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21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 16:04

ABSTRAIT/CONCRET
Abstraire (du latin abstrahere, détacher de) signifie, d'une façon générale, isoler des qualités ou des caractères pour les considérer à part. Ce qui est « concret », au contraire (du latin concretus, condensé), c'est ce que l'on considère dans son aspect global, tel que l'expérience immédiate nous le livre. Chez Hegel, ce sont les apparences immédiates, et par là-même séparées de leur essence, qui sont « abstraites » (la couleur rouge d'une rose, par exemple), tandis que le concret, c'est la réalité vivante, considérée dans ce qu'elle a d'essentiel (la rose rouge singulière, qui contient en elle-même la cause de ses manifestations sensibles). C'est ainsi que la philosophie qui s'occupe de « généralités », n'est « abstraite » que par sa forme (son style, son langage). Mais par son objet, c'est-à-dire le vrai, elle est concrète, puisqu'elle s'attache à la « substance » même des choses, c'est-à-dire (dans les termes de Hegel), qu'elle étudie ce qui est, en toute chose, l'« universel », tout en étant également, en soi-même, le « particulier », le « déterminé » (ainsi, par exemple, l'« Esprit d'un peuple » dans ses déterminations, autrement dit dans ses aspects les plus singuliers).
ALIÉNATION
Ce terme désigne le fait de se séparer de soi, de devenir étranger à soi, de s'extérioriser dans l'autre (latin alias). Le sens primitif d'aliénation désigne la vente, l'a cession d'un bien à une autre personne. ü y a perte au profit de quelqu'un d'autre : l'objet vendu me devient étranger, je l'ai aliéné. Regel conserve quelque chose de ce sens primitif. L'aliénation exprime une chute dans l'altérité. Elle implique l'impossibilité de se reconnaître soi-même dans une chose ou une réalité extérieures.
CONCEPT
C'est, avec celles d'idée et d'Esprit, l'une des notions fondamentales de la philosophie hégélienne.
« Le Concept est... 'la vérité de l'être et de l'essence » (Encyclopédie, 2' éd. § 159). Le Concept désigne la nature véritable de l'acte de penser. Selon Hegel, penser, ce n'est pas opposer une représentation, une idée, à ce qui est réel, l'essence des choses (leur définition générale), à leur être. Penser, c'est comprendre que l'essence (ou la vérité) doit se réfléchir dans ce qui est, qu'il n'y a pas de séparation absolue entre kr pensée (comme activité du sujet pensant) et la réalité (comme objet à penser). La pensée comme Concept (Begriff) se saisit (sich  begreifen) dans la réalité.)
DÉVELOPPEMENT
« Le mouvement du Concept est... un développement, par lequel est seulement posé ce qui est en soi déjà présent » (Encycl., addition au § 161).
Le terme développement met l'accent sur lefait que tout ce qui surgit dans la pensée et dans le monde, n'est qu'une explicitation de ce qui est déjà en germe au départ. Ainsi, l'histoire est le lieu du « développement de l'Esprit». Cela veut dire que ce qui s'y accomplit est un processus, la révélation progressive, par étapes, de la vérité et du contenu immanent de l'Esprit.

DIALECTIQUE
La dialectique désigne le mouvement même de l'idée ou de l'Esprit. Si l'Esprit doit se développer pour devenir ce qu'il est effectivement, on peut dire que ce sont les manques, les limitations (ce qui le nie ou le contredit) rencontrés par l'Esprit dans la conscience qu'il prend de lui-même, qui le poussent à s'exprimer dans des formes toujours nouvelles. C'est cette activité négatrice de ce qui le nie qui définit la dialectique.
EN SOI, POUR SOI, EN SOI ET POUR SOI
La compréhension de ces expressions dérive de l'idée que l'Esprit est essentiellement processus. Ce qui se produit dans la réalité n'est que l'épanouissement de quelque chose qui était déjà virtuellement présent au départ. L'en soi est la réalité encore méconnue. L'enfant, par exemple,
est homme en soi. II est un homme qui n'est pas encore accompli, qui doit le devenir. Néanmoins, il l'est déjà à titre de disposition. Il ne pourrait devenir un homme s'il ne l'était déjà en germe, en soi. L'en soi désigne donc un contenu réel, mais non révélé. Pour que ce contenu éclate au grand jour, il faut jeter un pont entre ce qui est purement virtuel et ce qui est pleinement réalisé. Ce pont, c'est le pour soi, le moment de la prise de conscience de soi. Il faut que l'homme connaisse sa vraie nature afin de pouvoir se l'approprier. L'en soi désigne un contenu que le pour soi révèle afin d'en faire un contenu effectif. C'est pour cette raison que la vérité de l'Esprit consistera à être en soi et pour soi, à être consciemment et effectivement ce qui n'était d'abord que virtuellement (en soi).
ESPRIT
On peut dire que l'Esprit exprime la vérité du Concept dans le monde concret de l'expérience humaine. L'Esprit est ce sujet universel qui anime l'histoire, qui s'exprime à travers elle. Alors que le Concept n'exprime que la vérité de la pensée pure, qui n'a affaire qu'à ellemême, l'Esprit exprime cette même vérité dans le cadre d'un monde que l'homme expérimente concrètement. C'est en ce sens que Hegel peut dire que l'Esprit est le « Concept concret ». C'est la pensée qui prend corps, qui s'incarne, pourrait-on dire, en donnant naissance aux différents aspects de l'ordre culturel, en devenant Esprit du monde.
IDÉAL/IDÉALITÉ/IDÉEL
L'idéal est la réalité de chaque chose en tant qu'elle constitue son principe spirituel. Il ne faut pas concevoir ce principe comme une généralité abstraite, mais comme une individualité vivante dans laquelle « forme sensible » et « esprit pur » se rencontrent et s'accordent. Si l'idée est la vérité même, mais considérée dans sa généralité, l'idéal est l'idée manifestée sous la forme d'une réalité concrète. Saisir les choses dans leur « idéalité », c'est donc en révéler la spiritualité, c'est-à-dire montrer comment l'apparence extérieure est en vérité conforme à l'esprit qui l'anime et qui lui donne son unité, et dont elle constitue l'une des manifestations. Idée) (adjectif) signifie ce dont la nature est de l'ordre de l'idée.
IDÉE
L'Idée est une notion à mettre en rapport avec celle de Concept. Elle désigne l'unité de l'objet et du sujet qu'implique le Concept, mais elle ' désigne cette unité portée à sa totale réalisation. Avec l'Idée, se trouvent mises en évidence les structures rationnelles grâce auxquelles le Concept accomplit effectivement cette unité avec ce qui est extérieur, dont il est la promesse. Le but de l'Esprit sera donc de produire ce même résultat dans cette expérience concrète qu'est l'ordre culturel. L'Idée réalisée traduira « l'unité de l'existence empirique du Concept » (Principes, addition au § il.

