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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 15:22

 

 

 J'ai modifié et complété pour répondre à vos objections

A  partir de la rentrée 2013:

 

1) Tous les établissements d'enseignement supérieur, ainsi que les  IUT, classes préparatoires aux grandes  écoles  etc.. peuvent décider d'admettre certains étudiants sans qu'ils aient à passer le bac, sur dossier,  dès la fin de la première, sous condition (approbation du conseil de classe de fin de terminale).

 

2) Chaque institution, université, lycée ou grande école, établira ses propres critères d'admission (examens  de dossiers, examens d'entrée, entretiens etc..). Ceux qui le désirent continueront d'exiger le bac.

 

3) Le bac unique,  national, anonyme  sera maintenu, mais à titre dorénavant  facultatif.  Il restera  le "premier degré de l'enseignement supérieur". Tous les lycéens qui le souhaitent pourront donc le passer. Ils exprimeront leur choix en début d'année scolaire de terminale  (ce sera le cas  par exemple  de  tous les candidats hésitant sur leur orientation,   ou non scolarisés, ou ceux qui ont eu un  parcours scolaire médiocre, ou ceux qui visent une mention etc..). Mais il deviendra superflu pour tous ceux dont les dossiers auront été  approuvés par un ou plusieurs établissements de leur choix. Ce système est déjà celui  des élèves admis dans les classes préparatoires aux grandes écoles (sur dossier,  n'incluant que le premier trimestre de terminale). On peut imaginer que les candidats puissent formuler 12 voeux par exemple, pour ne se fermer aucune porte.

 

 4)  Cette réforme sera mise en oeuvre  très progressivement.  Le nombre de lycéens passant le bac diminuera donc. On peut imaginer,  que au bout de quelques années, il ne concerne plus que 50 à 60 % des lycéens scolarisés.

 

5)  Toute personne qui s'estimera mal orientée pourra passer son bac après un an de fac ou plus.  Les Universités pourront aussi délivrer des équivalences du baccalauréat, dans la mesure où les étudiants qu'ils ont admis  ont évidemment le niveau bac, C'est ce que  font aujourdhui les professeurs de  classes préparatoires afin de permettre les réorientations (propositions d'équivalences en fin d'année, propositions qui doivent être ratifiées par l'établissement d' accueil). Bien entendu tous ceux qui hésitent  sur leur choix universitaire auront intérêt à passer le bac. Mais ce système les amènera à peser soigneusement leur décision, quelle qu'elle soit.

 


 Avantages de cette réforme:

 Elle ne lèse pas les lycéens (ou autres candidats ) puisque tous peuvent passer l'examen .

Elle présente l'avantage de ne plus défavoriser tous ceux qui perdent leurs moyens le jour de l'examen, pour cause de stress. Elle ne rend personne dépendant du seul bon vouloir des conseils de classe (inconvénient majeur du contrôle continu), puisque tout le monde peut choisir d'aller à l'examen.

 Elle présente un avantage significatif  pour le corps enseignant: les lycéens dès la seconde   ne pourront plus faire preuve de dilettantisme, de désinvolture  comme c'est le cas actuellement, encore moins d'insolence. Car le dossier scolaire aura désormais un poids décisif. Fini donc l' absentéisme, la fraude systématique en cours d'année etc ... si courants aujourd'hui (car  les lycéens se disent: "qu'importe ce que pensent les profs,  j'aurais le bac de toute façon!" - le bac étant acquis  a priori pour 85 % des candidats ). Le parcours du candidat dès la seconde prend désormais une toute autre importance.

 

 Elle permettra de faire des économies substantielles et de limiter considérablement   tous les problèmes de fraudes,  fuites, bugs etc... qui deviennent insurmontables.

 

 

  

 

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Published by laurence hansen-love - dans Education
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commentaires

Adrien 17/09/2011 01:24



Bien que je ne sois pas contre vos propositions, le dernier paragraphe de votre article m'irrite un peu. Je le trouve même déplacé, pour une intellectuelle.



Premièrement, vous devez sûrement confondre le microcosme bourgeois-classe moyenne dans lequel vous évoluez, avec la réalité des lycées difficiles. Sachez que "l'insolance" est un privilège,
contrairement au désespoir qui mène à la révolte. Croyez moi, je suis moi-même passé dans un lycée particulièrement difficile, où les cours ressemblaient plus à des champs de batailles (profs qui
s'effondrent en pleurs; bagarres générales; prof qui se prend un coup; etc.) qu'à de vraies leçons. Si ces jeunes s'énervaient, ce n'étaient pas par dédain, ni uniquement en raison d'une crise
d'adolescence carabinée (qui concerne cependant presque tout le monde), mais par incompréhension totale du système scolaire. Et pourtant je les blâme pour leurs actes irréfléchis! Après
réflexion, je ne peux faire autrement que constater que c'est le système qui n'est absolument pas pensé pour l'ensemble des enfants.



