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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 13:07

Sport et religion :

Gagner et mourir !

 

Serge Provost

Professeur de philosophie

 

L’origine maya du baskett-ball ?

 

Dans l’extrait ci-dessous, Jeux sportifs sacrés, l’auteur ne mentionne pas que, chez les Mayas, le gagnant de la compétition était sacrifié au Dieu. C’était un insigne honneur d’être ainsi offert à la divinité. Pour être personnellement allé à deux reprises sur ces sites, Chichén Itzá, Tulum, Coba, je peux vous assurer de leur sublimité. «Do you realy want to play sport and religion ?», demandait le guide touristique.

 

Lecteurs de ce blogue, croyez vous-que Tony Parker serait preneur ? Cela vous tente-t-il de jouer au basket religieux tendance maya ? 

 

Jeux sportifs sacrés

«Les courses sacrées sont pareillement connues des sociétés traditionnelles. Chez les Indiens Nimuendaju en Amérique du Sud, une course fait partie des cérémonies d'initiation des jeunes garçons dont chacun court avec un petit morceau de bois, symbole de l'âme des morts. La lutte ne manque pas non plus de liens avec le sacré. Au Japon, les secrets du jiu-jitsu, connu sous le nom de judo, ont été gardés et transmis dans les temples. En Manipur, dans le Sud-Est asiatique, les Quoireng-Naga célèbrent la fête des morts par des jeux de lutte. Des jeux, parfois très grossiers, sont plus ou moins courants aux veillées mortuaires, dans les villages européens. En Irlande, ils se présentent cependant sous une forme dont la lutte est l'élément dominant. En effet, les funérailles paysannes irlandaises auraient été autrefois mal considérées si elles n'avaient été marquées par une mêlée généralisée où tout le monde se battait contre tout le monde jusqu'à épuisement total. Le signal de départ était généralement donné par le plus proche parent du défunt qui frappait d'abord la personne à côté de lui, également membre proche de la famille. Celui-ci bondissait sur son autre voisin, et l'expansion de la bataille sauvage suivait ainsi une certaine voie de hiérarchie sociale.»

 

«Le jeu sportif possède également des rapports étroits avec la religion. Les jeux Olympiques des cités helléniques de l'Antiquité, d'abord à Olympe puis à Delphes, Corinthe, Némée et ailleurs, furent fondés et continués dans un but religieux. C'est aussi le cas des jeux rituels de balle au Mexique précolombien, où chacune des grandes cités avait sa propre place de jeu appelée en aztèque tlachtli. Elle était de forme oblongue divisée en quatre parties quadrangulaires et munie, sur les deux côtés les plus longs, de murs. Les joueurs devaient jeter leur balle à travers un anneau placé sur chacun des deux murs, obliquement chez les Mayas, Totonacs et Zapotèques, verticalement chez les Toltèques et Aztèques. La balle était en caoutchouc et très lourde, et les joueurs ne devaient jamais la toucher de la main, mais seulement de la tête, de l'épaule, du côté, de la hanche ou du pied. Dans le symbolisme religieux de ce jeu sacré, la place représente le ciel, la balle volante le soleil, et les deux anneaux les trous des bordures de la terre que le soleil traverse le matin et le soir. Les joueurs, eux, incarnaient les étoiles du dieu du ciel nocturne, Tezcatlipoca, mais le jeu avait son propre dieu, Xokhipilli. Ce jeu de balle, qui n'a pas perdu son caractère religieux, est encore assez répandu dans les ethnies autochtones des Amériques. Elles pratiquent aussi un autre jeu, joué avec une balle tressée de feuilles de maïs, dans lequel les joueurs ne peuvent utiliser que leurs mains.»

 

Extrait de: Ethnologie du jeu, de Geza de ROHAN-CSERMAK, professeur à l'université Laval, à Québec, in Encyclopédia Universalis, 2011

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Published by laurence hansen-love - dans Préparation IEP (sciences-po)
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