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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 21:17

Un livre qui explique cela très bien c'est  Les passions et  les intérêts de  Alberto Hirschmann (PUF)
 La thèse de ce livre,  très sommairement, c'est que l'économie est régie par l'intérêt et l'investissement, donc le moyen et le long terme. Tandis que la guerre obéit le plus souvent à la logique des passions  (passions vindicatives,  exaltation nationaliste, haine, fureur, rancoeur, ressentiment,etc...). Ou encore : la guerre est régie par l'espoir d'une  conquête immédiate, l'économie par la patience, la  négociation et la diplomatie. On ne détruit pas l'ennemi si on veut commercer avec lui (intérêt). 
 L'interêt unit les hommes, contrairement à ce que l'on pourrait penser superficiellement.

 (Sinon j'avais gardé ces notes d'un article du Monde) :

"L’économie n’est pas la guerre"

 Sans doute :  « l’art de la guerre emprunte  à celui du commerce » (Clausewitz).
Aujourd’hui, par ailleurs,  on parle beaucoup  de « guerre économique » (« ligne Maginot des salaires » « reconquête des marchés » ..)

 
Sur le sujet, trois livres :

Stratagèmes. Trois millénaires de ruses pour vivre et survivre . Harro Von Sen Senger

De la stratégie militaire à la stratégie d’entreprise,  général Gil Fiévet

 Antimanuel d’économie de Bernard Maris. (chapitre : la guerre économique)

Pour Bernard Maris, « la guerre, celle du Golfe incluse, est formellement identique mais essentiellement contraire au commerce ».En effet,  le commerce implique la paix (Adam Smith et B . Constant). Les grandes nations , surtout aujourd'hui,  s'enrichissent par le commerce et se ruinent dans les guerres.


Le point commun toutefois, entre guerre et stratégie d’entreprise,  est l’usage de la ruse . Car « un cœur hostile aux autres est inexcusable, mais un cœur méfiant indispensable » (Hong Zicheng) .
  La seule force n’est en aucun cas la clef de la réussite  dans la guerre. Car une stratégie doit avant tout susciter une adhésion (au général, au chef d’Etat, au chef d’entreprise). C’est ce que les américains devraient apprendre de Sun Tzu : "L’art de la guerre".

En résumé : il y a une similitude en apparence, mais sur le fond guerre et économie sont diamétralement opposées.

 

 

 

 


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Published by laurence hansen-love - dans Préparation IEP (sciences-po)
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commentaires

Julia 02/07/2009 10:11

Mais, cette distinction (guerre-passion, économie-intérêt) n'est-elle pas un peu superficielle : l'économie avec par exemple le capitalisme (c'est-à-dire le désir du profit, et non pas le besoin d'argent) ne peut -elle pas devenir tout à fait passionelle  et déboucher sur une guerre?

laurence hansen-love 04/07/2009 10:25


oui, certes. Mais les distinctions conceptuelles doivent rester claires, même si la réalité est confuse ou complexe


Baptiste 30/06/2009 18:10

Oui c'est vrai mais on ne peut complètement écarter l'idée d'une guerre rentable puisque G. Bouthoul affirme que 9 guerres sur 10 sont non-rentables, c'est tout de même qu'une sur 10 est rentable non? Et enfin il y a des bénéfices qui ne se comptent pas en dollars comme renverser un régime ennemi (financement des Contras et sabotages via CIA au Nicaragua par les EU par exemple?)

laurence hansen-love 30/06/2009 22:00


Une guerre sur 10 rentable. OK. Dont acte. mais quand?
 Je ne crois pas qu'il y ait des exemples contemporains qui soient probants. Vous me direz..


Baptiste 29/06/2009 23:49

Cependant, certaines guerre n'ont elles pas déclanchées par des intêrets tout à fait rationnels? (Pétrole, instauration du libéralisme éco,...)

laurence hansen-love 30/06/2009 15:36


Non , justement pas...
 C'est exactement l'idée à  réfuter!
 Pour les deux guerres du Golfe, elles ont coûté - il me semble -plus qu'elles n'ont rapporté. 
 La première a été approuvée par la communauté internationale, pour des raisons juridiques (un Etat (Irak)  ne peut pas annexer un autre Etat (Koweit)).
 Le besoin de pétrole, pour la seconde guerre,  est un des éléments parmi tant d'autres.
 Pour ce qui est de l'instauration du libéralisme économique, les analystes disaient en général  qu'on  ne l'impose pas par la guerre. On ne peut pas dire que l'administration Bush
obéissait à des motifs rationnels.. ( tels que l'intérêt, la seule recherche de profit).