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(1903-1993)
Né en Allemagne en 1903 , élève de Husserl et de Heidegger. Hans Jonas a été professeur à Jérusalem, au Canada, à New York et à Munich. Son principal ouvrage : Le Principe responsabilité, paru en 1979, a connu un succès exceptionnel dans le monde entier, mais il a également suscité d'assez vives polémiques.
Une nouvelle éthique, de nouvelles responsabilités
Le point de départ de Hans Jonas est la prise de conscience des menaces d'une extrême gravité que font peser sur notre environnement, mais aussi sur l'humanité tout entière, les nouvelles formes de " l'agir humain ». L'homme ne contrôle plus la technique : celle-ci répond en effet à une logique qui lui est propre, et nous ne parvenons plus à freiner cette irrésistible fuite en avant. comme l'avait bien vu Heidegger. Que faut-il faire ? L'éthique traditionnelle, fondée sur l'idée de réciprocité (égalité de droits et de devoirs entre sujets libres et égaux) ne peut fournir aucune indication : car nous n'avons pas de devoirs - à ce point de vue - à l'égard des choses, ni à l'égard d'êtres seulement potentiels ! L'éthique est donc à repenser et le " principe responsabilité " en constituera le fondement ultime : à partir du moment où l'homme a la puissance matérielle de détruire la nature, ses nouvelles responsabilités concernent la
perpétuation - devenue problématique - de l'humanité. La responsabilité est l'ensemble des obligations que nous avons à l'égard d'êtres qui n'existent pas encore : il y a responsabilité, selon Hans Jonas, là où il y a « vulnérabilité », caractère d'êtres sans défense que l'on doit protéger afin qu'ils puissent survivre ou tout simplement naître. L'impératif catégorique qui découle de ce principe peut se formuler de deux manières : « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur terre " ou encore : « Agis de façon que les effets de ton action ne soient pas destructeurs pour la possibilité future d'une telle vie".
Inquiétudes nouvelles
Si l'ouvrage de Hans Jonas pose avec netteté et profondeur les questions les plus sensibles de notre temps, il a suscité également des objections de taille, et nourrit même, à son tour, de nouvelles inquiétudes. N'est-il pas aléatoire et même dangereux de vouloir fonder une éthique sur la peur, comme le recommande explicitement Hans Jonas ? Prétendre que nous avons des devoirs envers la nature, cela ne revient-il pas à sacraliser celle-ci, ou encore à confondre être et devoir être ? Car, après tout, pourquoi faudrait-il absolument que l'être soit ou, en d'autres termes - pourquoi faut-il qu'il y ait un mon animé, une humanité, plutôt que néant? Et enfin, plus prosaïquement devrons-nous, avec Hans Jonas, préconiser, puis soutenir, une " dictature bienveillante", seule susceptible d'appliquer fermement une véritable politique de responsabilité ?
PRINCIPAL ECRIT : Le Principe responsabilité (1979).