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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 14:15

La guerre
(n. f.)  Étym. .: mot germanique,  werra, guerre »
Sens large: toute espace de combat, de lutte ou même de résistance (ex.:
 " déclarer la
guerre à l'injustice ")
 Sens strict  : lutte armée entre groupes sociaux ou entre États.
 
Chez  Rousseau : « La guerre n'est point une relation d'homme à homme, mais une relation d'État à État, dans laquelle les particuliers ne sont ennemis qu'accidentellement. »
 Chez  Clausewitz : « La guerre est un acte de violence destiné à contraindre l'adversaire à
exécuter notre volonté » ; par ailleurs, la guerre « n'est que la continuation clé de la politique par d'autres moyens"

La guerre est-elle inéluctable ?
"La guerre est inhérente à l'humanité et doit durer autant qu'elle : elle fait partie de sa
morale. » Provocatrice, cette formule de Proudhon retient l'attention. Selon lui, l'humanité s'est en effet affirmée et civilisée dans et par la guerre - "Si par impossible, écrit Proudhon dans La Guerre et la paix, la nature avait fait de l'homme un animal exclusivement industrieux et sociable, et point guerrier, il serait tombé, dès le premier jour, au niveau  des bues dont l'association forme toute la destinée". Nombreux sont les penseurs qui - à une  autre époque que la nôtre - en ont montré le caractère à certains égards  (!) "positif".  Nietzsche est de ceux-là, mais il donne souvent u mot guerre un sens métaphorique.D'autres,  dont Freud, s'interrogent sur sa nécessité :  " La guerre. écrit- il, ne se laisse pas éliminer ; aussi longtemps que les peuples auront des conditions d'existence aussi différentes et que leur répulsion mutuelle sera si violente, il y aura nécessairement des guerres. » Les  violences guerrières constitueraient une sorte d'exutoire pour ces énergies mortifères, que  le philosophe Jan Patockà  appelle " les forces de la nuit ». D'autre part, la guerre  n'est- elle pas un éventuel  prolongement de l'action politique, comme l'ont montré Machiavel,  Clausewitz, puis, plus récemment, Raymond Aron.
Marx, pour sa part, concevait dans une certaine mesure, la politique sur le modèle de la guerre ( "la lutte des classes").

En finir avec la guerre?
I
l nous apparaît pourtant impensable de devoir composer encore, et toujours, avec les
guerres. De fait, les violences dont le xx  siècle a été - et est encore - le théâtre, sont parmi les plus cruelles, les plus inhumaines et les plus destructrices de toute notre histoire. Toutefois, le pire n'a pas encore été accompli, à savoir la guerre nucléaire totale (« Si l'un ou l'autre gagne, écrit Hannah Arendt, c'est la fin des deux »). La destruction systématique de populations entières, les explosions de furie haineuse ont atteint de tels sommets que la question de la "mise hors la loi » de la guerre est devenue, aujourd'hui, un enjeu essentiel et prioritaire (voir à ce propos la notion de " crime contre l'humanité"et l'instauration de tribunaux internationaux pour juger les criminels de guerre). Kant avait ouvert la voie de la réflexion sur la paix internationale durable clans son Projet de paix  perpétuelle (1795). Les guerres appartiennent désormais au passé. Mais si l'objectif - le règne du droit - peut rallier les théoriciens comme les hommes politiques de toutes les nations, la question des moyens à employer pour instaurer un semblant d'- ordre mondial » continue de diviser tragiquement les principaux acteurs du débat politique international. En effet, à  supposer qu'il y ait des " guerres justes", la détermination des cas relevant de cette catégorie est pour le moins problématique (cf.. M. Walter, Guerres justes et injustes,  Belin, 1999). Elle ouvre la voie à toutes sortes de dérives extrêmement graves (lire à ce sujet les analyses de Pierre Hasner, voir bibliograhie ci-jointes).

Article de Philosophie de A à Z, rédigé par LHL

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Published by laurence hansen-love - dans Préparation IEP (sciences-po)
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commentaires

Coline 11/08/2009 18:43

Je ne pense pas que De Gaulle ait eu raison d'autoriser des essais nucléaires dans les colonies Françaises, mais il est vrai que cela permet d'avoir un poids dans les relations internationales plus importante. De plus, laisser un tel pouvoir dans les mains de deux pays aurait été dangeureux. Est ce que le fait que les cinq membres permanents du conseil de sécurité à l'ONU soient les cinq détenteurs officiels de l'arme nucléaire, est un hasard ?Et qu'entendez-vous par "cela semblait extravaguant à l'époque" ?

laurence hansen-love 12/08/2009 23:06


Oui, le poids dans les relations internationales, ce n'est pas rien!
A l'époque, on se moquait de lui avec sa "bombinette"..., je me souviens bien de cela.


