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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 14:07

Pour en finir avec les dictateurs, la violence n'est pas la bonne réponse.
 D'abord : lire et intégrer  La Boétie. Les dictateurs doivent leur ascendant au soutien (passif ou actif)du peuple. 
La résistance passive a pour fonction de leur retirer ce soutien.
 Lire ici:

http://www.franceculture.com/emission-les-idees-claires-petit-manuel-de-la-revolution-non-violente-2011-03-01.html

 

 (Voyez Kadhafi et ses partisans. Il est facile de comprendre que de très nombreux lybiens soutenaient le pouvoir et en constituaient le socle populaire et la  justification. Il ne sera pas facile de tourner la page, même si Khadafi et sa famille s'évaporaient brusquement, ce qui est par ailleurs improbable.

 Aujourd'hui évidemment, le temps de l'option de  la non-violence en Lybie est révolu, idem en Côte d'Ivoire)

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commentaires

Nicolas 03/03/2011 18:19



A propos du Discours de la servitude volontaire de La Boétie, j'ai dénombré plusieurs causes à cette servitude "volontaire" parmis lesquels deux qui semblent infimer la thèse selon laquelle cette
servitude est "volontaire".


La première est l'habitude du peuple à être asservit. La Boétie montre que les hommes nés sous le joug se contentent de cette situation parcequ'ils ne connaissent pas la liberté (ils prennent
pour naturel leur état de naissance). Mais cette première cause ne semble pas relever de la volonté, cette ignorance de la liberté n'est pas volontaire. Il donne même l'exemple des Vénitiens qui
sont "formés dès le berceau" à maintenir leur liberté et à vivre en République. La solution serait donc d'éduquer le peuple mais s'ils sont sous le joug d'un tyran tout puissant, ils ne peuvent
pas accéder à cette éducation même si ils en ont la volonté (à supposer qu'ils aient la connaissance de son existence).


La seconde raison est la satisfaction (ou du moins l'illusion de satisfaction) du peuple en prenant l'exemple de Cyrus qui pour mettre un terme à la révolte des Lydiens met en place des "maisons
de débauches et de prostitution, des tavernes et des jeux publics". Il montre aussi que le tyran manipule le peuple par l'utilisation du langage (qui est "un tyran très puissant" selon
Gorgias dans l'Eloge d'Hélène) et même par la théâtralisation du discours. La Boétie montre d'ailleurs plus loin que le tyran s'adresse à "la partie ignorante et grossière du peuple" afin de
mieux le manipuler. Ainsi on rejoint le premier problème qui a attrait à l'éducation. Pour cette deuxième cause, il parait tout aussi évident que le peuple ne se fait pas manipuler
volontairement.


La troisième cause de cette servitude "volontaire" étant celle à laquelle vous faite référence ici (le tyran a construit un réseau et une grande partie a plus intérêt d'être sous la domination du
tyran que d'être libre). Mais justement, à la vue des deux premières causes mentionnées ci-dessus, peut-on vraiment parler de servitude "volontaire" ?


Pourquoi, si cette servitude dépend seulement des intérêts particuliers des collaborateurs de Khadafi, ces collaborateurs ne se manifestent pas et par leur plus grand nombre (selon la thèse de La
Boétie) mettent un terme à la révolte ? Il semble aujourd'hui qu'il ne reste plus qu'une vingtaine de milliers d'hommes qui soutiennent Khadafi.


 


Je vous remercie pour vos éclairements.



laurence hansen-love 03/03/2011 20:49



Le mot "volontairement" est ambigu. Ce n'est certes pas une volonté explicite. Mais c'est un consentement tacite...


 Quant  à l'éducation, elle ne règle pas tout. Les allemands en 1930 n'étaitn pas analphabètes.


 En vérité, le consentement des peuples à la tyrannie s'explique aussi par l'intérêt, la cupidité, la lâcheté, la crédulité... et aussi ce que Arendt nomme "l'absence de pensée"