement », comme l'indique la première note du texte. Les fonctions logiques sont les manières dont l'entendement unifie les représentations dans les jugements. Dans la Critique de la raison pure, Kant a distingué quatre « titres », quatre manières essentielles d'unifier les représentations. Les trois premières sont relatives au contenu du jugement. Il y a la quantité (le jugement vaut pour tous, pour quelques-uns, pour un seul), la qualité (le jugement affirme, nié, marque une limitation), la relation (le jugement est catégorique, il énonce une hypothèse, il disjoint deux représentations). Le quatrième titre concerne la valeur de la copule, c'est-à-dire du terme qui relie le prédicat (ce qui est affermé ou nié) au sujet (ce dont on affirme ou nie quelque chose). C'est la modalité du jugement (ce qui est dit est considéré comme possible, réel ou nécessaire).
Kant inverse l'ordre des deux premiers titres en commençant par la qualité. Il s'en explique plus précisément au § 23 de la Critique de la faculté de juger : par opposition au sublime qui réside dans le caractère illimité de l'objet, le beau concerne sa forme, qui consiste dans la limitation. Le jugement esthétique a « d'abord égard » (cf. la note de Kant) à la forme de l'objet, à une limitation caractéristique, c'est-à-dire à une catégorie fondamentale de la qualité.

PREMIER MOMENT
Lorsque nous disons d'une chose qu'elle est belle, nous nous référons à la satisfaction que la représentation de cet objet nous procure; mais non pas à n'importe quelle satisfaction. La satisfaction est généralement l'indice d'un intérêt que nous avons à l'existence de l'objet. Cet intérêt est soit lié à nos sens, et l'existence de l'objet sera alors agréable; soit il est lié à notre raison, et l'existence de l'objet sera alors bonne (relativement s'il est simplement utile, ou bonne en elle-même).
Or, le plaisir que nous procure la représentation des choses belles n'est pas attaché à l'existence de l'objet, il est donc distinct du bon et de l'agréable, et comme ceux-ci sont les deux seules formes de satisfaction intéressées, la satisfaction que nous procure le beau est désintéressée.

DEUXIÈME MOMENT
Le beau nous plaît sans mise en jeu d'une inclination ou d'un intérêt rationnel. Nous ne trouvons en nous rien de personnel qui soit la cause de cette satisfaction, qui est donc libre, et par conséquent nous supposons que l'objet, qui nous paît, et qui n'a pourtant pas de raison de nous plaire particulièrement à nous, contient un principe de satisfaction pour tous. Nous allons donc attribuer aux autres la satisfaction que nous éprouvons, bien qu'elle ne soit appuyée sur aucun concept.

TROISIÈME MOMENT
Le plaisir dont témoigne le jugement esthétique est un effet du libre jeu qui s'établit entre l'imagination et l'entendement dans la contemplation. Ce jeu est provoqué par l'objet que nous nous représentons; celui-ci nous
apparaît comme fait pour susciter ce jeu. Mais cette finalité que nous prêtons à l'objet ne renvoie à aucune fin effective, ni objective (la beauté n'est pas la perfection), ni subjective (la beauté est distincte de l'attrait).
Cette finalité n'est appréhendée que comme pure forme de l'objet dans notre représentation.

QUATRIÈME MOMENT
La satisfaction que nous éprouvons dans l'exercice du goût est ressentie comme nécessaire, sans qu'on puisse déduire cette nécessité d'un concept. Si cette nécessité est éprouvée comme une obligation faite à autrui d'adhérer à notre jugement, c'est que nous présupposons un
sens commun », une manière identique de sentir chez tous les hommes, qui n'est pas et ne peut pas être effectivement produite dans l'expérience, mais qui sert de référence à tout jugement de goût.

