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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 17:33

 

 L’Enquête sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776)  est à la fois l'origine  de la science économique et le texte fondateur du libéralisme économique.

Smith défend  la thèse du « laisser-faire » ( illustré ici par la fameuse métaphore de la « main invisible »). Il faut savoir que Adam Smith (1723-1790) est aussi un partisan de la liberté politique. Il défend les droits des citoyens et présente  la loi comme un rempart contre l’arbitraire des volontés particulières. La révolution industrielle, puis le capitalisme,  trouveront chez lui les concepts et aussi les justifications qui continuent de susciter aujourd’hui les mêmes débats passionnés.

 

 

 

 « Tout individu s'efforce continuellement  de trouver l'emploi le plus avantageux  pour le capital dont il peut disposer. Certes, c'est son propre avantage qu'il vise et non celui de la nation […]

Mais le souci de son propre avantage le conduit naturellement, ou plutôt nécessairement, à préférer l'emploi qui est le plus avantageux pour la nation. Premièrement, chaque individu essaye d'employer son capital aussi près que possible de chez lui et donc, autant qu'il le peut, de manière à soutenir l'activité du pays ; mais cela dans la mesure où il peut toujours obtenir le profit ordinaire du capital, ou, en tout cas, un profit qui ne lui soit guère inférieur. Ainsi, à profit égal ou presque, tout négociant en gros préfère naturellement le commerce intérieur au commerce de biens de consommation avec l'étranger et celui-ci au commerce de fret. Dans le commerce intérieur, son capital n'est jamais loin de ses yeux aussi longtemps qu'il l'est fréquemment dans le commerce de biens de consommation avec l'étranger. Il lui est plus facile de connaître l'honorabilité et la situation des personnes à qui il fait confiance et, s'il lui arrive d'être trompé, il connaît mieux les lois du pays où il doit chercher réparation. Dans le commerce de fret, le capital du négociant se divise, pour ainsi dire, entre deux pays étrangers et aucune partie n'en est jamais nécessairement rapportée dans son propre pays ou placée directement sous ses yeux ou sous son contrôle.[ ... ]

Deuxièmement, tout individu qui emploie son capital à soutenir l'activité du pays s'efforce nécessairement d'orienter cette activité de sorte que son produit ait la plus grande valeur possible. [... ]

Il est évident que chaque individu, là où il se trouve, est beaucoup plus à même qu'aucun homme d'État ou aucun législateur de discerner le genre d'activité que son capital peut soutenir dans son pays et dont le produit aura sans doute la plus grande valeur. L'homme d'État qui se risquerait à orienter les particuliers sur la manière dont ils devraient employer leurs capitaux se chargerait de préoccupations tout à fait inutiles; de plus, il s'arrogerait une autorité que l'on ne pourrait confier sans risque, non seulement à une seule personne, mais à aucun sénat ni à aucun conseil, et qui ne serait nulle part aussi dangereuse que dans les mains d'un homme assez fou ou présomptueux pour se croire capable de l'exercer".

Adam Smith  

RECHERCHE SUR LA NATURE El LES CAUSES DE LA RICHESSE DES NATIONS ; (LIVRE IV, CHAPITRE 11), 1776, TRADUCTION DE J. -M. SERVET ET ALII. © ECONOMICA, 2002.

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Published by laurence hansen-love - dans Préparation IEP (sciences-po)
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