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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 11:06

 

 

 

 "C'est bien de ce côté      actif et créatif qu'il y a besoin à l'âge de la dénationalisation des démocraties. Il faut pour cela compliquer cette notion de commun, la décliner dans ses différentes dimensions possibles. On peut en retenir trois principales : la participation, l'intercompréhension et la circulation.
Le commun-participation est le plus évident. Il s'exprime dans le fait de vivre ensemble des événements. Les spectacles de musique populaire ou les manifestations sportives en sont des vecteurs ordinaires. C'était aussi le fait, hier plus qu'aujourd'hui, des carnavals ou des bals de rue, des banquets républicains également, comme des processions et rassemblements de toutes sortes. Tout cela existe encore, parfois même de façon accrue, avec par exemple la construction de stades ou de salles de concerts toujours plus vastes, ou bien encore avec la vigueur de
l'ethos manifestant. À côté de ce commun festif ou démonstratif existe aussi un commun réflexif. II résulte de la soumission à un même flux d'information, structuré par la confrontation obligée aux urgences du monde ou à des interrogations de société. Il est décisif pour fortifier la vitalité d'une communauté. Il est indexé sur l'implication et la curiosité des citoyens, comme sur la qualité de l'univers médiatique autant que sur celle de la vie des idées.
Il rejoint en cela le commun-intercompréhension, fondé sur le fait  d'une connaissance réciproque:-Celui-ci se nourrit de contacts et d'images, d'enquêtes et de récits de vie, de statistiques appropriées, d'analyses méthodiques autant que de reportages saisissants, mêlant les registres du savant et du sensible, de la parole singulière et du fait social.
[...]
Le commun-circulation peut se définir comme un partage de l'espace. Il est de l'ordre d'une civilité le plus souvent silencieuse, mais en même temps productrice de connaissance diffuse, d'échanges furtifs, d'un sentiment de côte-à-côte, et par là même d'un éthos égalitaire. Il s'éprouve dans les transports, sur les places et les trottoirs. Il est mise en scène vivante d'un peuple-flux en renouvellement permanent, produit par la ville et-la qualité de l'urbanisme. Il est à l'inverse miné par les clôtures, l'existence de quartiers enclavés et séparés, les intimidations sociales, les multiples formes de privatisation indue de l'espace. Le commun-circulation est un bien public fragile. Il dépérit quand les services publics d'accès sont laissés à l'abandon. C'est dire que la politique de la ville est en son coeur et qu'elle devrait donc être un moteur essentiel d'une politique de revitalisation de l'esprit d'égalité".

 La société des égaux, pp 394-395

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Published by laurence hansen-love - dans Prépa HEC
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commentaires

Cordroch J F 30/09/2011 12:26



Encore une fois ici , l'égalité inter-individuelle résulterait de la création de structures permettant aux individus de partager des choses en commun , au sein de rassemblements organisés ,
règlementés ,surveillés et contrôlés ,exactement comme un troupeau d'animaux domestiqués et exploités .Cette égalité serait donc le produit de la volonté des différentes instances dirigeantes
,pensant que le fait de participer à des évènements ,des mouvements et des manifestations collectifs , est ce qui produirait de l'égalité entre les individus . Ceci est pour moi une erreur
fondamentale , l'égalité doit être le résultat de la conscience individuelle de la différence entre les individus ,par la conscience de sa propre différence .


L'absence de cette conscience individuelle ,induisant la nécéssité de systèmes préconçus permettant aux individus de vivre en troupeau ,fera que le jour ou ces systèmes s'écrouleront ,ou en
cas de graves crises stucturelles ,les individus se retrouveront totalement désemparés et se réfugieront au sein de toutes sortes d'idéologies .Vouloir donc imposer l'égalité par le développement
du tout collectif , est une vision à court terme , de même que vouloir protéger la nature en multipliant la création de parcs naturels ou tout est règlementé ,surveillé ,balisé etc ...c'est
refusé de croire  en la capacité de l'individu d'acquérir une conscience , c'est préféré le tenir sous contrôle en le maintenant dans une certaine ignorance de ce qui pourrait être .Cela
permet à certains de trouver dans le rôle de guide ,de berger ,de chien de troupeau ,de gardien de l'ordre ,de maître à penser ,de représentant d'une autorité etc ....un sens à leur existence .La
question est :Où cela mêne t-il l'homme ?


En l'état actuel du niveau général de conscience individuelle , il est clair qu'il n'y a malheureusement pas d'autres solutions que de soumettre l'individu à des sytèmes ,des  stuctures
, des organisations ,etc ...la politique à de beaux jours devant elle , et c'est ce qu'elle tient à s'assurer , avant de vouloir une réelle autonomie de l'individu ,mais peut-être suis je dans
l'erreur , l'avenir le dira .