AGRÉABLE
Est agréable ce qui plaît aux sens (à tel sens en particulier, ou à plusieurs sens), c'est-à-dire leur procure un plaisir ou une satisfaction. Nous avons un intérêt à ce qui est agréable, puisqu'il suscite en nous une inclination. Nous savons que ce qui nous est agréable ne l'est pas nécessairement à tous, même s'il peut l'être à quelques-uns ; nous pouvons donc parler en cette matière de généralité, mais non d'universalité.
ANALYTIQUE
L'analytique est la division d'une activité de l'esprit en ses éléments, principes ou moments constitutifs. Elle est donc la mise en oeuvre d'une démarche d'analyse, appliquée à un ensemble qui est supposé lié et cohérent, et qui doit donc avoir une unité, et par conséquent un caractère rationnel. Il y a donc une analytique de la raison théorique, une analytique de la raison pratique, ainsi qu'une analytique de la faculté de juger. Les subdivisions, et notamment la distinction de l'analytique du beau et de l'analytique du sublime, s'expliquent par les caractéristiques formelles spécifiques de la raison dans chacun de ces domaines.
A chaque analytique correspond, pour la même raison, une dialectique, c'est-à-dire une logique seulement apparente, qui repose sur un mauvais usage de ces
formes rationnelles, et qui aboutit à des antinomies, c'est-à-dire des thèses contradictoires, dont la dialectique devient alors la critique.
ART
Le beau peut se trouver dans la nature, qui produit des effets, et dans l'art, dont les résultats sont des oeuvres. L'art mécanique est la réalisation d'un objet, conformément à la connaissance qu'on en a; l'art esthétique « vise immédiatement au sentiment de plaisir » (Critique de la faculté de juger). S'il s'agit du simple plaisir des sens, l'art est d'agrément; s'il s'agit du plaisir que l'esprit tire de lui-même, à travers le libre jeu de ses facultés, on est alors dans le domaine des beaux-arts.
BON (BIEN)
Le bon peut être relatif à quelque chose, il se ramène alors à l'utile : ce qui est bon pour la santé est utile à la santé ; mais cela n'est pas le bon pris absolument, qui se confond avec la moralité : ce qui est bon purement et simplement, et non relativement à autre chose, c'est de faire ce que l'on doit faire, uniquement parce qu'on le doit. La représentation d'une telle action est alors un objet de satisfaction. Évidemment distincte du plaisir des sens, cette satisfaction est toutefois commandée par le principe en vertu duquel la raison pratique, celle qui prescrit une règle à nos actions, veut que le bien advienne.
CONCEPT
Le concept est une représentation abstraite et générale, qui réunit des caractéristiques propres à une classe d'objets. Il est une forme, ou règle d'unification du divers, issue de l'entendement, qui a besoin d'une matière pour constituer une connaissance effective; cette matière lui est fournie par la sensibilité au moyen des intuitions.
CRITIQUE
La critique est l'examen des conditions de possibilité d'un usage légitime de notre pouvoir de connaître ; elle est la connaissance de soi de la raison.
DOGMATISME
Le dogmatisme est la croyance en la toute-puissance de la raison. Les dogmes sont les thèses et les doctrines qui se recommandent de cette croyance sans s'assurer d'un usage véritablement légitime de la raison, c'est-à-dire attentif aux limites de son pouvoir.
ENTENDEMENT
L'entendement est la faculté qui produit les règles grâce auxquelles nous pouvons unifier le divers de nos sensations et ordonner nos représentations. Une telle règle est un concept. L'action qui consiste à placer une intuition sous un concept (et donc à penser l'objet représenté dans cette intuition) s'appelle une subsomption. Cette action est le propre du jugement.
ESTHÉTIQUE
L'esthétique (du grec aisthanesthai « sentir ») désigne initialement l'étude de la sensibilité (faculté de recevoir des représentations en étant affecté par des objets). Plus précisément, elle renvoie aux conditions dans lesquelles nous jugeons ce que nous ressentons à l'occasion du sensible (jugements de goût).
FINALITÉ
La fin est ce vers quoi une chose tend, ce en vue de quoi elle se fait ou existe. La finalité désigne plus précisément la relation d'une chose ou d'une action à une fin.
FORME
D'une manière générale, la forme s'oppose à la matière ou contenu, comme ce qui détermine à ce qui est déterminé, ce qui veut dire que forme et matière sont liées et complémentaires et ne peuvent avoir d'existence effective séparément. La matière est donnée par les sensations; c'est l'esprit qui fournit de lui-même les formes.
GOÛT
Le goût des sens est la faculté de discerner et de discriminer le contenu des sensations en fonction du plaisir ou du déplaisir qu'il nous procure. Le goût pur est la faculté d'apprécier le beau, dans un jugement qui prétend à une validité universelle, à partir d'un plaisir lié à la représentation de la forme d'un objet.

