Partager l'article ! "Comment vivre sans Lui?": Je suis un tout petit peu étonnée par la réaction de nombreux polonais (d'après ce que je vois à la T.V. ) ...
Je suis un tout petit peu étonnée par la réaction de nombreux polonais (d'après ce que je vois à la T.V. ) à la disparition - Ô combien tragique - de leur Président.
Ils ont l'air profondément, sincèrement désespérés...
Imagine-t-on qu'il nous soit arrivé la même chose, et que notre Président bien aimé ait disparu dans un crash? Serions-nous affligés à ce point? Irions-nous par les rues en
sanglotant, en nous demandant comment surmonter l'épreuve, comment lui survivre ( j'ai vu plusieurs personnes qui disaient: "je suis perdue, j'ai peur, je suis terrorisée,
comment vivre sans Lui..").
(Je précise que j'aurais fait la même remarque, en ce qui me concerne, à propos de nos précédents Présidents..)
Vous êtes trop intellectuelle pour pleurer Sarkozy. En revanche plaise a Dieu que cela n'arrive pas, vous auriez fait comme les Polonais pour Barak Obama. Est-ce que je me trompe? Je ne suis pas un professeur de philosophie pourtant une question comme la vôtre n'aurait pas visitée mon esprit pour aucun chef d'Etat, même Castro ou Chavez.
C'est drôle cette idée : "les intellectuels n'ont pas de coeur..."
A quoi cela tient-il? Il faudrait creuser...
(il est clair que si Obama est assassiné, par exemple, je serais très triste. Il y a des hommes qui sont irremplaçables, d'autres sont plutôt interchangeables, non?)
Zut votre dernière phrase m'empeche de parler de la mediocritée de Sarkozy. Mais vous pensez vraiment que des personnes comme Mitterand et De Gaulle (je le cite par souci de neutralitée) aient été "interchangables"? Quant au président polonais il faudrait creuser pour l'engouement qu'il a pu suciter en pologne. Et pour Obama si ils mourait (assassiné?) ça me desolerait profondement (mais apres tout si Kennedy est toujours aussi populaire c'est sans doute due à son assassinat).
Je pense que pour ce qui concerne la Pologne, le catholicisme partagé, les valeurs traditionnelles, expliquent en partie cet attachement très profond, manifestement ...
Par ailleurs, je n'ai pleuré ni De Gaulle ni Mitterrand, qui n'étaient pas "interchangeables" - je vous l'accorde.
De Gaulle était un grand homme, mais pas très sympathique à la fin de son mandat (mai 68)...
Ce que je voulais dire par ce post, c'est que les polonais ont l'air de pleurer un Père de famille. Or, en démocratie, un chef d'Etat n'a plus grand chose à voir, me semble-t-il , avec un père bien aimé. C'est en ce sens que je dis que nos hommes politiques sont interchangeables. Il n'est pas difficile d'en trouver un pour remplacer celui qui fait défaut.. (cf les prétendants à la place de Sarkozy aujourd'hui)
Je n'ai jamais dit que les intellectuels n'avaient pas de coeur. Mais un coeur élastique, ils sont tristes pour la mort de certains hommes politiques portés par l'ère du temps et insensibles aux autres, pourtant élus démocratiquement.
Je crois qu'on devrait se méfier de ces intellectuels de tout comme disait Péguy. Les cas de Sartre et d'Aragon qui avaient soutenus les pis régimes totalitaires devraient suffire à immuniser certains zélotes. Les journaux le "Monde" "Libération" le "N.obs" et leur soutien aux Khmeres rouges avec les 2 millions de morts ou la joie de Michel Foucault a l'arrivée de Khomeynie ne sont pas des preuves de clairvoyances. Pour les hommes irremplaçables les cimetières en sont pleins. Quant aux hommes interchangeables dans ma vie professionnelle , je n'ai jamais vu un enseignant pilotait un avion de ligne , conduire un TGV ou dirigeait une entreprise moyenne, l'inverse est vrai. Je vous rappelle que le grand écrivain Balzac fut un médiocre entrepreneur. Je n'ai absolument rien contre les intellectuels qui ne versent pas dans l'utopie. Il faut sortir un peu de France est regarder le monde tel qu'il est et non tel qu'on le rêve.
