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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 17:38

 

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 L 'essayiste et  polytechnicien Bernard Perret explique dans son dernier livre pourquoi la logique économique est  difficilement conciliable avec le souci (éthique) écologique :

 

« Appliquer une démarche utilitariste sur des  sujets comme la « valeur du carbone » (le coût à imputer à ceux qui émettent du CO2) n'a aucun sens.        

On peut, dans certains cas, raisonner d'une autre manière, en considérant que les dégâts faits à l'environnement devront un jour ou l'autre être réparés. Il suffit alors de prendre en considération les dépenses nécessaires pour revenir à l'état initial. Pour toutes les atteintes réversibles à l'environnement - la plupart des pollutions entrent dans cette catégorie -, cette approche est cohérente (c'est le fameux principe « pollueur-payeur »). Mais cela ne s’applique pas aux dégâts irréversibles tels que le changement climatique. Si, à l'extrême, une destruction menace la survie de l'humanité, le prix qu'il faudrait logiquement faire payer à ceux qui en sont responsables est infini.

Sans aller jusque-là, une part importante des services gratuitement fournis par la nature n'ont pas de substitut, quel que soit le prix consenti. Il en va ainsi, par exemple, de la production d'oxygène par les plantes vertes, de la pollinisation des plantes par les abeilles ou encore des molécules aux propriétés thérapeutiques remarquables qui restent à découvrir dans les écosystèmes tropicaux. Un groupe de travail sur le sujet a récemment conclu à l'impossibilité de donner dans tous les cas un prix à la biodiversité. Il établit une distinction entre la biodiversité « remarquable » - « entités (gènes, espèces, habitats, paysages) que la société a identifiées comme ayant une valeur intrinsèque fondée principalement sur des valeurs autres qu'économiques » - et la biodiversité « ordinaire », pour lesquelles deux approches différentes sont proposées. Concernant la première, le groupe considère qu' «  il n'est aujourd'hui ni crédible - en termes de fiabilité et de pertinence des estimations - ni opportun - en termes d'insertion dans des débats mobilisant de nombreuses valeurs - de proposer des valeurs de référence ».

[…]

Au lieu de se référer à tout prix aux raisonnements économiques, mieux vaudrait prendre acte du fait qu'ils ne s'appliquent bien qu'aux décisions prises d'un point de vue égoïste. Leur pertinence est à peu près nulle pour éclairer les choix dont les conséquences s'étendent au-delà de l'horizon d'une génération. « À long terme, nous sommes tous morts », disait Keynes manière pour ce grand économiste de reconnaître les limites de son art. L'enjeu du développement durable n'est pas d'abord de préserver notre propre bien-être, voire celui de nos enfants, il est de se conduire de manière responsable vis-à-vis de nos lointains descendants, -donc de la planète. C'est un problème éthique plus qu'économique ».

 Bernard Perret,   , p 61-66

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Published by laurence hansen-love - dans Philosophie
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commentaires

Tib0 10/06/2011 13:47



Quel est le titre de ce "dernier livre" ?



laurence hansen-love 10/06/2011 15:39



"Pour une raison écologique"



max 24/04/2011 22:22



Quand dans ce monde néo-libéral, on comprendra que tout n'est pas quantifiable (idées, nature, sentiments...), on aura gagné bien des combats. 



l'oiseaurock 22/04/2011 21:01



... si vous dites : " j'ai vu une maison avec des colombes sur le toit , et des fleurs aux fenetres ..." cela ne dira rien aux gens "


mais si vous leur dites j'ai vu une maison a 1 million d'euros ...


ils vous diront comme c'est jolie !


st éxupery revu par l'oiseaurock



laurence hansen-love 22/04/2011 21:17



 NON! Stop!


 Une maison à un million d'Euros peut être hideuse, clinquante, comme les maisons des parvenus à Hollywood avec des piscines en forme de coeur!


 La maison de mes rêves, je la connais, elle ne vaut pas très chère... (pas rien non plus)


 De toute façon une maison, ce n'est pas la nature.