Dimanche 12 octobre 2008
7
12
/10
/Oct
/2008
14:44
Voici pourquoi, d'après le philosophe H.G. Frankfurt, il faut toujours préférer la vérité qui dérange à l'illusion qui réconforte:
"Certaines personnes nous rappellent volontiers qu'il est des réalités si effrayantes, si décourageantes, si démoralisantes qu'il vaut mieux les ignorer. A mon avis, il est presque toujours
préférable de regarder en face les réalités qui nous menacent plutôt que de rester dans l'ignorance. Fermer les yeux sur la réalité n'a jamais diminué les périls qu'elle représente ; et il ne fait
aucun doute que nos chances de surmonter l'épreuve augmentent quand nous nous forçons à regarder les choses sans ciller.
Selon moi, ce principe s'applique autant à nos tendances individuelles et à notre forme de caractère qu'aux réalités du monde extérieur. Nous devons déterminer ce que nous voulons vraiment, ce qui
nous procurera une satisfaction maximale, et quelles craintes nous empêchent d'agir comme nous le souhaiterions. Il est à coup sûr fort difficile de parvenir à une authentique connaissance de soi,
et très pénible de découvrir certaines vérités personnelles. Mais quand on s'efforce de réussir sa vie, l'aptitude à affronter des faits dérangeants quant à sa propre personnalité peut être encore
plus précieuse que la simple compréhension des obstacles du monde extérieur.
Sans la vérité, nous en sommes réduits soit à n'avoir aucune opinion sur les choses, soit à nourrir une opinion erronée. Dans un cas comme dans l'autre, nous ignorons dans quelle situation nous
nous
trouvons. Nous n'avons aucune idée de ce qu'il se passe, ni dans le monde extérieur ni à l'intérieur de nous-mêmes. Si nous professons certaines croyances à propos de ces questions, elles sont
erronées ; et une idée fausse n'a jamais aidé personne à se tirer d'affaire. Bien sûr, nous pouvons toujours prétendre que l'ignorance est la clef du bonheur et nous complaire dans l'erreur ;
ainsi, malgré les dangers qui nous menacent, nous pouvons échapper provisoirement aux angoisses et aux doutes. Mais, au bout du compte, notre ignorance et nos idées fausses ne feront probablement
qu'aggraver la situation".
De la vérité
Par laurence hansen-love
-
Publié dans : Philosophie terminales
-
6
Actuellement, en cours, nous sommes en retard, nous étudions l'Histoire et nous avons parler de Hegel, et pour comprendre sa pensée, notre prof nous a expliqué qu'il fallait comprendre qu'il était panthéiste, or, je n'ai pas très bien saisi ce que c'était, notamment cette Raison, qui faisait office de principe divin, je n'ai pas trop compris, je ne crois pas en Dieu, , je comprend la vision théiste, avec un dieu transcendant, créateur du monde, mais là, ce dieu dans le monde, très abstrait, j'ai du mal à saisir? Est-ce que dans le panthéisme, tous les hommes ont "une part de la divinité" dans le sens où chaque homme est pourvu de raison ce qui impliquerait que chaque homme dispose d'une infime partie de la Raison? Suis-je totalement à côté?
Je m'adresse à vous car nous sommes très en retard dans le programme de philo compte tenu des jours fériés du mois de mai!
Merci.
Hegel dit que l' Idée, c'est Dieu au sens philosophique. C'est un processus qui anime le monde. Qui se déploie par étapes dans l'histoire. Rien à voir avec le Dieu créateur dont vous me parlez. C'est l'esprit du monde, qui habite chacun de nous en effet.
Vous devriez lire la raison dans l'histoire, dans la petite collection Classiques Hatier. Je crois que c'est bien expliqué.
Le monde de l’illusion possède un pouvoir de fascination qui nous empêche de voir la réalité comme elle se présente. Son pouvoir est dû à notre pensée fragmentaire. Pour résoudre ce problème nous devons apprendre à sortir de ce mode de fonctionnement mental habituel et percevoir, de manière plus ouverte et plus intuitive, ce qui se cache derrière le monde des apparences. Cet exercice exige une approche complètement différente de notre manière actuelle de discerner ce qui nous entoure, mais nécessite surtout une remise en question de nos certitudes afin d’être réellement en mesure de vérifier leur exactitude. Il s’avère que beaucoup ne désirent pas vraiment renoncer à leurs convictions et à leurs habitudes. "C’est surtout ce manque de volonté de changement qui conduit l’homme à persévérer dans le trompeur et l’irréel." (Alex Mero)
merci Alain Badiou!