Coline 09/08/2009 23:23

Je ne suis pas pour le recours à la guerre pour règler les problèmes de notre monde. Je pense qu'il existe d'autre moyens, notemment à l'aide de procédés économiques. Dans un monde où l'argent est roi, de nombreux présidents seraient plus touché par un embargo économique que la mort de quelques hommes, non ?La guerre est peut-être inéluctable, mais j'espère qu'un jour elle ne subsistera qu'en prenant son sens métaphorique. En effet, depuis la nuit des temps l'homme se bat contre d'autres hommes, des guerres ont lieu, que ce soit pour des raisons idéologiques, économiques, matérielles... L'homme dès qu'il a un ennemi développe une haine et une force incomparable. Je considère, sûrement  avec l'optimisme de mon jeune âge et de ma génération qui n'a pas connu la guerre, qu'il faudrait détourner cette guerre, canaliser toute son énergie en faisant la guerre aux injustices. Si l'homme a besoin de se battre, la famine peut très bien incarner son ennemi. J'ai lu il  y à -trop- longtemps, donc mes données vont manquer de précisions, que si les USA arretaient leurs dépenses dans la recherche pour la guerre ne serait-ce que quelques semaines, il n'y aurait plus de famine pendant 5 ans en Afrique. Deux jours ou un mois, le principe est le même : utiliser l'art de la guerre, et donc l'économie qui l'accompagne pour vaincre la famine ou d'autre maux de l'humanité. La notion de "guerre juste" est problématique, mais je persiste a croire que face a l'émergence d'une dictature par exemple, le poids économiques des pays qui commercent avec la dictarure en question, pourrait suffire à l'arrêter ( je pense a l'histoire de la Jamaique qui a dut renoncer a ses idéaux et en venir au capitalisme suite au chantage économique des USA), et que l'argent et l'energie engagés dans la guerre doivent être canalisé ailleurs. Maintenant, je vous pose une question : en quoi je me trompe et en quoi ma pensée est trop simpliste ?

laurence hansen-love 11/08/2009 15:29


mais non... si vous aviez raison, ce serait bien.. Mais..
Les guerres sont en grand partie défensives ou préventives.
 Face à Hitler , on ne peut pas dire: "je renonce aux armes, transigeons"
Aujourd'hui face à l' Iran, à la Corée du Nord, à Al Quaida, les américains ne peuvent pas dire: "OK, négocions... Nous renonçons à toute guerre".
De  Gaulle  a eur raison, je crois, de développer la bombe atomique, même si cela a pu paraitre extravagant à l'époque..


Nicolas Duparc 07/02/2009 14:45

Tout d'abord, je tenais à vous remercier et à vous féliciter pour votre démarche.  Ce blog est une vraie mine d'or pour nous élèves désirant se présenter aux concours des IEP.Je vais maintenant en venir à l'élément principal qui m'a conduit à vous écire ce commentaire. Dans cette approche générale de la guerre, je n'ai pas compris la phrase suivante " Nietzche est de cela, mais il donne souvent au mot guerre un sens métaphorique. Serait-il possible que vous explicitiez cette notion de " sens métaphorique " ?
 Je vous remercie d'avance.
 Nicolas.

laurence hansen-love 07/02/2009 21:52


Tout d'abord j'ai fait une faute , ce n'est pas de cela , mais  Nietzsche est de ceux-là, je viens de corriger, donc merci!
 Donner à la guerre un sens métaphorique : comme Jésus quand il dit "je suis venu apporter non la paix mais la guerre" Evangile selon Saint Mathieu (10 34-39)
Ce n'est pas le sens littéral , mais le sens large, voire poétique. Dans "De la guerre et des guerriers" (Ainsi parlait Zarathoustra) Nietzsche parle de la guerre au sens de lutte, de conflit..
cela peut être un conflit de soi contre soi (comme dans la parole du Christ) .
 Je crois que le Jihad des musulmans peut aussi être pris dans un sens métaphorique..