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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 14:32

Friedrich A. Hayek explique ici pourquoi le libéralisme vaut mieux que le socialisme; Le libéralisme est moins injuste:

"La meilleure chance de bonheur que le monde ait jamais entrevue a été gâchée parce que la passion de l'égalité a détruit l'espoir de la liberté". Lord ACTON.

"Il est significatif que l'argument le plus courant contre la concurrence consiste à dire qu' "elle est  aveugle ». Il est peut-être opportun de rappeler que pour les anciens la cécité fut un attribut de la divinité de la justice. La concurrence et la justice mont peut-être rien d'autre en commun que le mérite de ne pas tenir compte des considérations personnelles. De même qu'on ne peut pas prédire la chance ou la malchance des gens, de même il faut que les lois soient conçues de façon que l'on ne puisse prévoir quelles personnes seront favorisées ou desservies par leur application. D'ailleurs, dans la concurrence, la chance joue autant que l'intelligence et la prévoyance.
Mais on ne nous propose. pas de choisir entre un système où chacun serait traité selon un principe absolu et universel de droit et un autre où les parts de l'individu seraient déterminées dans une certaine mesure, par accident ou par la chance; l'alternative se présente plutôt entre un système où la volonté de quelques-uns déciderait quelle part attribuer à chaque. personne et un autre où, au moins partiellement, les capacités et les actes de chacun détermineraient, autant que les circonstances imprévues, la place qu'il occupera. Dans le système de concurrence libre, basée nécessairement sur la propriété privée et l'héritage (peut-être pas forcément sur l'héritage), les chances ne sont évidemment pas égales. Ce régime offre pourtant de sérieuses possibilités de diminuer les inégalités de chances, dans la mesure où les différences congénitales le permettent et sans fausser le caractère impersonnel d'un processus qui sauvegarde l'initiative individuelle et n'impose pas aux uns les opinions des autres.
Dans la société de concurrence le pauvre a beaucoup moins de possibilités que le riche, c'est entendu. Il n'en est pas moins vrai que dans cette société le pauvre est quand même plus libre qu'une personne disposant d'un plus grand bien-être matériel dans un autre genre de société. Sous le régime de concurrence, l'homme qui part de zéro a beaucoup moins de chance d'acquérir une grande richesse que l'homme doté d'un héritage important, mais il peut y parvenir. Et c'est seulement dans la société de concurrence que ce résultat dépend uniquement de lui et non pas des faveurs des puissants. Nous avons oublié ce que signifie le manque de liberté. C'est pour cela que nous ne tenons pas compte d'un fait élémentaire : un ouvrier non spécialisé a en Angleterre plus de possibilités d'organiser sa vie à son goût que, par exemple, un petit patron en Allemagne ou qu'un ingénieur bien payé en Russie. Qu'il s'agisse de changer de travail ou de résidence, de passer ses loisirs selon ses idées ou d'émettre ses opinions personnelles, notre ouvrier ne rencontre pas d'obstacles absolus, n'encourt pas de risques pour sa sécurité physique et pour sa liberté. Il paie plus ou moins cher pour satisfaire ses penchants, mais il n'est pas astreint, par l'ordre d'un supérieur, à s'employer à une certaine tâche et à vivre dans un endroit défini.
Les socialistes se contenteraient, semble-t-il, de la suppression des revenus produits par la propriété privée et du maintien de la différence actuelle entre les rémunérations du travail . Mais ils oublient qu'en mettant toutes les propriétés privées à la disposition de l'Etat comme moyens de production, celui-ci serait à même de fixer tous les revenus. Si l'on octroie ainsi un pouvoir nouveau à l'Etat et si on lui demande de s'en servir, de faire un plan, on entend qu'il agisse en pleine conscience de tous ces effets".

F.A. Hayek , La route de la servitude , 1944

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Published by laurence hansen-love - dans Préparation IEP (sciences-po)
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