Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 15:44

Russell-copie-4.jpg

 

 

  Le philosophe est par nature citoyen de l'univers:

 

« L'esprit qui s'est accoutumé à la liberté et à l'impartialité de la contemplation philosophique, conservera quelque chose de cette liberté et de cette impartialité dans le monde de l'action et de l'émotion; il verra dans ses désirs et dans ses buts les parties d'un tout, et il les regardera avec détachement comme les fragments infinitésimaux d'un monde qui ne peut être affecté par les préoccupations d'un seul être humain. L'impartialité qui, dans la contemplation, naît d'un désir désintéressé de la vérité, procède de cette même qualité de l'esprit qui, à l'action, joint la justice, et qui, dans la vie affective, apporte un amour universel destiné à tous et non pas seulement à ceux qui sont jugés utiles ou dignes d'admiration. Ainsi, la contemplation philosophique exalte les objets de notre pensée, et elle ennoblit les objets de nos actes et de notre affection ; elle fait de nous des citoyens de l'univers et non pas seulement des citoyens d'une ville forteresse en guerre avec le reste du monde. C'est dans cette citoyenneté de l'univers que résident la véritable et constante liberté humaine et la libération d'une servitude faite d'espérances mesquines et de pauvres craintes.

Résumons brièvement notre discussion sur la valeur de la philosophie : la philosophie mérite d'être étudiée, non pour y trouver des réponses précises aux questions qu'elle pose, puisque des réponses précises ne peuvent, en général, être connues comme conformes à la vérité, mais plutôt pour la valeur des questions elles-mêmes ; en effet, ces questions élargissent notre conception du  possible, enrichissent notre imagination intellectuelle et diminuent l'assurance  dogmatique qui ferme l'esprit à toute spéculation; mais avant tout, grâce à la grandeur du monde que contemple la philosophie, notre esprit est lui aussi revêtu de grandeur et devient capable de réaliser cette union avec l'univers qui constitue le bien suprême ».

B, Russell, Problèmes de philosophie (1912),

Éd. Pavot, 1975, pp. 185-186.


 

Partager cet article

Repost 0
Published by laurence hansen-love - dans Philosophie
commenter cet article

commentaires

Tom 05/07/2011 23:19



ça va votre dernier commentaire sur un ton débonnaire équilibre ...



laurence hansen-love 07/07/2011 11:18



?



Cordroch J F 05/07/2011 11:38



Allez y mollo Tom ,ou je vais commencé à me la pêter grave .



Tom 04/07/2011 15:51



Quel lyrisme Jean-Francois! (et je ne suis pas sarcastique )



Cordroch J F 03/07/2011 11:32



On ne décide pas de devenir philosophe en décidant de s'intéresser à la philosophie ,en décidant d'acquérir des connaissances à l'aide d'une méthode de travail consistant à classer les choses
dans des cases pévues à cet effet . Le résultat d'une telle méthode de penser peut se comparer à une haute tour de béton et de verre à l'intérieur de laquelle se trouvent des compartiments
cloisonnés qu'il faut remplir avec ce qui leur est destiné .


Pour moi la philosophie consiste à être comme une éponge ,c'est à dire que le monde s'imprègne en vous , comme l'eau imbibe l'éponge .Il y a au départ un potentiel d'imprégnation du à la qualité
intrinsèque de l'individu , de sa sensibilité naturelle .Ensuite ,c'est la vie qui décide selon les évènements se produisant .Le résultat de cette manière de penser n'a donc pas de forme
prédéfinie par un contenant préfabriqué ,elle est multiforme et indéfinie .Un philosophe selon moi, n'a donc ni patrie ,ni passé ,ni futur ,il est en fonction de qui est et qu'il éprouve au plus
profond de lui-même , il est une réplique du processus naturel de vie ,il se situe au dessus de ce qui n'est qu'humain , et c'est cela la liberté ,pouvoir voler au dessus des conditions
d'existence crées par la raison humaine .



Spielhur012 01/07/2011 23:39



J'ai pris celui sur l'argent et la démocratie. Le sujet sur les frontières ne me disait pas grand chose. J'ai vite pensé à Montesquieu et la distribution des pouvoirs, à la relation ami-ennemi de
Karl Schmitt, à la bureaucratie et la Nation de Weber, mais c'est tout, je ne voyais pas vraiment comment élaborer un plan dessus. En plus, le sujet 1 m'a beaucoup inspiré, donc j'ai opté pour
lui.



laurence hansen-love 02/07/2011 17:44



Et bien c'était courageux.. j'espère que vous avez réussi!