INTUITION
L'intuition est la représentation immédiate d'un objet, qui nous le donne à connaître, et constitue la matière de nos connaissances, à laquelle le concept apporte la forme. « Des pensées sans contenu sont vides, des intuitions sans concept, aveugles » (Critique de la raison pure).
JUGEMENT
Le jugement consiste à dire quelque chose de quelque chose, à attribuer un prédicat à un sujet, et donc à lier et unifier deux représentations, l'une particulière, l'autre générale. Ainsi, dans le jugement : « le ciel est bleu », « le ciel » est la représentation particulière, « bleu », la représentation générale, sous laquelle je place, je « subsume" », je pense la première. L'activité de juger se confond avec l'exercice de la pensée. Le jugement déterminant va du général au particulier, le jugement réfléchissant, du particulier au général.
RÉFLEXION
« La réflexion ne s'occupe pas des objets mêmes pour en acquérir directement des concepts, mais elle est l'état d'esprit où nous nous préparons d'abord à découvrir les conditions subjectives qui nous permettent d'arriver à des concepts. Elle est la conscience du rapport de représentations données à nos différentes sources de connaissance, rapport qui seul peut déterminer leur relation les unes aux autres.» (Critique de la raison pure.)
SCEPTICISME
Le scepticisme est le doute quant à la possibilité, pour l'esprit et la raison, d'établir une proposition dont la vérité soit assurée et inébranlable. Il peut aboutir à une relativisation, voire une indifférenciation de toutes les opinions.
TRANSCENDANTAL
Ce par quoi une connaissance est possible; synonyme d'a priori.
UNIVERSALITÉ
L'universalité est le caractère de ce qui s'applique à tous les êtres
d'une catégorie. « Tous les hommes sont mortels » veut dire qu'il n' a pas et ne peut pas y avoir d'homme qui ne soit pas mortel. L'universel se distingue du particulier (quelques hommes, ou beaucoup d'hommes sont barbus) et du singulier (tel homme est médecin). Si le jugement esthétique consiste à dire de telle ou telle chose (oeuvre de la nature ou de l'art) qu'elle est belle, l'universalité du jugement esthétique signifie que tous les hommes doivent en être d'accord, c'est-à-dire doivent éprouver la même satisfaction lorsqu'ils ont la représentation de cette chose. Mais l'universalité subjective, contrairement à l'universalité objective, ne s'établit pas démonstrativement (comme dans le cas des théorèmes mathématiques par exemple), elle est exigée dans le jugement.

 Réalisé par Ole Hansen-Love pour l'ouvrage Analytique du beau, Classqiues Hatier de la philosophie

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Published by laurence hansen-love - dans Prépa HEC
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commentaires

Gaylord 20/03/2014 19:07


Quand je lis le paragraphe 9 de l’analytique du beau, il y a quelque chose que j'ai le sentiment de ne pas comprendre, j’en ai presque la migraine à force d’essayer. Qu’en pensez-vous ? Kant
écrit :


« C’est donc la communicabilité universelle de l’état d’esprit dans la représentation donnée qui, comme condition subjective du jugement de goût, doit nécessairement être à son fondement et
avoir pour conséquence le plaisir pris à l’objet. » 



Kant évoque une condition subjective, un état d’esprit universellement communicable, dans lequel le sujet doit être pour que le jugement de goût soit possible. Donc l’état d’esprit précède le
jugement, il le fonde. Et découvrant, prenant conscience de l’état singulier, universellement communicable, dans lequel je suis en présence de cet objet, c’est alors seulement que je prend
plaisir à cet objet. Il est jugé beau parce qu’il me met dans un état de communicabilité universelle. Mais donc, je ne découvre pas le plaisir, même n’en éprouve aucun, tant que je ne prends pas
conscience de ce fameux état d’esprit, qui donc n’est lui-même pas encore un plaisir ? Il ne peut pas en être un, sinon le jugement est fondé sur un plaisir.


