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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 10:38
  28/06/2011 17:38:17
over-blog.com : Vous avez reçu un commentaire

J'oubliais ! Voilà aussi le commentaire de texte tombé ce matin à Paris (source de letudiant.fr). Un texte de Montesquieu sur le "doux commerce" :


Montesquieu, De l’esprit des lois, Livre XX, chapitres 1 et 2 (1748) :


"Le commerce guérit des préjugés destructeurs ; et c’est presque une règle générale que, partout où il y a des mœurs douces, il y a du commerce ; et que, partout où il y a du commerce, il y a des
mœurs douces.


Qu’on ne s’étonne donc point si nos mœurs sont moins féroces qu’elles ne l’étaient autrefois. Le commerce a fait que la connaissance des mœurs de toutes les nations a pénétré partout : on les a
comparées entre elles, et il en a résulté de grands biens.


On peut dire que les lois du commerce perfectionnent les mœurs ; par la même raison que ces mêmes lois perdent les mœurs. Le commerce corrompt les mœurs pures ; c’était le sujet des plaintes de
Platon ; il polit et adoucit les moeurs barbares, comme nous le voyons tous les jours.


[...]


L’effet naturel du commerce est de porter à la paix. Deux nations qui négocient ensemble se rendent réciproquement dépendantes : si l’une a intérêt d’acheter, l’autre a intérêt de vendre ; et
toutes les unions sont fondées sur des besoins mutuels.


Mais si l’esprit de commerce unit les nations, il n’unit pas de même les particuliers. Nous voyons que, dans les pays où l’on n’est affecté que de l’esprit de commerce, on trafique de toutes les
actions humaines, et de toutes les vertus morales ; les plus petites choses, celles que l’humanité demande, s’y font, ou s’y donnent pour de l’argent.


L’esprit de commerce produit dans les hommes un certain sentiment de justice exacte, opposé d’un côté au brigandage, et de l’autre à ces vertus morales qui font qu’on ne discute pas toujours ses
intérêts avec rigidité, et qu’on peut les négliger pour ceux des autres.


La privation totale du commerce produit au contraire le brigandage, qu’Aristote met au nombre des manières d’acquérir. L’esprit n’en est point opposé à de certaines vertus morales : par exemple,
l’hospitalité, très rare dans les pays de commerce, se trouve admirablement parmi les peuples brigands".



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Published by laurence hansen-love - dans Préparation IEP (sciences-po)
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