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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 10:55

      

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 A quoi tient le succès du marxisme? Voici la réponse de Bertrand Russell:        

 

  « Marx prouve  d’une manière concluante que sous le capitalisme les salariés ont souffert des privations terribles. Il ne prouve pas et n'essaie pas de prouver qu'ils souffriront moins sous le communisme ; cela est un postulat impliqué dans son style et dans l'ordre de ses chapitres. N'importe quel lecteur aux tendances prolétariennes partagera avec Marx la croyance à ce postulat et il ne s'apercevra jamais qu'il n'est pas prouvé. Et encore : Marx élimine emphatiquement des-considérations éthiques comme n'ayant rien à faire avec l'évolution de la société qu'il croit dépendre des lois économiques inexorables, tout comme Ricardo et Malthus. Mais Ricardo et Malthus pensaient que ces lois inexorables apportaient inexorablement du bonheur à leur classe à eux en même temps que la misère aux prolétaires ; tandis que Marx, tel Tertullien [1], a une vision apocalyptique d'un avenir où sa classe pourra aller s'amuser au cirque tandis que les bourgeois iront se coucher en pleurant. Bien que Marx prétende ne considérer les hommes ni comme bons ni comme mauvais, mais comme simples incarnations de forces économiques, en fait il peint le bourgeois comme un être vicieux et tâche d'exciter une haine terrible contre lui chez le salarié. Le Capital de Marx est essentiellement[...]  une collection d'histoires d'atrocités dont le but est de stimuler l'ardeur martiale contre l'ennemi . Bien naturellement, elle stimule aussi l'ardeur martiale de l'ennemi. Ainsi, Marx crée la lutte de classes qu'il prophétise. C'est parce qu'il excite la haine que Marx s'est révélé une force-politique si formidable, et parce qu'il représente les capitalistes comme moralement horribles ». Russell, Essais sceptiques (1928) p 145

 Tertullien (150-220), père de l’Eglise, auteur présumé de la formule  « Je crois parce que c’est absurde ».

 

 

 

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Published by laurence hansen-love - dans Préparation IEP (sciences-po)
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commentaires

Tom 14/04/2011 10:00



Tout simplement: la nation souveraine!



Tom 13/04/2011 20:15



Quand je parlais de la fusion totale entre peuple et souverain je faisais plus allusion à Sieyés qu'à Benito Mussolini !



laurence hansen-love 13/04/2011 20:43



Sieyès? Où cela..Vous m'étonnez..


 Le mot "fusion" surprend..



Tom 10/04/2011 21:07



Oups,  j'ai raté une occasion de me taire! Moi c'est en tout cas de cette façon que je l'ai lu, j'ajouterais que
là où machiavel est original (dites moi si je me trompe je connais peu d'auteurs antérieures à Machiavel) c'est qu'il introduit le peuple comme force sociale, sinon primordiale, du moins
essentiel. L'idée d'une alliance entre Peuple et souverain, contre les notables, est annonciatrice des Empires du dix-neuvième (voire de la monarchie absolue) et peut-être aussi
des Républiques (en extrapolant encore un chouïa: l'alliance entre peuple et souverain la plus aboutie ne pouvant être qu'une fusion totale entre les deux).


@ laure: sans le vouloir vous apportez de l'eau à mon moulin, Owen est le contre-exemple total du patron du dix-neuvième! Il est inscrit dans une démarche remettant en cause la profit pour le
profit, il a déjà theorisé le déterminisme, encourage l'autogestion, justement si il se comporte d'une manière très différente de celle que j'évoquais c'est parce qu'il remet en cause le système
de fonctionnement. Ceci dit vous n'avez pas tort: tous les patrons du dix-neuvième ne maltraitaient pas leurs salariés, certains construisaient des logements, des écoles, des églises. Mais ces
mêmes patrons étaient eux mêmes pris dans la théorie de la lutte des classes: ils achetaient la paix sociale, très peu le faisaient dans l'esprit de Owen qui reste très exceptionnel. Certains le
faisaient aussi, je vous l'accorde dans un esprit de charité chrétienne, très paternaliste, et je ne suis pas sur que le mépris ait été absent d'une telle réflexion. Donc bon je ne suis pas sur
que dire que beaucoup des patrons capitalistes aient exploités les ouvriers soit foncièrement faux, ou alors vous refaites l'Histoire pour appuyer vos théories, même dans les cas où ces mêmes
patrons mettaient en place des infrastructures leurs salariés restaient quand même payés une misère et quand Marx dit que le patronat offre au salarié juste ce qu'il faut pour subsister et
procréer c'est beaucoup plus proche de la realité de l'époque que Robert Owen. Mais merci tout de même de m'avoir rappelé ce personnage réellement atypique et très intéressant...



laurence hansen-love 11/04/2011 21:14



le peuple comme force sociale.. ce n'est pas vraiment ce que l'on tient pour une spécificité de Machiavel, même si ce n'est pas faux non plus.
 Machiavel est républicain. Mais pas démocrate! Il faudrait que vous lisiez Machiavle expliqué par Th. Ménissier dans ma collection.
 Machiavel n'avait tout de même pas une idée tèrs haute du "peuple"- c'est un euphémisme (les hommes sont méchants, obtus, versatiles etc..) mais il pensait que le Prince devait gagner
ses faveurs.


Quant à votre idée d'alliance peuple / souverain.. je ne sais pas ce que vous avez en tête, mais c'est la définition du fascisme (vous trouverez sur ce blog  le texte de Mussolini qui
est la référence à cet égard)
 Qaut



Laure 09/04/2011 08:36



et puis on ne peut aps généraliser en disant que tous les "capitalistes" ont exploité les travailleurs et les méprisaient. A propos de britanniques, notamment, cf. Robert Owen, le 1er
"socialiste" anglais qui, bien que grand industriel et s'inscrivant dans une démarche libérale, n'en a pas moins, dans ses propres entrerises, réduit la durée du travail, dimunué les bénéfices
poru augmenter les salaires, construit des logements pour ses ouvries, des écoles, a été à l'origine des coopératives ouvrières, etc...



laurence hansen-love 10/04/2011 13:01



merci Laure!



Tom 08/04/2011 23:06



Elle n'a pas été theorisé, et de nombreux facteurs, là vous avez raison et Marx l'a très bien compris, font qu'en effet les individus ne se sentent pas spoliés mais accptent le système en place
car il leur semble à la fois légitime et normal (religion: opium du peuple..). Mais si marx a "ouvert les yeux" des opprimés/dominés, il y a eu avant lui des "susrsauts", pensez aux jaqueries
médievales, au révoltes de la plèbe romaine ou à la guerre d'indépendance américaine ou mieux encore l'indépendance d'Haiti...


Quant à Machiavel, relisez "le Prince": Il défend l'idée d'un rapport de force entre les petits et les gros (je ne sait plus quel terme il emploit), d'un conflit d'interet permanent. Et surtout
il encourag le Prince à s'appuyer sur le peuple, contre les notables, car les notables n'auront de cesse de vouloir spolier le prince de son pouvoir...



laurence hansen-love 10/04/2011 12:55



oui enfin en ce qui concerne le Prince pardon mais je n'ai pas besoin de le relire, (l'ayant édité dans une traduction originale) vous extrapolez...


 La notion de rapport de force y est sans doute, mais ce n'est pas bien original!