Coeur élastique?
Etrange concept..
On ne compte plus les intellectuels qui se sont fourvoyés dans les combats ou des causes totalitaires... C'est le fameux "Mieux vaut la barbarie que l'ennui" ( Th. Gautier) ou "Par amour de l'humanité, soyons inhumains" des révolutionnaires françaispendant la commune.
Mais ce n'est pas l' absence de coeur. Ce n'est pas cela l'explication.
Il faut trouver une autre explication.
Voyez "Les Dieux ont soif" de Anatole France. Le héros est un homme de coeur, et pourtant il va dénoncer tous ses proches, pour la bonne cause.
C'est plutôt le coeur au service d'un défaut d'intelligence ou bien d'une intelligence délirante, ou exaltée. Enfin c'est compliqué. Mais je ne crois pas que les intellectuels soient pires (plus durs, plus indifférents..) que les autres hommes.
"Le péché de presque tous les gens de gauche, écrira G. Orwel en 1944 (déjà) c'est d'avoir voulu être antifascistes sans être antitotalitaires" Pour moi les intellectuels doivent être des phares et non des idéologues politiques. Lire le livre de Michel Winock " Le siècle des intellectuels (Seuil-Points/Histoire)
Tocq, je trouve vos insinuations envers les enseignants et les intellectuels en général particulièrement mal placées. A mes yeux (et je suis étudiante), un enseignant est tout aussi irremplaçable qu'un entrepreneur. J'aurais même eu tendance à affirmer le contraire si j'avais été aussi éprise de généralisations méprisantes que vous.
Pour ce qui est des intellectuels, vous ne pouvez pas discréditer tout un groupe par l'entremise de quelques exemples. Humanité et intellectualité ne sont pas antithétiques. Voyez Hugo...
D'accord avec Maria sur le statut irremplacable des enseignants (non rien a voir avec le fait que mes parents soient instits pourquoi?) regarder "être et avoir" et prenez conscience de l'importance que peut avoir l'enseignant.
Sinon Tocq j'appreci beaucoup ta citation et Orwell aussi.
Je ne comprend pas votre étonnement face à l'effarement de la population polonaise; ils n'ont pas simplement perdu leur président, mais une bonne partie des membres éminents de leur Etat... Je ne suis pas sûr qu'il n'y aurait pas un désespoir équivalent si cela devait arriver en France. Nonobstant l'actuelle impopularité de M Sarkozy (que je n'apprécie pas particulièrement, mais la vie d'un homme reste la vie d'un homme)
Après ça reste mon opinion. Mais je pense qu'on ne peut pas appréhender ce genre de chose. Après tout la mort de Staline fut un vrai bouleversement pour le peuple soviétique en mars 53, non là c'est une boutade =)
Oui, c'est exact, il y a cet aspect des choses. Mais il me semble que les polonais pleurent surtout leur Président en tant qu'incarnation de toute la nation...
Papier humoristique de Guillon sur le sujet:
http://tv.lepost.fr/2010/04/13/2029939_stephane-guillon-fait-un-mauvais-reve-le-deces-de-sarkozy-fullhdready.html
merci Oh-rel, c'est très drôle, et pas vraiment compatissant.
Il est clair que je me sens plus proche de Guillon que du peuple polonais éploré... question de tempérament?
Il y a un coté primitif face au pouvoir même chez les nations les plus développés. Des témoignages ethnologiques sur le statut de la chefferie africaine attestent que les membres de la communauté veulent avoir un Roi gras et bien nourri, riche et prospère. Quand il meurt, certaines communautés entrent rituellement dans un état de chaos et de pillages jusqu'à la désignation du successeur. C'est l'image que la la communauté veut voir d'elle même : prospère et organisée. La même chose dans les commentaires de certains commentateurs politiques quand Reagon a été victime d'un attentat. On voit toujours "le souverain" de la même manière.
oui, je partage votre analyse...
