Difficile ce matin l'émission à propos du livre de Enzo Traverso,
A feu et à sang. La guerre civile en Europe.1914-1945et
Le passé d'une illusion de François Furet, introduction de Pierre Hassner
J'ai retenu quelques fragments:
"Le communisme est une pathologie de l'Universel, le fascisme une pathologie du particulier"
"Le fascisme est une déviation monstrueuse du romantisme, le communisme une déviation monstrueuse des Lumières".
La discussion portait sur le fait de savoir si leXX siècle peut se résumer à une lutte entre deux camps: fascisme et communisme , ou bien s'il y a un troisième camp (celui qui est sorti victorieux), le libéralisme, et comment le libéralisme s'est positionné par rapport aux deux jumeaux (fascisme et communisme).
Les trois intervenants étaient quasiment d'accord.. à quelques nuances près, pour dire que l'anti- fascisme avait conduit les intellectuels d'Europe occidentale à être totalement aveugle à la réalité du stalinisme à une époque où plus personne en Europe de l'Est n'y croyait plus depuis longtemps.

Ce qui m'a le plus intéressé ce sont les remarques de A. Finkielkraut sur l'opposition Sartre/ Camus à propos de la politique conçue comme une "guerre civile".
Nous, les français, dit A.F. , nous tenons énormément à penser la politique comme une "guerre". (cf Badiou: "le chiffre du réel est deux")
Il y a deux camps, en politique. Le camp du BIen, celui des opprimés, qui ont la haine.
Et le camp des oppresseurs (camp du Mal).
Entre ennemis, aucune compromission, aucune entente n'est concevable (cf le totalitarisme: "l'ennemi ne peut être que supprimé" )
(Lénine" Vous me dites dialoguons, et moi je vous dis: collez-vous contre ce mur")
Alain Finkielkraut dit "nous (les français) avons "l'amour de la haine". Sartre disait, "l'opprimé me plaît, car il a la haine".
Au contraire, Camus a compris que la démocratie c'est accepter le conflit dans ses formes apaisées, non violentes. La démocratie, c'est la réintroduction de l'amitié -malgré tout- en politique.
Ce qui était l'idée de Hannah Arendt: la
philia est la condition de possibilité de la politique. Tandis que le totalitarisme peut se définir comme la volonté de détruire " le politique" ( le politique : art de tempérer et concilier les intérêts contradictoires)
Vous me direz si je restitue convenablement ce débat
que penser d'une société démocratique, cependant , qui ne parvient pas à exprimer ses contradictions ou ses rejets ou ses impuissances, etc, au poitn que peu à peu vienne poindre la la violence (de lEtat, des banlieux, de l'esprit concurrentiel hypertrophié, des conditions humaines diverses).
en quoi et pourquoi aucun discours (organisé) ne semble être en mesure de commencer d'exprimer le désordre ?
Mais la violence de notre société est-elle vraiment nun fait nouveau?
Ce sont les modalités qui changent, non?