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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 13:14

 

Voici pourquoi j.C.  Michéa (auteur du "Complexe d'orphée. La gauche , les gens ordinaires et la religion du progrès"  défend  l'idée de "décroissance" :

 


"La décroissance n'est ni une « croissance négative » ni le simple envers de la croissance telle que nous la connaissons aujourd'hui. Elle doit être comprise, au contraire, comme une remise en question radicale des présupposés matériels et idéologiques sur lesquels repose l'imaginaire de la croissance officielle, ou plus exactement (puisque tel est le vrai nom de cette dernière) de cette accumulation illimitée du capital qui constitue, depuis l'origine, le principe même de la civilisation libérale et qui nous est présentée à longueur d'écran comme un processus naturel, inéluctable et irréversible, censé  résoudre tous les problèmes rencontrés par les sociétés humaines. Or il existe au moins deux types d'objections de bon sens qui invitent à critiquer un tel mythe. D'une part, nous vivons dans un monde fini, ce qui implique que les ressources de la nature ne sont pas inépuisables (et ceci vaut désormais tout aussi bien pour ces « terres rares » dont l'exploitation intensive conditionne pourtant le développement de ces « nouvelles technologies » dont les idéologues libéraux nous promettent monts et merveilles). Et d'autre part, l'idéologie de la croissance ne peut, par définition, intégrer dans ses calculs abstraits que les activités humaines qui dégagent de la valeur marchande ajoutée.
D'un village malgache qui pratique l'autosubsistance alimentaire, on dira donc qu'il ne crée aucune richesse nouvelle tandis qu'à l'inverse, ceux qui spéculent sur le prix du riz ou du blé (quitte à affamer pour cela des régions entières de la planète) seront considérés par les dirigeants du FMI comme des entrepreneurs parfaitement rationnels et donc, à ce titre, comme de véritables bienfaiteurs de l'humanité. Ce primat structurel de la valeur d'échange sur la valeur d'usage conduit donc, et de manière inéluctable, à édifier un monde dans lequel on privilégiera toujours la satisfaction des envies et des caprices les plus immatures (un écran plat, un iPhone, une nouvelle voiture) au détriment des besoins matériels
 et moraux les plus élémentaires de l'humanité (la santé, l'éducation, le logement, la culture, un travail décent, etc.).

Une société dont la croissance constituerait le socle anthropologique majeur en dehors du fait qu'elle devra tôt ou tard se briser sur le mur écologique - se situe donc, par définition, aux antipodes des valeurs morales et philosophiques qui ont toujours soutenu le projet socialiste"
  (Causeur, oct. 2011)

 

 

 

 

http://aevigiran.over-blog.com/article-jean-claude-michea-le-complexe-d-orphee-la-gauche-les-gens-ordinaires-et-la-religion-du-progres-86205116.html

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Published by laurence hansen-love - dans actualité politique
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commentaires

Cordroch J F 20/10/2011 12:46



C'est exactement ce que je dis lorsque je  ne cesse de repeter sur ce blog que la raison et la rationalité humaine sont contre-nature .Tant que l'intelligence humaine sera au service des
désirs et des phantasmes d'individus éprouvant le besoin de dominer une nature dont ils sont séparés , on a de gros soucis à se faire quant au devenir de notre monde .



laurence hansen-love 20/10/2011 21:27



oui, j'ai vu les acquaintances