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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 16:13

 

Pascal-Bruckner.jpg

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/04/30/la-seduction-du-desastre_1515097_3232.html

 

 

 

Je vous recommande vivement ce texte  de Pascal Bruckner qui s'en prend aux écologistes, nouveaux prophètes de l'Apocalypse. L'article  est  brillant (comme le sont en général les textes de cet auteur) et même juste sur certains points: "  ("Enormité du diagnostic, dérision des remèdes. En gentils boyscouts, on nous prodigue des conseils d'économie ménagère dignes de nos grands-mères").

 

Pourtant la thèse générale, malgré son argumentation épatante, est fausse.

 

Parce que les axiomes sont faux:

 1) S'il est exact que les dictatures "avides de déposséder les citoyens de tous moyens d'action " exploitent la peur et tentent d'induire des formes de paranoïa, cette grille ne vaut pas pour nous. Jusqu'à preuve du contraire, nous ne vivons pas sous une dictature, et, d'autre part , notre gouvernement a  beaucoup  à perdre (cf Areva)  si les idées écologistes gagnent trop de terrain.

2) Second postulat: il y a une sorte de complot (mondial?) des écologistes pour instiller la terreur et nous obliger à limiter nos désirs, renoncer à notre confort ("monter les escaliers à pied, devenir végétariens" etc;.) etc... Mais si tel est le cas, quel profit les nouveaux prophètes  attendent-ils de leurs menaces?  Je ne vois pas bien ce que Fukushima ("une divine surprise") rapporte aux  gourous écologistes?  Quelques adhérents supplémentaires? Un peu plus de voix aux élections ? La belle affaire. On est encore assez loin d'une dictature planétaire,  d'une  emprise  profonde  sur les esprits  (P. Bruckner prétend que les écologistes sont les nouveaux papes qui veulent nous "infantiliser, nous renddre plus dociles". Mais cela les Eglises continuent de le faire très bien (cf la béatification du pape) elles n'ont pas encore besoin de relais! ).

3) Si tout s'explique en termes de complot politique et de bénéfices attendus (du règne de la terreur) -  en dernier ressort - comment expliquer la constance de l'engagement de tant et tant de philosophes (outre H. Jonas, J.P. Dupuy, M.Serres, Edgar Morin pour ne citer que les plus connus) et savants ou scientifiques  (comme Hubert Reeves ou B. Perret, auteur de  "Pour une raison écologique"). Aveuglement et exaltation typique des philosophes? Pour les philosophes, je veux bien. Mais les savants? Tous fous? Gagnés par la même délire  écologiste? 

 Seuls  Claude Allègre et Pascal Bruckner  ne tomberaient pas dans le panneau?

 

 

http://www.zegreenweb.com/sinformer/culture/%C2%AB-climat-une-planete-et-des-hommes-%C2%BB-la-reponse-des-chercheurs-aux-climato-sceptiques,20487

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Published by laurence hansen-love - dans Actualité
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commentaires

Cordroch J F 06/05/2011 10:42



Pour que cette théorie de la séparation homme -nature ,comme origine ,non du mal ,mais des disfonctionnements au sein de certaines sociétés,aux conséquences nuisibles à l'ensemble du
vivant, soit une idéologie , il faudrait qu'elle propose un modèle de société ,comportant ses règles et ses lois auxquelles l'individu devrait se soumettre . Or il n'en est rien , du
moins dans la théorie que je propose .Je me contente de donner une explication ,faite à partir de ma propre expérience, que j'ai confronté aux connaissances dont nous disposons dans les domaines
anthropologique ,psychologique ,ethnologique , sociologique etc ...



Ewa 05/05/2011 22:02



Et je vous comprends, Laurence. Je me suis rendu compte que ma question n’était pas bien claire. En fait, elle concernait la théorie (ou l’idéologie) de Cordroch J F que je n’avais pas très bien
saisi. Alors, je vais m’y replonger. :~)



Ewa 04/05/2011 23:08



La théorie de la séparation prématurée de l’homme de la "nature" étant à l’origine du "mal" dans toutes les cultures et civilisations  - c’est une sorte d’idéologie (le système d’idées
imaginées) ou pas?



laurence hansen-love 05/05/2011 20:42



je ne comprends pas -mais alors pas du tout  - vottre question!



Cordroch J F 04/05/2011 00:09



Cela pourrait laisser à penser qu'il y a d'abord chez vous un besoin  d'appartenir à une mouvance idéologique , que ce besoin l'emporterait sur le contenu de l'idéologie , et que par
conséquent ,changer d'idéologie ne vous poserait pas de problème de conscience .Et la précocité de ce besoin signifierait que  votre jeunesse ne vous aurait pas apporter de quoi combler
suffisamment votre soif de vivre ,en vous procurant pas les émotions et stimulations nécessaires à son apaisement .D'où la nécéssité pour vous ,de trouver ailleurs que dans votre vie de tous les
jours ,de quoi remplir votre esprit d'idées et de sens préconçus .


Tout cela n'est que pure hypothèse de ma part ,et même si je ne me trompais pas , vous pourriez tout à fait être parvenue par la suite, à vivre de manière suffisamment intensément pour pouvoir
vous passer de toute idéologie .Ce qui semble être le cas ,sinon je ne participerai plus à ce blog.


Mais il est regrettable que chez beaucoup d'intellectuels ,la priorité est de démontrer leur capacité de penser , c'est à dire à exercer un pouvoir de contrôle sur le fonctionnement de leur
cerveau , sans véritablement se soucier de leurs vraies motivations ,qui se résume parfois à la démonstrtion de ce pouvoir de penser .


A vous de me dire ,Laurence ce que vous pensez de cela à partir de votre propre expérience philosophique .Mais peut-être n'est ce pas l'endroit pour cela ?



laurence hansen-love 04/05/2011 21:36



Je ne qualifierai pas l'écologie d '"idéologie" car ce mot est très péjoratif à mon sens.


il y a aussi une continuité dans mon parcours .. sinueux. Je suis plus atttachés aux moralistes, aux sages(Jankélévitch) qu' à la politique.. politicienne.



Cordroch J F 02/05/2011 12:05



Suite au commentaire de Jonas ,et à votre réponse à celui-ci Laurence ,je dirai que le fait de savoir que certains ,plus ou moins grands intellectuels ,aient pu être dans leur jeunesse , et plus
généralement dans leur passé ,en contradiction au niveau des idées et des comportements ,avec ce qu'ils sont devenus par la suite ,me pose un problême ,et cela même en relativant les choses ,
notamment en les resituant dans leur contexte historique .


Je ne peux m'empêcher de penser qu'une personne changeant ses convictions philosophiques,et sa vision de l'existence au cours de sa vie ,est une personne en qui il manque un fondement existentiel
, un enracinement profond dans le terreau de l'humanité , et que donc ,ses tergiversations intellectuelles sont le signe d'une certaine instabilité spirituelle de laquelle il conviendrait de se
méfier .


Mais peut-être suis je trop instinctivement méfiant envers mes pairs .



laurence hansen-love 02/05/2011 17:12



moi-même j'ai été marxiste et même communiste dans mon extrême jeunesse. Que dites-vous de cela? Est-ce que cela invalide mes positions actuelles? Peut-être...