Mardi 25 novembre 2008 2 25 /11 /2008 14:54

 

Le centenaire de Lévi-Strauss

 

 Claude Lévi-Strauss (né le 28 novembre 1908), l'un des plus grands anthropologues vivants, fête ses 100 ans.

Que pouvons-nous retenir, en quelques mots, de l’ensemble de son oeuvre?

Claude Lévi-Strauss  fut tout d'abord cet aventurier  qui, à 27 ans, se lance à la conquête de la forêt amazonienne. A pied,  à char à boeufs ou  en pirogue, il parcourt pendant trois ans des régions  inexplorées, puis parvient à se familiariser avec plusieurs tribus indiennes encore autarciques.

 A partir de 1948, il rend compte dans plusieurs de ses ouvrages (Vie familiale et sociale des indiens Nambikwara, 1949, Les structures élémentaires de la parenté, 1949, Tristes Tropiques, 1955, Anthropologie structurale, 1958), La pensée sauvage, 1962)  des représentations du monde infiniment complexes des sociétés désignées à l'époque comme « sauvages ». La notoriété immédiate de l'ethnologue  fut amplement justifiée et confirmée  a posteriori par la qualité des travaux ultérieurs   du philosophe.
 L'apport théorique de Lévi-Strauss concerne principalement trois sphères de la recherche scientifique et philosophique. En tout premier lieu, Lévi-Strauss « tranche les racines coloniales de l'anthropologie » (Catherine Clément) en démontrant que la pensée dite « sauvage » n'est pas  sommaire (grossière, voire barbare) ni « prélogique », mais qu'elle constitue au contraire une  manifestation constante de l'intelligence tant individuelle que collective. La pensée  « sauvage » que Lévi-Strauss  classe et ordonne l'univers signifiant, mais d'une manière différente de celle qui nous est familière et qui est nourrie de cartésianisme et de pragmatisme rationnel. Lévi-Strauss est également l'un des fondateurs du structuralisme qui établit que toutes les productions symboliques (mythes, formes langagières, religions, manières de table etc...) répondent à une logique combinatoire très élaborée qui  peut être abordée scientifiquement. Le philosophe, enfin, fut l'un des plus intraitables critiques de l'humanisme chrétien auquel il reproche d'être partiellement responsable de l'entreprise  prométhéenne - voire mégalomaniaque - de maîtrise de notre environnement naturel et social. A ce titre,  aux côtés de Hans Jonas et de Edgar Morin,  il est l'un des plus éminents représentants de la pensée écologique. La phrase: « Ce que d'abord vous nous montrez, voyages, c'est notre ordure lancée au visage de l'humanité » (Tristes Tropiques, 1955) est celle d'un visionnaire. L'homme, selon Lévi-Strauss, doit abandonner son trône au sein de l'univers, pour se contenter d'un strapontin. La question des droits de l'homme peut être traitée très simplement. Elle tient désormais en une seule phrase : « L'homme est un être vivant » (1976).

 

Claude Lévi-Strauss,  Catherine Clément Que sais-je? (2003)

Claude Lévi-Strauss, une introduction, Frédéric Keck, Pochet 2003

Par laurence hansen-love - Publié dans : Culture générale - Communauté : Culture générale, philosophie
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