Kant veut prouver que le plaisir pris à l’objet ne précède pas le jugement, c’est uniquement parce que je juge la chose belle que je prends plaisir à elle. Je comprends ça. Mais j’ai du mal à
concevoir l’état dans lequel le sujet se trouve, il ne peut être question d’un plaisir ; ou alors c’en est un mais pas un plaisir pris à l’objet. Et il ne devient un plaisir pris à l’objet
qu’après le jugement.


Il décrit ensuite l’état d’esprit comme un libre jeu des facultés. Et il en parle comme d’un sentiment.


Il écrit après :


« Cette manière simplement subjective (esthétique) de porter un jugement appréciatif sur l’objet, ou sur la représentation par laquelle il est donné, précède donc le plaisir pris à l’objet,
et constitue le principe de ce plaisir que suscite l’harmonie des pouvoirs de
connaître ; mais c’est uniquement sur cette universalité des conditions subjectives du jugement appréciatif porté sur les objets que se fonde cette validité universelle
subjective de la satisfaction que nous associons à la représentation de l’objet que nous appelons beau. »


« La manière simplement subjective… » désigne normalement le jugement de goût qui précède et se trouve être à l’origine du plaisir pris à l’objet ; maintenant il constitue aussi le
principe du plaisir que suscite le libre jeu des facultés. Mais Kant a précisé avant que l’état d’esprit, la condition subjective, décrit ensuite comme le libre jeu des facultés, doit être au
fondement du jugement. Mais donc, on peut être sûre maintenant que l’état dans lequel le sujet se trouve avant de juger n’est pas un plaisir. Et pourtant c’est un sentiment ! Il l’a écrit
plus haut.


Voilà pour lors où j’en suis, ce que je comprends : le sentiment dont il s’agit, l’état d’esprit au fondement du jugement, n’est qu’un état de communicabilité universelle produit par le
libre jeu des facultés. Le sujet dans cet état, en ayant pris conscience, il l’associe volontiers à la représentation de l’objet, il procède de cette façon au fameux jugement de goût ;
ensuite seulement il prend alors plaisir à cet objet en prenant plaisir au libre jeu de ses facultés. Le plaisir pris à l’objet est en fait un plaisir pris au libre jeu de ses facultés. La notion
de « plaisir » n’intervient qu’à partir du moment où le sujet rapporte son état intérieur à la représentation de l’objet, mais pas avant. Le libre jeu des facultés ne devient un plaisir
lui-même qu’au moment où le sujet juge que la chose est belle. Il la trouve belle parce qu’elle le met dans un état de communicabilité universelle. Mais le libre jeu est au fondement du jugement,
il le rend possible, et cela non pas en tant qu’il donne du plaisir, mais néanmoins en tant que sentiment.


Tout ça me semble compliqué. Il y a sûrement quelque chose que je n’ai pas compris. Si pouvez m’aider, je vous en serai reconnaissant.


Gaylord


 


 


 


 


 



laurence hansen-love 22/03/2014 17:05




Le plaisir est une conséquence du jugement et non son principe, en effet. Mais le jugement porte sur un état d’esprit et non sur une qualité de la représentation. Vous verrez , c’est très bien
expliqué par Ole HansEN-love, dans Analytique du beau, Hatier, p 103-104..
Bon courage!


PS: pourquoi ce thème en prépa HEC?




 


 





 



mamagalie 15/01/2011 19:09



Je viens de voir que vous étiez co-auteur de La philosophie de A à Z, ce livre d'aide m'apporte beaucoup à chaque devoir, il est très complet et
très bien fait.


Chapeau bas   



laurence hansen-love 15/01/2011 20:42



merci c'est gentil ! Cela me touche! Je prépare une nouvelle édition qui sortira au printemps..



mamagalie 15/01/2011 19:06



Merci pour cet article, je l'ai lu en parallèle à l'oeuvre et ai beaucoup appris.


Merci encore