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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 13:35

Mais comment la vertu est-elle transmise?

 

 

 

  L’éducation et la république

 

En république, le citoyen est souverain. C’est pourquoi la vertu, c’est-à-dire le principe qui l’anime, en est la condition. Il appartient à l’éducation d’inspirer cette vertu, c’est-à-dire l’amour de la république :

 

« C'est dans le gouvernement républicain que l'on a besoin de toute la puissance de l'éducation. La crainte des gouvernements despotiques  naît d'elle-même parmi les menaces et les châtiments; l'honneur des monarchies est favorisé par les passions, et les favorise a son tour: mais la vertu  politique est un renoncement à soi-même qui est toujours une chose très pénible.

On peut définir cette vertu, l'amour des lois et de la patrie. Cet amour, demandant une préférence continuelle de l'intérêt public au sien propre, donne toutes les vertus particulières; elles ne sont que cette préférence.

 Cet amour est singulièrement affecté aux démocraties. Dans elles seules, le gouvernement est confié à chaque citoyen. Or, le gouvernement est comme toutes les choses du monde: pour le conserver, il faut l'aimer.

On n'a jamais ouï  dire que les rois n'aimassent pas la monarchie, et que les despotes haïssent le despotisme.

 Tout dépend donc d'établir dans la république cet amour; et c'est à l'inspirer que l'éducation doit être attentive. Mais, pour que les enfants puissent l'avoir, il y a un moyen sur: c'est que les pères l'aient eux-mêmes.

On est ordinairement le maître de donner à ses enfants ses connaissances; on l'est encore plus de leur donner ses passions. Si cela n'arrive pas, c'est que ce qui a été fait dans la maison paternelle est détruit par les impressions du dehors.

Ce n'est point le peuple naissent qui dégénère; il ne se perd que lorsque les hommes faits sont déjà corrompus ».

 

 Montesquieu, De l’Esprit des lois (1748), Première partie, Livre IV, chapitre V, p 160, Ed. G.F. Flammarion

 

 

 

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Published by laurence hansen-love - dans Philosophie
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commentaires

cordroc'h jean françois 07/06/2011 17:02



Je viens de me rendre compte que j'ai mis un X à Montesquieu ,mes excuses pour cette erreur .



cordroc'h jean françois 07/06/2011 17:00



Pour faire suite à mon commentaire précédent ,ce n'est pas l'éducation des enfants par les pères qui inculquera aux premiers les valeurs qui doivent faire de ceux ci des "bons" citoyens .Et cela
pour la simple raison que c'est justement , à mon avis ,le fait que se soit le père qui représente l'autorité ,qui fait que rien ne fontionne dans nos sociétés ,je dirai même dans notre
civilisation .


Avant de vouloir éduquer les enfants , il conviendrait d'abord de leur transmettre l'amour et la passion de la vie , de manière à ce qu'ils disposent d'une base affective solide et sécurisante
,qui leur permettra alors d'assimiler par eux mêmes ,les véritables valeurs de la vie .Or cet amour de la vie ,c'est la mère qui seule peut le transmettre , à condition , que le père ,en tant que
représentant de l'autorité qu'est l'idéologie à laquelle il est soumis ,laisse les choses se faire comme elles devraient se faire .Ce qui n'est pas le cas ,dans notre civilisation patriarcale et
matchiste , qui se targue d'être l'exemple à suivre .


Contrairement à ce que dit Montesquieux ,je pense pour ma part , que l'intérêt publique ne peut être véritablement pris en compte par l'individu ,que si celui-ci éprouve d'abord une satisfaction
de soi-même , ce qui lui évitera de chercher a travers un "amour" pour la patrie ,la république etc ...un substitut donnant un sens à son existence , qu'il abonnera le jour ou il trouvera un
substitut plus efficace .


L'intérêt publique ne s'apprend ,ni ne s'inculque pas , c'est une question de la  capacité de l'individu de prendre conscience de lui-même et par conséquent des autres . C'est une chose
qui s'assimile au cours des premières années de son existence , sans que l'on en ait conscience , et qui se révèle ensuite dans ses relations avec les autres .L'éducation telle que la
conçevait Montesquieux,ne peut que fournir à l'individu un rôle qu'il doit jouer ,afin que la comédie qu'est la démocratie puisse permettre à certains de croire qu'ils sont parvenus à réaliser
leur idéal de société .On voit aujourd'hui le résultat de la croyance du peuple à l'efficacité des lois et principes de la république et de la démocratie, que ceux qui les font
adopter ,sont les premiers à baffouer .


Je n'ai jamais réussit à croire au moindre discours des hommes politiques . J'ai touljours éprouvé en les entendant ,un malaise ,du à la désagréable impression que tout n'était que mensonges à
faire avaler à ceux ne disposant justement pas de cet amour de la vie , et ayant donc besoin de modèle existentiel à respecter .


Mais peut être suis-je un cas à part, ayant tendance à faire de mon cas ,ce que devrait être tous les autres .Toujours est-il que je me sens parfaitement en règle avec ma conscience ,et que j'ai
la certitude de ne pas avoir en moi la moindre intention de nuisance envers qui que se soit .Par contre ,j'ai beaucoup de mal à supporter le déni de réalité , la fuite face à celle-ci , autrement
dit la lacheté de l'homme lorsqu'il sagit de reconnaître ses erreurs et ses fautes . C'est en cela que j'ai horreur du matchisme ,du refus de la part du sexe masculin de reconnaître le rôle
fondamentale de la femme au sein de la collectivité .Et l'homme occidental ose se prétendre civilisé . Il ne le sera vraiment que lorsqu'il fera son méa-culpa d'avoir été si lache depuis des
milliers d'années .


Je me suis un peu laisser emporter dans ce commentaire , mais ce qui est dit  est dit . Je peux m'expliquer plus en détail pour ceux que cela interesserait .