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Réussir l'explication
La lecture dite « linéaire »
Contrairement que vous est parfois suggéré dans d’autres disciplines, il ne convient pas de survoler le texte en résumant ses deux ou trois grands « mouvements ». En philosophie, nous recommandons une lecture « mot à mot ». Chaque phrase sera expliquée, l’une après l’autre, et les mots difficiles, ainsi que les « concepts clés », retiendront plus particulièrement votre attention. Il ne faut passer sous silence les difficultés du texte. C’est l’inverse qu’il faut faire !
Le commentaire « critique » sera séparé de l’explication : il pourra comporter deux points (approfondissement d’une ou deux interrogations formulées en cours d’analyse).
Eviter la paraphrase à tout prix
Le pire défaut de cet exercice, outre le contresens, est la « paraphrase ». Paraphraser un texte signifie redire ce que dit l’auteur en employant des mots plus courants, en banalisant ses idées et en escamotant toutes les incertitudes ou affirmations embarrassantes. Pour éviter la paraphrase, soyez honnête ! Vous pouvez même avouer votre perplexité, ce n’est pas interdit. Expliquez le texte comme vous le feriez en vous adressant non pas à un professeur, mais à quelqu’un qui ne le comprend pas. Il faut l’éclairer-en donnant le sens des mots, en illustrant les principales affirmations de l’auteur - et non pas l’embrouiller en introduisant inutilement des informations sans rapport direct avec le sujet.
Dégager la logique sous-jacente du texte
Au brouillon, cherchez quel est le thème du texte, quelle est la question du texte, et quelle est la thèse de l’auteur. Une fois cette thèse trouvée, demandez-vous quels moyens l’auteur emploie pour établir sa thèse (exemples, contre-exemples, discussions des objections..). La structure logique de cette démonstration apparaît dans les mots de transition tels que « donc», « mais », « d’un autre côté », « cependant », « or » etc… Vous pouvez les souligner au stabilo. Ainsi, au fur et à mesure de votre explication, vous insisterez bien sur le caractère démonstratif du texte. Vous mettrez en relation, par exemple, une hypothèse énoncée en début de texte puis sa reprise sous une nouvelle forme par la suite, ce qui la contredit, ce qui la confirme ou l'illustre.
Vous pouvez faire un brève partie "critique" (discussion et approfondissement d'un ou deux points délicats). Mais ne "critiquez pas" l'auteur de manière maladroite, en suggérant qu'il n'a pas bien réfléchi, qu'il n'a pas pensé à ceci ou à cela!
Pour finir, vous conclurez en montrant en quel sens un problème a bien été traité, et en quel sens l’argumentation de l’auteur vous a paru éclairante, probante (ou pas avec prudence). N'oubliez pas que l'intérêt d'un texte tient à sa capacité de susciter de l'étonnement.
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