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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 10:14

Vous connaissez tous la thèse de Norbert Elias (et Eric Dunning) dans leur ouvrage Sport et civilisation?

 Selon Norbert Elias, les hommes, grâce au processus de "civilisation", parviennent à adoucir  et limiter leur violence en la détournant vers des activités encadrées, donc moins sauvages  que la guerre ou la chasse.
Les sports de combat, bien sûr, mais aussi les sports d'équipe, et finalement, le sport en général, permettent à  leurs adeptes, et aujourd'hui, grâce aux médias, aux spectateurs,  d'exprimer leur violence sous une forme non sanglante,.. Un indiscutable bénéfice en somme (à l'heure où nous ne faisons plus la guerre en règle générale..)

 Ce qui soulève tout de même une question..
 Les hommes sont-ils donc irrémédiablement (naturellement) violents?

 Ou plus exactement, plus précisément: pourquoi la guerre exerce-t-elle une telle attraction sur l'inconscient des hommes?

 Freud a répondu à cette question ("Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort", et " Pouquoi la guerre?")

 

 Je vous propose dans le post ci-joint un texte de Emmanuel Carrère sur ce thème.

 

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Published by laurence hansen-love - dans Philosophie
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commentaires

Cordroch J F 07/11/2011 10:44



L'homme n'est pas naturellement plus violent que n'importe quel autre animal , il le devient dès qu'apparaissent trop de frustrations ,dues au refoulement de certaines pulsions associées à
certains besoins vitaux ,dont la satisfaction par des actes accomplis de façon naturelle ,lui permet d'éprouver les émotions indispensables à une bonne circulation de l'énergie vitale .L'homme
devient donc culturellement violent ,ce qui rend nécéssaire la production de substituts artificiels afin qu'il se libère de sa surcharge d'énergie .C'est ainsi que s'est développée notre société
, par la production et la consommation de substituts constamment renouvellés.


Tout a démarré avec les premières cultures préhistoriques qui avaient pour fonction de maintenir l'homme relié à son environnement . Ces cultures sont apparues progressiment au fil du
développement du cerveau humain , dont les fonctions telles que la mémoire et son corrolaire ,l'imagination , pouvaient déconnecter l'homme de la réalité .La pratique de rites , de cultes ,de
traditions de coutumes , les croyances etc ...avaient pour fonction de maintenir l'homme en relation avec la nature , tout en lui permettant d'évacuer les tensions dues aux inéluctables
frustrations qu'engendrent la vie en collectivité , et les obstacles naturels rencontrés lors de la recherche de satisfaction des besoins vitaux .


C'est la perte par un individu de la culture particulière le reliant à son environnement et lui permettant de se soulager de ses tensions ,qui augmente sa frustration ,tout en le privant de
la possibilité de s'en débarasser ,et qui le rend donc agressif et violent .


La ritualisation de l'existence apporte à l'homme une sécurité psychologique au sein de l'aléatoire de la nature . Cela lui permet de contrôler certaines pulsions pouvant entrainer des
disfonctionnement au sein d'une collectivité .Le problème étant que l'homme élevé au sein d'une culture "ritualisée "ne peut plus s'en passer,et que donc la perte par des peuples de leur culture
particulière les amènent à s'intégrer ,tant bien que mal ,à des cultures étrangères dont ils ont des difficultés à adopter les rites ,ce qui a pour conséquence l'accumulation de frustrations et
de tensions .


L'homme en est toujours à cette étape de son évolution , on attend qu'apparaisse le surhomme de Nietzche qui devrait pouvoir se passer de toute culture particulière ,et  qui ne risquerait
donc pas de se retrouver en manque de celle-ci, pour se réfugier ensuite au sein d 'idéologies religieuses et autres .Il faudrait un homme ayant échappé à toute frustration trop importante dès sa
naissance , ayant pu vivre en toute liberté au sein de la nature, tout en ayant bénéficié d'un environnement familial sécurisant , sans avoir subit une trop grande autorité patriarcale ,
sans donc, avoir été victime d'une séparation prématurée de sa mère .Le surhomme doit donc être profondément enraciné dans le sol que constitue la nature ,pour pouvoir s'élever dans les
cîmes de la connaissance .


Cela va paraître paradoxal à beaucoup , mais ce n'est pas de culture dont a besoin l'homme pour devenir surhomme , mais l'inverse ,c'est à dire d'absence de culture , car toute culture maintient
l'homme dans des limites pré-établies de manière à ce qu'il se sente en sécurité .Il faut laisser l'individu découvrir lui-même ses limites en le laissant partir en exploration dans l'inconnu .
Il suffit simplement de faire en sorte qu'il possède une confiance en soi ,et cela seule une relation enfant -mère "instinctive " et non ,culturelle et ritualisée,est en mesure de l'apporter .


Mais je m'éloigne du sujet en me laissant de nouveau emporter par le flot tumultueux de mes idées , j'arrête donc là .



Potiche 06/11/2011 11:19



Norbert Elias aurait raison aujourd'hui, mais à l'époque où il a formulé sa thèse de «
l'abaissement des seuils de sensibilité à l'égard de la violence » inhérente à une formalisation des relations interpersonnelles, à une civilisation des moeurs (dans le sens de processus de
"civiliser"), les pires barbaries du XXème siècle se préparaient...mais dans le fond il avait compris le mouvement général des choses, si j'ose dire.



laurence hansen-love 06/11/2011 20:58



oui, c'est cela... il faut juste faire abstraction du XX e siècle!