Et pourtant si Sarkozy mourait.......
Après tout le chaos est déja là alors avec ou sans chef...
On semble lire du « heureux les simples d'esprit » : les Polonais sont assez traditionalistes, peu éduqués aux valeurs ultra-rationalistes (sic), donc lorsque leur Président meurt, ils sont perdus.
Je pense que vous (et d'autres) trouvez normal qu'ils soient émus. Mais ce qu'on ne comprend pas souvent en France, c'est comment on peut être attaché à notre Président comme on l'était à nos rois (pourtant, on parle parfois de monarchie présidentielle) : il suffirait que le jeu démocratique marche, et qu'on élise un Président apprécié de tous - du moins de la majorité. Sans tomber dans le populisme ou dans le totalitarisme (je suis conscient qu'aimer beaucoup son président est proche du culte de la personnalité), je pense qu'on pourrait peut-être remettre un peu en cause notre pragmatisme excessif envers les Polonais : ne peut-on pas leur accorder le droit d'être émus ? Si, en effet ils sont empreints de traditions monarchiques, doit-on se moquer du fait que la perte d'un président sonne comme eux comme la perte d'un membre de leur famille? N'oublions pas que les Polonais ont été un peuple longtemps opprimé, et que le XXe siècle a été une apothéose en la matière...
Mais je ne critique pas les polonais..;
Je constate que nous , les français, nous n'aimons jamais notre Président plus de cent jours (état de grâçe). Après cela c'est la déception, les désillusions, et le désamour..
c'est notre système qui veut cela. Les hommes politiques font des promesses démagogiques pour être élus.. d'où la déception ensuite, évidemment....
Oui d'un coté il y a le problème de la "real politic"
Mais de l'autre il y a des populiste, aux états unis mais aussi en france (dans l'entourage de mr Sarkozy par exemple) qui prône le "story telling" une doctrine politique qui déclare qu'il suffit de dire aux gens que l'on va changer les choses pour qu'ils le croient, cette doctrine ne vise pas a faire changer les choses uniquement à se maintenir au pouvoir.
Oui, mais les Polonais étaient dans la même situation que nous avant que leur Président meure: j'ai lu que Lech Kazinsky (ça s'écrit comme ça?) était très impopulaire dans les sondages - ça doit vous rappeler quelqu'un...
Et malgré tout, ils sont très émus. Peut-être serait-ce la même chose en France? Malgré le désamour profond qu'on peut ressentir envers une personnalité/un politique, on souhaite rarement sa mort - ou alors on a un problème - donc un décès brutal peut donner un accès d'émotion si je puis dire, non? Et quand une personne décède, on ne retient que le meilleur d'elle-même (ok en ce moment c'est assez dur je dois avouer), alors pourquoi pas? Les Français sont des ronchons jamais contents, ce ne sont pas des sans coeur froids et impitoyables, nuance :)
Oui bien sûr.. personne ne souhaite la mort du'n chef d'Etat.. mais de là à être désespéré, effondré, désemparé...voilà: il y a une certaine marge..
Oups j'ai un problème! Non je ne souhaite pas la mort physique de Sarkozy mais sa mort politique et idéologique oui.
Vous n'avez aucune chance de le liquider politiquement si vous ne le tuez pas physiquement...
Désemparés, effondrés, etc, c'est relatif...Je ne sais pas si quelques interviews un peu sélectives qui tentent de capter le désespoir de certain(e)s sont représentatives du sentiment national, même si je me doute qu'ils sont (ou étaient, si c'est déjà fini) dans le désarroi. Je suis en contact avec un ami polonais, lui et sa famille ne semblent pas si horrifiés que ça - ce n'est pas pour généraliser, juste pour donner un contre exemple ^^. Enfin bref
oui, vous avez sûrement raison. Ce sont les médias...