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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 09:12

c-est-la-culture.jpg

 

 

 

C'est la réponse d'une mère d'élève (un "cancre") au CPE qui lui téléphonait  pour lui parler des difficultés de son fils..

 Ce matin à Répliques, il  a été question de "violence symbolique" (la souffrance que les profs imposent aux élèves, à al manière de Socrate tirant les jeunes hors de la caverne...)

 Pierre Jourde dit que les enfants peuvent aimer qu'on leur fasse violence (je parle de "violence symbolique": apprendre par coeur une poésie par exemple).
 J'aimerais avoir votre avis sur cette question, mais il me faudrait aussi l'avis des "cancres" qui , je le crains, ne sont pas si nombreux parmi mes visiteurs...

 

 

http://www.franceculture.com/emission-repliques-la-culture-etat-des-lieux-2011-04-23.html

 

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Published by laurence hansen-love - dans Culture générale
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commentaires

Tom 10/05/2011 09:03



Ne suis pas un cancre, pourtant je suis paresseux et je ne me suis jamais foulé. Le choc pour moi date de la première et de la découverte de Bourdieu: je me rend alors compte que ce qu'on appelle
"des facilités" c'est ce que Bourdieu appelle lui "le capital culturel". En realité je suis un rentier de mon capital culturel...



laurence hansen-love 10/05/2011 21:45



quelle belle lucidité...



theknife 26/04/2011 23:13



Bonjour Laurence,


Je suis une de vos fidèles lectrices depuis plusieurs mois et je me permets d'apporter mon témoignage (je trouve la question posée très interressante !)


Je crois que j'aurais pu être une cancre. L'école ne m'a jamais vraiment passionnée (elle ne répondait à aucune de mes questions existentielles) mais mon amour immodéré pour la littérature, ma
curiosité face à tout ce qui pouvait me cultiver puis, ensuite, la découverte de la philo m'ont sauvée. En définitive, avant cette année, aucun cours ne m'avait
jamais ébranlé.  Mais comme c'est l'année du bac, je me suis mise au boulot et ça a vraiment porté ces fruits. J'ai alors fait un constat : j'avais peur de l'échec. Peur de me
rendre compte de mes faiblesses dans certaines matières ou bien de réaliser que je suis bien loin de mes ambitions. Je me mettais la barre trop haut et je manquais de
confiance en moi. Je ne vais pas mentir : prendre le taureau par les cornes, trouver ses failles et bosser pour les effacer, au début ca fait mal. Mais voir peu à peu nos progrès accomplis,
ca n'a pas de prix !



laurence hansen-love 27/04/2011 20:37



Oui, je vois cela souvent: les enfants qui ne travaillent pas, car ils ont peur, s'il travaillaient, d'échouer pourtant.


 Ce n'est donc pas exactement de la paresse. Et vous prouvez que ce n'est pas non plus une pente fatale! A bientôt!



Alou 26/04/2011 21:25



Je ne suis pas vraiment un cancre, j'ai plutôt été un élève moyen considéré comme travaillant largement en dessous de ses capacités. Bref un glandeur ! Je pense pouvoir témoigner en connaissance
de cause. Je ne crois pas que la violence "symbolique" stimule forcément tout ceux que l'on apelle des cancres, car les cancres regroupe en fait une grande famille comprenant plusieurs
sous-espèces dont les déterminismes subis et les modes de vies adoptés peuvent être vraiment différent ! Quoiqu'il en soit, j'ai remarqué en ce qui me concerne, que les cancres qui provenaient de
milieux défavorisés et surtout avec un patrimoine culturel très pauvre, échouaient généralement dès le collège ! Et de plus ceux-ci étaient généralement beaucoup plus sensible aux regards des
autres et à l'effet "m'as-tu-vu" en vogue dans les cours de collège...Je parle de ILS mais ça pourrait être tout aussi bien ELLES ! J'ai un ami par exemple, qui, je n'en doute pas possède un bon
sens redoutable, il me disait (et je n'ai aucun mal à le croire) qu'il était parmi les meilleurs de sa classe à l'école primaire avec un enseignement classique (pas dur me direz-vous, mais
pourtant ça joue tellement dans la réussite par la suite, quoique...) il a fait le con au collège (être le mec cool qui brave l'autorité des profs toussa, toussa, qui fait marrer les copains,
toussa toussa) il passe d'un premier trimestre à son entrée en 6ème avec 15 de moyenne (plutôt bien !) et dégringole rapidemment à 5-6/20 de moyenne au bout de moins de 2 ans, redouble deux
classe. Il est aujourd'hui apprenti en boulangerie, passe un CAP plutôt bien noté en patisserie, mais pourtant se comporte de manière plutôt immature bien souvent et de façon très machiste
malgré-lui, cela ne lui va pas du tout. Je l'apprécie énormément, c'est un ami sur qui je peux compter, sans pour autant discuter...


Tout les essais de punitions, d'apprentissage forcé, n'ont toujours fait que de le rendre plus borné. Normal, c'est un traitement de forme et non de fond...Mais bon puisque les fonds sont selon
les dires de certains vides...


 


ps: je précise que sa mère l'a élevé, lui et son petit frère, toute seule, qu'elle a jamais gagné plus de 1000 euros par mois et qu'elle possède une formation qui ne doit pas dépasser un bac pro
grand maximum !!!! (et encore je reste très large)



laurence hansen-love 26/04/2011 22:02



merci, c'est très intéressant. Quel gâchis! En fait, il ne s'agit ps ici de paresse, mais de contexte. Beaucoup d'enfants se plient à une certaine image que l'environnement leur renvoie, et qui
les emprisonne ensuite, je crois..



Marionette 26/04/2011 19:43



Afin d'éclaircir votre lanterne, je vais prendre en exemple mon propre parcours scolaire. Parcours par ailleurs parfait jusqu'à la fin du collège, citée en exemple pour mes camarades, n'a jamais
eu besoin de travailler pour avoir de résultats. Puis arrivée au lycée, dégringolade, marche trop élevée, aucune préparation, accès aux distractions. Le retard s'accumule et devient rapidement
irratrapable. Soutien scolaire inexistant ou destructuré. Alors ouais, fainéantise de naissance, puis fainéantise acquise au fur et à mesure des années.


Ce ne sont pas qu'aux élèves de se poser des questions. La faute se partage avec les enseignants qui se contentent de dispenser bêtement leurs programmes (autant apprendre sur un manuel). La
question relève de la manière d'enseignement de mon point de vue.



laurence hansen-love 26/04/2011 21:56



Je pense aussi que beaucoup de profs essayent d'en faire le moins possible.  Comme le dit Rousseau...



Génération Y 26/04/2011 15:27



Face à un professeur laxiste, les élèves n'apprendront jamais. Au contraire, face à un prof qui sait les motiver et les faire apprendre, avec des méthodes ayant fait leurs preuves (c'est-à-dire à
l'exact opposé de la quasi-totalité des méthodes actuellement en oeuvre dans l'Education Nationale), les élèves aiment apprendre et les "cancres" progresseront.



La réponse de la mère montre clairement son manque d'intérêt pour son fils et plus généralement, pour l'éducation, la culture... De la même manière, on peut remarquer qu'avant, quand une famille
était convoquée par un professeur pour parler des problèmes posés par l'élève, celui-ci se faisait engueuler ; aujourd'hui, dans la même situation, c'est le professeur qui se fait engueuler !


Malheureusement pour eux, les élèves ayant des familles désintéressées par le travail scolaire auront toujours plus de mal à réussir que ceux de familles où le travail est mis en valeur. Ne nous
trompons pas : si les "héritiers" arrivent dans les Grandes Ecoles, ce n'est pas parce qu'ils portent un nom célèbre (même si cela peut aider), mais parce qu'ils ont travaillé pour y arriver et
que, contrairement aux familles des autres élèves, travailler est une action valorisée.


Selon les milieux, lire pendant un après-midi peut-être valorisé, mais peut aussi être vu comme de la paresse (milieu où seul le travail manuel est valorisé).


Et souvent, les cancres sont des élèves démotivés, qui, pour qu'on s'intéresse à eux, perturbent les cours. Ce n'est pas la meilleure façon de s'intéresser à quelqu'un, mais c'en est une.


 


--


PS : il y a une petite faute au début de l'article :


au CPE qu'il lui téléphonait > au CPE qui lui téléphonait (Errare humanum est )



laurence hansen-love 26/04/2011 21:50



merci je corrige..


Je suis d'accord avec votre analyse. Mais j'ai vu aussi dans certains milieux favorisés le mépris du travail au sens scolaire, et le mépris de l'école et des profs!