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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 15:47


 La thèse selon laquelle aucune guerre ne peut être juste dans le monde moderne est fausse et dangereuse, d'après Michael Walzer .  Elle interdit en effet à la théorie d'établir des distinctions pourtant indispensables. Car il faut distinguer ce qui est possible ou nécessaire en dernier recours, de ce qui est injustifiable: 


" Dans ce livre, je m'efforcerai de montrer que la plupart des guerres sont justes dans l'un des camps en présence (celui qui se bat en situation de légitime défense) et qu'en conséquence certains acats de guerre doivent égalemetn pouvoir se justifier. L'intérêt de la théorie est de nous aider à établir des distinctions [...]
Les guerres justes sont des guerres limitées, menées conformément à un ensemble de règles destinées à éliminer, autant qu'il se peut, l'usage de la violence et de la contrainte à l'encontre des populations non-combattantes. L'application de ces règles n'étant pas assurée par un pouvoir de police ou par l'autorité de tribunaux, elle est dans une large mesure dénuée d'efficacité - pas totalement, toutefois. Et même si ces règles ne parviennent pas à déterminer la conduite d'une guerre particulière, elles réussissent souvent à déterminer le jugement qu'en conçoit l'opinion publique et de ce fait, peut-être, la formation, l'engagement et le comportement futur des soldats. Si la guerre est le prolongement de la politique, il s'ensuit que la culture militaire est un prolongement de la culture politique. Bien qu'il ne soit pas déterminant, le rôle que jouent le débat et la critique a son importance pour définir le contenu de l'une et l'autre de ces cultures.
Deux types de limites sont ici d'une importance capitale, et tous deux occupèrent une large place dans l'argumentation politique qui défendait la guerre du Golfe, puis dans la critique qu'elle suscita. Le premier concerne les fins de la guerre, les objectifs pour lesquels on se bat. La théorie de la guerre juste, telle qu'on la comprend généralement, vise à restaurer le statu quo ante, l'état de choses antérieur, c'est-à-dire avant l'agression, avec une clause restrictive supplémentaire : que la menace exercée par l'État agresseur au cours des semaines ou des mois précédant l'agression ne soit pas incorporée à cette « restauration ». Il s'ensuit que la guerre a pour fin légitime la destruction ou la défaite, la démobilisation et le désarmement (partiel) des forces armées de l'agresseur. Sauf dans des cas extrêmes, comme celui de l'Allemagne nazie, elle ne va pas jusqu'à viser légitimement à la transformation de la politique intérieure de l'État agresseur ou au remplacement de son régime, objectif qui exigerait une occu pation prolongée et une coercition massive de la population se civile. Bien plus encore, elle exigerait une usurpation de souveraineté, ce qui est précisément la raison pour laquelle on  condamne l'agression". 

 (La seconde limite concerne la conduite de la guerre et le proportionnalité des moyens employés)
Michael Walzer Guerres justes et injustes, Préface de la seconde édition Belin 2001

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Published by laurence hansen-love - dans Culture générale
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commentaires

merwan 27/04/2009 18:52

Je ne simplifie pas, je pense juste que l'Education Nationale ne peut se réformer avec des logiques simplistes (Gauche et droite confondues) avec aucune vision, on pond une réforme par pendant les années 90, on augmente le budget, mais on baisse le nombre de profs après...Le projet de Descoing est ambitieux, sans aucun doute, mais ce n'est pas Descoing (malheureusement) qui est ministre de l'éducation, c'est Sarkozy qui dirige tout, et j'ai peur que les recommandations de Descoing ne soient pas toutes prises en copte, comme ils ont l'habitude de faire avec les rapports qu'ils demandent mais qu'ils ne suivent pas (ndrl: l'éxecutif).

laurence hansen-love 27/04/2009 20:40


L'urgence c'est d'en finir avec la suprématie de la S. C'est ce que veut faire Descoings. Je trouve cela ambitieux. Et de rpofessionnaliser aussi davantage l'enseignement (stages en alternance
etc..)


merwan 26/04/2009 14:31

Je pense que si l'Education Nationale est si difficile à réformer, c'est aussi à cause des politiques eux mêmes, qui n'ont cessé de stigmatiser les profs, qui n'ont cessé de dire oui aux préjugés de l'opinion (le prof ne fait rien de ses semaines). Si les réformes étaient plus basées sur la concertation pour bâtir un projet ambitieux et réaliste, plutôt que sur le passage en force avec des logiques purement budgétaires qui n'ont comme objectif que de rendre l'Education Nationale moins cher.

laurence hansen-love 26/04/2009 20:49


vous simplifiez là un peu...
 Un projet ambitieux? celui de Descoings ne l'est pas selon vous?


mathilde 26/04/2009 14:10

votre site est est bien fait : c'est vrai qu'il nous donne à réfléchir...encore faut -il savoir chercher l'information!au lycée c'est pareil , vous êtes seul dans votre questionnement. En fait c'est vrai que lycée doit donner des connaissances théoriques mais le problème est justement là : il faudarit renforcer les liens avec les entreprises, les formations comme nous en avons parlé , les stages avec les entreprises... se rapprocher du modèle scandinave .Mais avantt ça il va falloir affronter de nombreuses résistances stérilescr comme chacun sait le monde de l'Education Nationale  est très difficile à réformer.Je voudrais  quee l'on ait un peu de la hauteur de vue par rapport au problème et le fait que le médiateur choisi soit Richard Descoing, directeur d'une école d'élite, me semble plutôt intéressant.IL faut avancer en même temps que le monde,ne pas arrêter de se remettre en question. Merci encore une fois  pour cette liberté d'expression et de ton que l'on peut avoir.

merwan 26/04/2009 13:19

Vous avez raison, et c'est pour cela que je milite pour que la gauche cesse de toujours dire il faut plus d'argent, non, il faut mieux utiliser l'argent actuel! En tout cas, il ne faut pas en enlever si il n'y a pas de projet dérrière qui tienne la route!

laurence hansen-love 26/04/2009 14:20



certes


 le projet de Descoings , justement, tient la route..



merwan 25/04/2009 13:41

Oui mathilde, il doit y avoir plus d'égalité des chances, mais, n'oublies pas une chose, tout dépend du lycée, un bac général ne permet pas de se professionnaliser, ce n'est pas son but, le bac général est une porte vers l'enseignement supérieur, c'est là qu'on doit se professionnaliser.Au lycée général, il faut être effectivement plus préparé en langue, mais je pense qu'il faut revoir l'enseignement de l'anglais, trop basé sur le théorique (des textes compliqués, ce qu'il faut, c'est savoir aussi s'exprimer à l'oral, or, du collège au lycée, on n'y est pas préparé! C'est vrai.pour le monde de l'entreprise, les lettres de motivations, les recherches de stages, il faut plus aider les lycéens à se former, c'est vrai, mais dans le cadre d'une réforme de l'orientation au lycée, qui soit plus concrète, là on passe des diapos pour nous montrer en gros à quoi ça ressemble l'enseignement supérieur et c'est tout! Il faut qu'il y ait des intervenants de tous les mondes. Si les cours se terminaient plus tôt dans la journée (vers 15h) ça laisserait la place pour avoir des ateliers orientations avec des professionnels, de l'entreprise, des IUT, des facs, des IEP, des écoles de commerce...Il faut repenser l'école, et ça demande du temps, ça ne se fait pas en 3 mois secrètement au Ministère, ça doit se faire en concertation, la réforme du lycée en finlande a pris 12 ans avant de se mettre en place définitivement! C'est long, c'est vrai, mais peut-être que ça permet d'avancer plus sereinement: