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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 16:55

Russell.jpg

"Je désire soumettre à l'examen du lecteur une doctrine qui, je le crains, va paraître terriblement paradoxale et subversive. La doctrine en question est celle-ci: il n'est pas désirable d'admettre une proposition  quand il n'y a aucune raison de supposer qu'elle est vraie".

 Russell montre dans la suite d 'ouvage  (Essais sceptiques) que si nous adoptions cette maxime, nous serions à l' abri de la supertstition,  du fanatisme, des idées extrêmistes, des doctrines pernicieuses, e t, de façon générale de toutes les "opinions pour lesquelles les hommes  acceptent de se battre et de se persécuter".

 Il remarque en outre que plus les opinions sont infondées plus nous y sommes attachés:

 " Les opinions auxquelles se mêle la passion sont celles qui ne peuvent jamais être soutenues par de bonnes raisons; en vérité, le degré de la passion mesure le manque de conviction rationnelle"?  ( p 19)

 

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Published by laurence hansen-love - dans Philosophie
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commentaires

Tom 11/05/2011 09:20



Bon il faut que je me dépèche de lire tout ça alors (deuxième fois que je le dis)! Surtout que j'ai trouvé ça extrèmement fort ce qu'elle dit, tant sur la logique totalitaire et les "hommes en
trop" que sur la démocratie ou la dérive vers un travail limité dans le temps par rapport à une oeuvre impérissable ou à l'activité politique.



Tom 10/05/2011 08:31



C'est très mal: j'étudie Arendt sans la lire (j'attend cet été)! Mais si je comprend bien en quoi le marxisme est une idéologie qui ne peut qu'être totalitaire je me demandais si contrairement au
fascisme ce n'était pas une idéologie "totalitaire malgrè elle"? Même pour Lénine (je m'avance beaucoup car je ne connais que peu ce personnage) y avait-il vraiment une volonté de donner
naissance à un Etat totalitaire (d'ailleurs Arendt ne juge pas que Lénine est un dirigeant totalitaire: elle dit de lui que c'est un "grand homme d'Etat") pourtant c'est lui qui a donné naissance
aux premiers goulags, etc...



laurence hansen-love 10/05/2011 21:42



 Vous n'y êtes pas; Oubliez les hommes et leurs intentions ,dont Arendt ne dit pas un mot. Son livre s'appelle "Le système totalitaire". Elle explique ce qu'il est sans préciser si elle
parle de l'un ou de l'autre. Tantôt elle donne des exemples dans l'un, tantôt dans l'autre...


 Depuis de nombreux autres observateurs ont conforté sa thèse, notamment en montrant que les totalitarismes  sont à l'origine  de génocides - cf Ukraine 1930, Corée du Nord, Le
Grand bond en avant chinois...


 Dans "Du mensonge à la a violence .. " elle dit que le communisme est la forme logique et  extrême du capitalisme. Je crois que j'ai déjà mis ce texte en ligne ..



Tom 09/05/2011 10:47



Juste pour comprendre votre point de vue: que la théorie communiste soit totalitaire n'implique pas qu'elle se veuille totalitaire (contrairement au fascisme par exemple) mais que sa logique
conduit inévitablement à un Etat totalitaire là où Marx pensait offrir aux hommes une route vers la liberté, c'est cela? Ou pour vous Marx avait réellement des ambitions totalitaires?



laurence hansen-love 09/05/2011 21:15



mais enfin voyons lisez Arendt!


Evidemment que le marxisme est totalitaire. (Marx ce n'est pas exactement le marxisme).
 Lisez K Popper: la société ouverte et ses ennemis.


 Les trois théoriciens pré-totalitaires selon Popper sont Platon, Hegel et Marx.


 Evidemment Marx n'aurait pas fait de mal à un chat...


 (le smiley grimaçant c'est involontaire )



alexis 02/05/2011 21:58



Vous avez raison, j'aurais dû préciser la théorie communiste, ou du moins ce que j'en sais. Car l'idéal de la société sans classes et sans Etat est bien le but affiché lorsque Lénine dit "tant
qu'il y aura l'Etat, il n'y aura pas de liberté". 
D'un autre point de vue, la société peut être totalisante, comme le décrit Cédric Lagandré.


En tout cas merci de m'avoir fait découvrir Russell ! 



alexis 02/05/2011 19:05



Ca fait un joli sujet, auquel je répondrais ça: partiellement hors sujet, je dérape sur toujours sur la politique


La passion autour d'une opinion la plonge dans l'irrationnalité. Dont l'aboutissiment est la croyance fanatique, selon ma compréhension de ce qu'écrit Russell. Pourtant, une opinion passionée
issue  de faits pas encore accolés à une relation d'idées rationnelles, est dès lors jugée irrationnelle suivant cette logique. Peut-on donc concilier passion et raison ? Se passionner à
éviter les dangers de l'irrationnalité est-ce irrationnel ?


La rationnalité de l'opinion dépend d'une vérité à la fois résultant de faits sensibles, mais aussi de la conception raisonnée de ces faits. Le négationnisme use ainsi d'une hyperrationnalité
pour déclarer des témoignages inutilisables car empreints de passion.  Des rescapés les rejoignent, ne pouvant supposer l'immensité du crime. Evidemment, l'homme est fait d'irrationnalités
rationnalisables, ce qui lui donne une complexité et une unicité qui le différencie de ma calculette.


Mais quid alors de la passion nourrissant une lutte contre l'irrationnalité ? L'opinion de Russell sur le degré de passion mesurant le manque de conviction rationnelle ne me paraît proche de la
vérité qu'à l'instant où j'adhère à son système, qui peut me paraître subjectif. Si j'étais communiste dans les années 50, ne serais-je pas passionné par une conviction aux bases rationnelles ?
Une logique justement irréalisable dans les faits, seulement dans les idées. 


La croyance en la rationnalité du discours sans passions contre l'irrationnalité passionée me fait penser à une vision hégelienne de l'histoire, à ce qu'imaginait Francis Fukuyama avec la chute
du mur de Berlin. La vérité s'imposerait, au final. Pourtant les faits montrent que ce n'est pas parce qu'il n'y avait pas d'opposition restante à un modèle qu'il s'impose. Et la phrase de
Russell, si j'étais néoconservateur, me ferait dire à tous mes opposants qu'ils ont tort, mais là je m'emporte ;) 



laurence hansen-love 02/05/2011 21:00



ah non non non.. le communisme n'est pas une logique "réalisable juste en idée". C'est une logique "totalitaire" -en idée!


 Je ne comprends pas très bien ce que vous reprochez à Russell. En tout cas , il défend ses convictions raisonnables et rationnelles sans passion, sans fanatisme,  mais avec un amour
(réfléchi)  pour la vérité.


 Il prône la douceur et la tolérance envers  ses adversaires: comme Socrate qui est son modèle.