NATURE
Elle est le second « moment » de la dialectique, c'est-à-dire du processus par lequel l'Absolu se développe et devient effectif. Au cours de cette seconde étape de sa réalisation, le sujet-Absolu, ou Idée, s'« extériorise », se « nie » (s'« aliène »), c'est-à-dire devient autre que soi afin de pouvoir se contempler et se comprendre. Dans un premier « moment », en effet, l'idée n'était qu'une « pure forme logique ». Le Concept demeurait dans l'élément abstrait de la seule pensée. Lorsqu'elle devient « Nature », l'Idée prend la forme d'existences multiples, séparées les unes des autres. Mais il ne faut pas réduire la Nature pour autant à la seule matière (la « déraison de l'extériorité »). !I faut savoir aussi y reconnaître, selon Regel, la richesse de la « vie déployée » dans un « tissage subtil » quoique encore « inconscient de lui-même ». La Nature ne s'apparaît à elle-même comme « Idée » (troisième moment) que sous la forme de l'Esprit. Désormais « incarnée », l'Idée, devenue Nature, peut alors parvenir à l'existence « en soi et pour soi ».
NÉGATIVITÉ
Au sens large, la négativité est la « source interne de toute activité, de tout mouvement spontané, vivant ou
spirituel » (Logique, II). Pour Hegel, tout être porte en lui une puissance de négation qui l'amène à se « déchirer », et, par là même, le contraint à se dépasser. C'est en cela qu'il est vivant la contradiction est, en effet, la « racine de tout mouvement et de toute manifestation vitale ». Ce principe hégélien signifie donc que toute chose doit sortir d'elle-même et s'engager ainsi dans le changement. Plus généralement, il est dans la nature du « fini » (de tout ce qui vit et meurt) de se dépasser, de nier ce qui le nie, et de tendre à devenir infini.
En un sens plus étroit, la négativité est un « moment dialectique », celui de la négation de la thèse, c'est-à-dire l'« antithèse », laquelle ne détruit pas la thèse mais la transforme par la négation (OU relativisation) de son contenu particulier. Loin d'anéantir ce à quoi il s'oppose, le « négatif » permet donc de poser une vérité supérieure et de s'élever au point de vue de l'« Universel concret ». La négativité est donc le principe du dépassement dialectique qui permet d'intégrer les éléments (partiels, par définition) de la vérité dans une « synthèse », c'est-à-dire une approche plus élevée et plus complète, autrement dit un point de vue plus proche de l'Universel.
NÉCESSITÉ ET CONTINGENCE
Si l'on définit la nécessité comme ce qui ne peut être autrement, alors le contingent est « ce qui peut être
ce qu'il est comme il peut être autre qu'il n'est ». Il est, par exemple, nécessaire qu'il y ait une cause d'un événement, mats ii peut être contingent que cette cause prenne telle forme ou telle autre. On peut dire que, pour Hegel; seul le développement de l'Esprit (ou du Concept) est nécessaire. II ne peut pas ne pas avoir lieu. La nécessité exprime finalement la pulsion intérieure de l'Esprit, celle qui le pousse à s'affirmer comme sujet libre.

 ( extrait de La raison dans l'histoire, Hatier, Classiques et Cie)

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Published by laurence hansen-love - dans Philosophie
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