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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 15:41

« Quoique peu familière, la discussion sur la guerre juste et ses conditions est au cœur de la réflexion politique et du droit international depuis la renaissance.

 

Le paradigme légaliste

Dès cette époque s'est élaboré ce que M. Walzer nomme « le paradigme légaliste », qui inscrit la violence entre communautés politiques dans un ensemble de règles et d'interdits que le philosophe appelle, à juste titre. « la convention de la guerre». La dispersion géographique et historique des exemples choisis par M. Walzer induit l'idée que cette codification de la guerre est quasiment universelle, bien que l'auteur souligne paradoxalement à plusieurs reprises son inscription dans l'espace de la guerre d'État de ripe occidental. Selon cette théorie, la guerre est juridiquement encadrée. Les années respectent des conventions, des règles de combat, et utilisent des amies permettant d'éviter de massacrer des civils et de tuer indignement des combattants. M.. Waller martèle tout au long de son ouvrage que la de la guerre juste» consiste en sa restriction aux seules unités combattantes. Il  soulève ainsi la question de la responsabilité des États dans le déclenchement des hostilités, mais aussi celle des combattants, généraux ou stratèges.

Toute la première partie de l'ouvrage tente de montrer que l'interrogation morale sur la responsabilité est consubtantielle à la guerre. Car, s'il est vrai que les hommes la subissent, ils la déclenchent et y participent en connaissance de cause. Les Athéniens durent, par exemple, affronter leur propre responsabilité lorsqu'ils décidèrent la destruction de la cité de Melos, sans être en guerre contre elle. On sait que les Allemands eurent aussi à le faire, et que les Français, pour l'Algérie, ou les Japonais, pour la Seconde Guerre mondiale, ne parvinrent pas à s'y résoudre. Dans ce cadre, le premier postulat moral est de considérer que toute entrée en guerre est condamnable, car des êtres humains sont tués, souvent en très grand nombre. M.Walzer reconnaît que la guerre peut, dans certaines de ses formes, être limitée de par sa nature (conflits tribaux, médiévaux. raids). Mais il endosse plutôt le jugement du général Sherman durant la guerre de Sécession des États-Unis, selon lequel la guerre est toujours un enfer pour ses victimes. Il v a, pour le philosophe, deux aspects à la réalité morale de la guerre. On doit en effet juger des raisons de rentrer en guerre, et l'on doit tout aussi nettement juger des moyens de mener le combat. C'est à l'examen de ce deuxième impératif que s'attache a seconde partie de l'ouvrage.

 

Des règles pour conduire la guerre

Pour éviter l'enfer, ce qui est le but de la réflexion de M. Walzer, les règles communément admises pour la conduite de la guerre doivent être respectées. La première de ces règles est le respect

mutuel : «Le soldat ennemi, même engagé dans une guerre criminelle, n'en est pas moins innocent qu'eux-mêmes. » Ainsi, hors des phases de combat, rien rie doit autoriser à des exactions ou à des brutalités contre les adversaires. M. Walzer détaille et analyse tout au long de son ouvrage, en des pages profondément émouvantes, les problèmes moraux que posent les situations de crimes de guerre. L'un de ces exemples frappants est le cas d'une patrouille allemande qui, sans se méfier le moins du monde, fut décimée par un groupe de résistants français déguisés en paysans vaquant à leurs travaux. Les Allemands, rappelle M.Walzer, étaient au service d'une cause immorale et les résistants d'une cause juste. Cependant, le procédé qui consiste à endosser l'apparence de civils, personnes protégées par les lois de la guerre, est immoral. La mort des soldats allemands devient assimilable à un meurtre. Ce n'est pas, souligne l'auteur, parce que les actions immorales sont courantes, et souvent masquées ou admises, qu'elles doivent être tolérées ».

 

 Y a-t-il des guerres justes ? Jean-Claude Ruano-Borbalan, in Philosophes de notre temps.

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Published by laurence hansen-love - dans Préparation IEP (sciences-po)
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commentaires

Quentin 01/05/2009 21:23

Si le juste se définit comme étant ce qui est conforme à la loi, une guerre juste implique alors la reconnaissance d'une norme supérieur régissant les guerres. Existe t-il alors d'autres textes différents des Conventions de Genève ? Une guerre juste ne serait t-elle aussi définissable par rapport à la raison ?

laurence hansen-love 02/05/2009 15:08



1) Le juste ne se définit pas comme " ce qui est conforme à la loi" (Quelle loi????). Vous confondez le légal et le juste
2) Le droit de la guerre ne commence pas avec les conventions de Genève. voir ici :http://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_de_la_guerre

3) Je ne comprends pas votre question. Une guerre juste serait une guerre conforme à la raison?  je ne vois pas bien... La raison ne peut promouvoir que la paix..


merwan 03/04/2009 19:07

Je ne sais si c'est mon côté pacifiste qui monopolise mon cerveau mais malgré tout ce que je peux lire sur les guerres justes me rend perplexe. J'ai du mal à comprendre comment peut-on rationnellement considérer certaines guerres comme juste, seulement parce que celles ci sont engagées avec des objectifs humanitaires. Une guerre, à moins d'être fort et réussir à épargner les vies humaines, c'est tuer des êtres humains, ça ne peut pas être juste. En fait, c'est le mot juste, je trouve que ce mot n'est pas approprié! Après, je suis surement dans une posture très subjective, mais déjà en cours d'histoire ça m'avait surpris et là, c'est pareil, j'ai du mal à admettre que l'on puisse considérer une guerre comme juste!

laurence hansen-love 03/04/2009 20:56


Vous avez parfaitement raison : "guerre juste", c'est inapproprié. Mais vous devriez lire ce que dit Walzer, qui en défend pas l'idée de guerre juste, mais qui explique ce que cette expression a
signifié  tout au long de l'histoire.
Quand vous êtes en France en 40, vous ne pouvez pas faire autrement que de préférer la guerre à la paix... (cf l'appel du 18 juin)