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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 11:47




 Alain évoque ici le "mérite" psychologique de la guerre, qui nous délivre paradoxalement .. de l'ennui ou de l'angoisse de la mort

"Tous ceux qui sont inoccupés sont assez guerriers par l'impatience. Ce n'est pas qu'ils veuillent mourir, mais c'est plutôt qu'ils veulent vivre. Et la vraie cause de la guerre est certainement l'ennui d'un petit nombre, qui voudrait des risques bien clairs, et même cherchés et définis, comme aux cartes. Et ce n'est point par hasard que ceux qui travaillent de leurs mains sont pacifiques ; c'est qu'aussi ils sont victorieux d'instant en instant. Leur propre durée est pleine et affirmative. Ils ne cessent pas de vaincre la mort, et telle est la vraie manière d'y penser. Ce qui occupe le soldat, ce n'est pas cette condition abstraite d'être sujet à la mort, mais c'est tel danger et puis tel autre. Il se pourrait bien que la guerre fût le seul remède à la théologie dialectique (1. Tous ces mangeurs d'ombres finissent toujours par nous conduire à la guerre, parce qu'il n'y a au monde que le danger réel qui guérisse de la peur".

Alain, Propos sur le bonheur (1928), XV, Folio, 1985, p. 44.



 Théologie dialectique: la philosophie de Platon, par exemple, prône  une dialectique  (mouvement ascendant) qui nous encourage rejoindre le divin ("Philosopher c'est apprendre à mourir"). La sagesse pacifique du philosophe est aux antipodes de la ferveur guerrière qui croit défier la mort.

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Published by laurence hansen-love - dans Préparation IEP (sciences-po)
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commentaires

flo 26/04/2009 14:38

Je crois que ce que tu dis est complètement faux. La majorité des soldats qui ont fait les grandes guerres étaient des appelés, et non des volontaires, par exemple le contingent en Algérie...Alors les films sur les méchants nazi c'est bien, mais il faudrait regarder un peu plus la réalité, et la réalité c'était des jeunes de 18 ans ou des vieux de 50 ans qui n'avaient aucune envie d'être là ( pendant la 2e guerre mondiale ) et qui se battaient pour sauver leurs peaux. Les SS sont autre chose, ceux ci étant de vrais nazis, engagés bien avant que la guerre ne débute par idéologie. Toujours pour l'histoire des nazis, je doute que la hiérarchie soit l'origine de la déresponsabilisation des actes commis. Je pense que c'est juste plus facile de dire cela, dans le but d'éviter la prison ou la mort. Et la facilité ici, comme pour les Khmers rouges, est de dire " on m'a forcé, ça vient d'en haut" !
Après quand tu parle d' Abou Ghraib, désolé mais je ne pense pas que ce soit par amour de la violence que ces soldats aient fait ça. Je pense que c'est plus de la stupidité. Et quand on donne un peu de pouvoir à une personne stupide, ça donne ça.
De même je doute que tu connaisse la réalité de l'armée américaine, car la grande majorité des GI's présents en Afghanistan ou en Irak sont des jeunes ; jeunes qui pour payer leurs études très chères s'engagent dans l'armée. De fait ça n'a rien à voir avec l'amour de la violence ou de la torture.

Bref ta vision déplorable de l'armée me désole ; je trouve que c'est injurieux de qualifier des soldats comme ceux de la Wehrmacht comme étant des tortionnaires et heureux de l'être. Tu aurais pu être l'un d'entre eux, appelé et forcé d'aller au front, alors dire qu'ils y sont allé par amour de la violence, c'est honteux.

flo 25/04/2009 13:50

Bon ça a bugé...

Mais bon l'idée était là

merwan 24/04/2009 18:52

Les hommes ne sont pas amoureux de la violence? Et les soldats à Abou Ghraib en Irak qui torturaient, humiliaient ces prisionners! Et les soldats qui torturaient pendant la guerre d'Algérie, et les SS? Et même une partie des soldats de Wehrmacht! Certes tous les soldats ne sont pas des amoureux de la violence, mais quand même, on ne me fera pas croire qu'ils font la guerre juste parce qu'on le leur demande, quand ils signent, ils savent qu'ils devront peut-être tuer des gens, voire les torturer.Egalement, il est évident que comme l'expérience de l'Université de Yale qui montrait que les individus, sous couvert qu'on le leur demande, peuvent être violent avec un innocent, il est vrai que dans le cas des soldats nazis notamment, il y avait tellement de hiérarchisation de l'armée que celui en bas de l'échelle se déresponsabiliser sur celui qui était au dessus et incite de suite, on remonte jusqu'à Hitler.

laurence hansen-love 25/04/2009 12:33


Il peut y avoir de la jouissance dans la guerre en effet. 
 Thème du livre  de Jonathan Littell  , Les bienveillantes.


flo 23/04/2009 15:01

Philipe, d'accord, car jusqu'à preuve du contraire, le soldat obéit aux ordres, il ne veut pas forcément faire la guerre, et Walzer le montre très simplement : il combat la plupart du temps pour d'autres raisons que celles qui ont déclenchées la guerre ( souvent sauver sa peau ).
En 40, les soldats allemands qui patrouillaient à Montpellier disaient par exemple : "nous, tout ce qu'on veut c'est rentrer chez nous". Alors non, loin de là leur "amour de la violence" ou que sais-je encore, c'est totalement faux, et c'est même un mythe pour les légionnaires français censés aimer tuer des gens ( cf la rumeur de criminels dans la légion ). Pour moi ce ne sont que des foutaises.

Philippe 21/04/2009 22:15

Bonsoir, Trop simplement pamphétaire et sans réelle réflexion il me semble. Ce texte n'a guère d'intéret et ne développe aucun des arguments présentés comme des axiomes. Ecrit en 1928, c'est faire un peu vite fi de ceux qui se sont battus 15 ans plus tôt pour défendre des libertés, et in fine, le bonheur de tout un chacun.Par ailleurs, j'invite Lovyves à se pencher sur le jus in bellum et les diverses convention telles que celles de Genêve pour constater que la guerre n'exclu aucunement (et surtout) la conscience humaine et que "l'amour de faire souffrir" appartient au tortionnaire et non au soldat.