Mardi 21 juin 2011 2 21 /06 /Juin /2011 22:08

 

 

  [La  notion de « désobéissance » peut être prise en  plusieurs sens . Il peut s’agir de désobéir ,  de refuser de s’incliner devant telle ou telle autorité,  pour des raisons personnelles, comme un enfant qui  désobéit à ses parents par exemple, ou comme un adulte révolté ou rebelle.  Mais on peut également penser à la « désobéissance civile », qui est une désobéissance délibérée à la loi pour des motifs religieux , moraux ou politique. L’expression « désobéissance civile » peut aussi renvoyer à la contestation d’une politique lorsque celle-ci s’exprime par le non respect des lois en vigueur.]

 

 

 

A propos du devoir de  désobéissance civile:

 

 « D'une façon générale, un homme n'a évidemment pas le devoir de se consacrer à l'abolition de tout le mal existant, s'agirait-il même des pires abus ; il peut parfaitement avoir d'autres préoccupations et d'autres engagements ; mais c'est son devoir, tout au moins, d'essayer d'avoir les mains nettes, et lors même qu'il n'y consacre pas toutes ses pensées, de refuser pratiquement de le soutenir. » Thoreau ne prétendait pas qu'essayer d'avoir les mains nettes suffise à améliorer le monde, ni que ce soit un devoir pour l'homme de travailler à cette amélioration. Il « n'est pas principalement venu au monde pour en faire un lieu où il fasse bon vivre, mais pour y vivre, que le lieu soit bon ou qu'il soit mauvais ». En fait, c'est bien ainsi que nous entrons tous dans le monde - heureux si ce monde ou la place qui nous y est faite à notre arrivée est un lieu où il fait bon vivre, à tout le moins où les abus existants ne sont pas « de telle nature qu'ils vous contraignent à devenir un agent de l'injustice exercée à l'égard d'autrui ». Car, si tel est le cas, « je dirai : il faut violer la loi ». Thoreau avait raison : la conscience individuelle n'exige rien de plus. 

En ce cas, comme toujours, la conscience est apolitique. Elle ne s'intéresse pas en priorité au monde où existent des abus, ou aux conséquences que ceux-ci peuvent avoir sur l'avenir de ce monde. Elle ne nous répète pas, avec Jefferson : « Je tremble pour mon pays quand je songe que Dieu est juste ; que Sa justice ne peut pas être pour toujours en sommeil », car elle ne tremble que pour l'individu et sa propre intégrité. Elle pourrait donc encore se montrer beaucoup plus radicale, et s'écrier, comme le fait Thoreau : « Ce peuple doit cesser d'avoir des esclaves, même s'il devait lui en coûter son existence en tant que nation"  ".  H. Arendt,  Du mensonge à la violence

 

1. Toutes les citations ont été tirées de l'ouvrage de THOREAU, On the Duty of Civil Disobedience (1849) : tr. fr., La désobéissance civile, suivie de Plaidoyer pour John Brown, J.-J. Pauvert, 1968.

2. Notes sur l'État de Virginie, Question XVIII (1781-1785).

 

 

http://www.hansen-love.com/article-desobeir-en-democratie-57226238.html

 

http://www.hansen-love.com/article-revolutions-l-option-non-violente-67479478.html

 

Par laurence hansen-love - Publié dans : Préparation IEP (sciences-po)
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