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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 10:51

Chers lecteurs de ce blogue, durant les prochains jours, en lien avec le procès DSK, nous vous soumettrons une réflexion éthique sur le consentement. Au plaisir de recevoir vos flèches bien acérées. 



Éthique du consentement

Autour de l’affaire DSK et autres actualités tordues

Partie 1

 

 

Serge Provost

Professeur de philosophie

 

 

«Nous affirmons qu’aimer s’oppose à utiliser l’autre, même s’il y consent. En l’instrumentalisant, une atteinte est portée à sa dignité de personne humaine pour la chosifier. Or, le corps est non seulement le signe, mais encore, peut être le lieu de l’union la plus profonde des personnes. Enfin, parce que nous pensons qu’une personne est davantage que la somme de ses comportements sexuels, nous travaillons au respect et à l’écoute du vécu propre de chacun.»

La charte Love Generation, 2010. http://www.love-generation.be/ 

 

Chers lecteurs, personne ne vous demande de signer la chaste chartre, citée en exergue. Encore moins de promotionner la rectitude politique à l’américaine ou celle, version islamiste, pure, dure et assassine, de quelque autre république se voulant l’incarnation de la vertu.

 

Après l’affaire DSK et, qui sait, après l’affaire Jack Lang/Luc Ferry, n’est-ce pas là l’illustration de l’historique tentation moralisatrice connue, le réflexe pavlovien inhérent à toute société, après l’explosion médiatique d’un scandale sexuel touchant la cime de ses élites ? En ces temps fous, ne vaut-il pas mieux s’en tenir, bec et ongle, à une «éthique minimale», comme dirait le philosophe Ruwen Ogien ? Car les états, même les plus démocratiques, fleurent l’occasion d’imposer leur définition du juste et du bien au lieu de garantir l’expression libre d’une pluralité de conceptions de l’un et de l’autre.

 

Au risque d’être contredit par l’actualité, quitte à se tromper sur un point de droit factuel, mais non en philosophie, il y a fort à parier que la question éthique du «consentement» sera amplement abordée pendant et après le procès DSK. Ne l’est-elle pas déjà ? Comme tant d’autres d’histoires marquantes, inconnues et banales de l’histoire passée, actuelle et future.

 

Vous avez dit consentement ?

 

Selon une définition conventionnelle, le consentement est le fait de se prononcer en faveur de l’accomplissement d’un projet ou d’une action. D’un point de vue éthique et juridique, c’est l’acte, présumé non contraint, par lequel on s’engage volontairement à accepter d’accomplir quelque chose. Or, comme nous le verrons dans ce texte, sous l’apparente liberté, sous l’autonomie de surface, agissent des déterminismes qui le relativise, le réfute et le nie.

 

Sans verser dans la querelle picrocholine, tentons de démontrer que les fondements et les finalités du consentement peuvent être remis en cause pour des raisons diverses et variées. Qui, de nos jours, peut encore prétendre tout faire, tout laisser-faire, au motif du consentement déclaré ou obtenu ? Qui, de nos jours, peut encore prétendre que l’on peut consentir à n’importe quoi, avec n’importe qui, n’importe où et n’importe comment ? Allons-y voir d’un peu plus près.

 

 

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Published by laurence hansen-love - dans Actualité
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