Ensuite, pensez-vous vraiment qu'une réforme du bac ayant pour objectif de valoriser le dossier scolaire (et donc le mérite) dissuadera les élèves dissipés de se comporter de manière
irresponsable en classe? Bien que vous soyez une philosophe très intéressante, une petite touche de sociologie serait parfois nécessaire à vos analyses.
En effet, des inégalités sociales déjà lourdement enracinées lors de l'entrée en Seconde ne s'estompent plus par la "menace" du futur. Tous les sociologues (bien que je ne sois
pas entièrement d'accord avec la pensée de certains) pensent que les inégalités se créent dès le plus jeune âge et l'entrée à l'école. L'incompréhension et les difficultés interviennent très vite
pour les plus démunis. Ainsi, je pense plutôt que l'idée de miser le mérite d'une personne (surtout aussi jeune) sur son simple dossier scolaire, c'est tout simplement esquiver le problème à la
racine. C'est une fois de plus, boucher les imperfections sans pour autant se préoccuper du socle branlant.
N'est-ce pas plutôt accentuer le rejet des plus démunis, que de se fonder sur un prétendu mérite, alors que ceux-ci n'en ont pas même conscience?

Bien entendu, je le répète, l'idée d'une réforme du Bac est nécessaire. Vous proposez de très bons arguments. Je tenais seulement à vous rectifier sur votre dernier paragraphe, qui, à mon humble
avis, tient plus du discours politique-électoral, que de celui d'un penseur.



laurence hansen-love 17/09/2011 13:51



Je ne suis pas une  inconditionnelle  du contrôle continu et je ne crois aps spécialement au mérite. Je suis bien d'accord avec Rosanvallon sur ce point, je mets en ligne des extraits
de son livre centré sur cette question...


 Mais ce que je constate, c'est que les élèves aujourd'hui se disent:" rien à cirer de ce que pense le prof, de toute façon j'aurais le bac."
 ces dernières années mes élèves ont eu le bac à quasiment 100% (l'une ne l'a pas eu l'an passé.. elle ne s'est pas présenté à l'oral!) or je dirais qu'un tiers environ n' avaient pas du
tout le niveau,  sans parler de ceux qui ont empoisonné une de mes collègues toute l'année.


Ils savaient qu'ils auraient le bac, ils l'ont eu. Ils vont aller à la fac... échec garanti.


 Notre système actuel n'est vraiment plus défendable!


 



Agathe 11/07/2011 17:49



En effet, le bac a besoin d'être réformé. Le bac ne représente pas toujours fidèlement les compétences d'un individu, surtout si celui-ci n'a pas eu de chance (à cause du stress par exemple...),
à cause de la notation légère de certains profs trop indulgents, de la triche des élèves, et aussi à cause des options. Certains ont 11 en maths et français mais obtiennent leur bac grâce aux
options comme le sport (et dans certains établissements, il y a même des options assez bizarres comme équitation ou je ne sais quoi). Le bac n'est plus représentatif d'un niveau national car de
nos jours, on l'obtient trop facilement et pas toujours légitimement.



Et pourquoi au lieu d'assouplir le bac, ne le renforcerions-nous pas ? Cela ne serait-il pas possible de remettre le bac au niveau d'antan ? Il suffirait d'augmenter le niveau des épreuves et des
programmes scolaires. Mais là, l'Education Nationale risque de tiquer car dans ce cas, nous serions bien loin des 80% de réussite au bac.
Mais le problème, c'est qu'ils ont voulu augmenter le pourcentage de réussite au bac (si bien que certains arrivent à se retrouver avec 20 de moyenne à l'examen !), et comment on arrive à 80 % de
réussite ? En baissant le niveau.
Le baccalauréat est fondé sur une tricherie de départ.


Certes, avec 80% de réussite nationale au bac, on peut penser que les Français sont forts. Mais quand on change d'échelle, dans les classements mondiaux, ils sont loin derrière.



laurence hansen-love 11/07/2011 21:34



OUi. Cette année: 88 % !



