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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 12:36

 

 

 

11. Russell. Vérité absolue et vérité «technique»

 

            Il suffit de prendre en compte l’histoire des sciences pour comprendre que la vérité scientifique n’est pas absolue - contrairement aux croyances religieuses.

 Le savoir scientifique (attesté mais relatif)  bouleverse donc notre approche de la vérité:

 

               " Un credo(1) religieux diffère d’une théorie scientifique en ce qu’il prétend exprimer la vérité éternelle et absolument certaine, tandis que la science garde un caractère provisoire : elle s’attend à ce que des modifications de ses théories actuelles deviennent tôt ou tard nécessaires, et se rend compte que sa méthode est logiquement incapable d’arriver à une démonstration complète et définitive. Mais, dans une science évoluée, les changements nécessaires ne servent généralement qu’à obtenir une exactitude légèrement plus grande; les vieilles théories restent utilisables quand il s’agit d’approximations grossières, mais ne suffisent plus quand une observation plus minutieuse devient possible. En outre, les inventions techniques issues des vieilles théories continuent à témoigner que celles-ci possédaient un certain degré de vérité pratique, si l’on peut dire. La science nous incite donc à abandonner la recherche de la vérité absolue, et à y substituer ce qu’on peut appeler la vérité «technique», qui est le propre de toute théorie permettant de faire des inventions ou de prévoir l’avenir. La vérité «technique» est une affaire de degré : une théorie est d’autant plus vraie qu’elle donne naissance à un plus grand nombre d’inventions utiles et de prévisions exactes. La «connaissance» cesse d’être un miroir mental de l’univers, pour devenir un simple instrument à manipuler la matière. Mais ces implications de la méthode scientifique n’apparaissaient pas aux pionniers de la science : ceux-ci, tout en utilisant une méthode nouvelle pour chercher la vérité, continuaient à se faire de la vérité elle-même une idée aussi absolue que leurs adversaires théologiens".

 

(1) En latin : «je crois», désigne un dogme, un article de foi.

 

            Science et religion ( 1935 ), trad. P. R. Mantoux, Gallimard, coll. Folio, 1990, p.

 

 

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Published by laurence hansen-love - dans Philosophie
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commentaires

Stéphanie 20/12/2011 12:41


Vous connaissez sans doute le principe du rasoir d'Oxam ? ....


(bon , en fait com'd'ab' je ne sais plus l'écrire et en plus ce n'est pas un principe mais plutôt une méthode( ? )....) Bon , en gros ça dit qu'entre deux théories concurentes en sciences il
conviend de choisir la plus simple car elle est probablement la plus proche de la vérité .


Exemple : un savant avait inventé une explication trés tarabiscottée du cours des planettes avec la terre au centre du systéme et les planétes faisaient des tas de boucles et des trucs comme
faire marche arriére et ça marchait en théorie ....


Mais la théorie de Galilée marchait aussi et elle était beaucoup plus simple avec ses élipses autour du soleil et elle était vraie ....


Bon , c'est mal expliqué mon truc ....

louis 06/03/2011 15:26



"Il suffit de prendre en compte l’histoire des sciences pour comprendre que la vérité
scientifique n’est pas absolue - contrairement aux croyances religieuses."


Je trouve paradoxal et intéressant que l'on peut considérer que la science n'est plus en phase d'accéder à la vérité absolue (mais à la necessaire modification de ses théories au fil du temps)
tandis que les dogmes religieux peuvent être des "vérités absolues" (chacun voyant midi à sa porte évidemment) sur des fondements qui ne sont aucunement rationnels. 


 


 



laurence hansen-love 06/03/2011 16:09



ce n'est pas du tout paradoxal, mais c'est décisif!