Tom 11/07/2011 16:25



Quand je parlais du contrôle continu c'était juste une façon de valoriser les dossiers par rapport à l'examen, ce n'est pas ce que vous vouliez?


Quant à la sacralité du bac vous vous voulez détruire des symboles par ce qu'ils sont creux et inutiles mais c'est le cas de tous les symboles et ils n'en sont pas forcément néfastes pour autant.
La retraite à 60 ans en était un et en l'occurence dans la tête de beaucoup il ne s'agissait pas d'empécher que les choses changent mais d'empécher qu'elles empirent! Je vous rejoins finalment
sur la necessité de changer notre système des retraites pour éviter de devoir s'en passer mais je ne considère pas que c'est une "bonne solution" il faut admettre que c'est une régression sociale
et on ne doit détruire ce symbole que par pragmatisme, pas par conviction car les gens y sont attachés. Je m'inquiète de ce libéralisme qui prescrit des régressions tout en annoncant des
lendemains meilleurs!



laurence hansen-love 11/07/2011 21:21



Mais je ne suis pas contre les symboles! Mon premier cours de l'année en HK  c'est pour expliquer le caractère vital des symboles!


 Mais il y a symbole et symbole. Le bac est devenu une imposture; quand on l'a il ne vaut rien. Quand on ne l'a pas c'est très embêtant.


 Le contrôle continu, c'est un remède bien pire que le mal. Un dossier de HK sera tenu pour équivalent d'un dossier d'un minable cours privé hors contrat! Quoi de plus inéquitable!



Tom 11/07/2011 00:10



Là où je suis Schwartz c'est que le Bac est une institution, un rite de passage dans une société en perte de repère. Même si je comprend votre idée qui se justifie si on regarde les choses de
façon objective (le bac a un aspect aléatoire qui en fait un moins bon indicateur que le contrôle continu, il possède de nombreuses failles, ne sert à rien quand on l'a mais exclut ceux qui ne
l'ont pas, etc....) il faut donc le repenser et je suis pour y intégrer le contrôle continu. Néamoins le rendre facultatif me parait une mauvaise idée pour la raison évoquée plus haut! Ne
désaralisons pas inutilement.



laurence hansen-love 11/07/2011 12:04



Je pense que le contrôle continu sera une calamité pour nous les profs. De plus il donne aussi des résultatas aléatoires (selon la diversité des établissements).
 Comme d'habitude ,en France, le mot dordre c'est :


 "on ne touche à rien"


 On laisse le monde s'écrouler (cf déficit, retraites) pourvu qu'on ne change rien..


 Cette obsession du sacré!  Le bac est un mythe, un emblême du mythe égalitaire



al 10/07/2011 21:46



Le problème est que à mon avis, toutes les universités et écoles demanderont le bac  et celles qui ne le feront pas perdront de leur valeur auprès des recruteurs puisque une école qui ne
demanderait pas le bac demanderait un niveau inférieur et apparaitraient donc comme plus mauvaise.


Si des écoles prestigieuses comme Science Po bne demandent plus le bac et se servent uniquement du dossier en plus du concours (par exemple) l'égalité entre tout les candidats serait rompue



laurence hansen-love 10/07/2011 23:27



 Je crois que tous les cas de figure peuvent se présenter. Des écoles pour lesquelles le bac n'a pas d'importance, et d'autres pour lesquelles il n'est pas significatif  (hormis si
mention TB) .


 Quant à votre second argument,  je ne le comprends pas. Egalité entre qui et qui? Un étudiant de fac entré avec un bac sans mention est-il actuellement l'égal d'un étudiant de Normale
Sup ou Sciences -po? L'égalité dont vous parlez est une fiction.


 Tous ces arguments sont à prendre en considération. Mais la situation actuelle est si calamiteuse (cf auto-élimination des étudiants au bout d'une année de fac) qu'il faut le
reconnaître et chercher une issue.
 Or la sélection systématique à l'université étant exclue, il faut trouver des situations intermédiaires. Maintenir le bac permet de ne pas basculer dans un système ou l'examen de fin de
scolarité ne délivre pas d'entrée dans le supérieur.


 Mais tolérer d'autres voies d'accès au supérieur pemettrait d' alléger l'examen, d'une part, et de le dédramatiser,  d'autre part. Comme je récuse pour ma part l'idée de contrôle
continu pour des raisons diverses (établissements hétérogènes, pression sur les profs) je pense qu'il faut imaginer une troisème voie.
 Un système très souple me paraît la seule issue raisonnable.