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[L’anthropologue semble au fil de son œuvre balancer entre le rationalisme (« toutes les différences entre les hommes recouvrent une profonde unité », Anthropologie structurale deux, p 75) le pluralisme (chaque culture doit être appréciée conformément à sa propre logique, Tristes tropiques, pp 346-347) et le relativisme ( il ne peut pas y avoir de valeurs universelles, et le supposer est même pernicieux, (Entretien le Monde, 21 janvier 1979).
[...]
Gardons toujours présent à l’esprit, nous rappelle par ailleurs Lévi-Strauss, que pour que l’ethnologie soit fondée, il a fallu évacuer la notion de civilisation au profit de celle de culture :
« Il a fallu que la notion de civilisation, connotant un ensemble d’aptitudes générales universelles et transmissibles cédât la place à celle de culture, prise dans une nouvelle acception, car elle dénote alors autant de styles de vie particuliers, non transmissibles » (Le Regard éloigné, Librairie Plon,1983, p. 50). Or les cultures sont incommensurables entre elles (« Il faudra admettre que, dans la gamme des possibilités ouvertes aux sociétés humaines, chacune a fait un choix, et que ces choix sont incomparables entre eux » (Tristes Tropiques, p. 346). Il faut donc renoncer à évaluer les cultures car il ne peut exister de système de référence absolu permettant de classer les différentes logiques sociales suivant une grille morale universelle : « Aucune société n’est foncièrement bonne ; aucune n’est foncièrement mauvaise ; toutes offrent certains avantages à leurs membres, compte tenu d’une iniquité dont l’importance paraît approximativement constante » (Tristes Tropiques, p. 347). Le pluralisme (toutes les sociétés ont leur propre logique) de Lévi-Strauss cède progressivement la place au relativisme (il faut s’interdire de juger, car juger c’est classer). Il écrit en effet dans Anthropologie structurale deux : « Ceux qui ne pensent pas ainsi versent dans l’absurdité qu’il y a à déclarer une culture supérieure à une autre » (Ibid., p. 413). Pour illustrer cette thèse, Lévi-Strauss emploie l’image de trains en mouvement. Chaque culture est un train qui va dans une direction mais tous ne circulent pas sur des voies parallèles et il faut exclure l’idée de trajet unilinéaire permettant de classer les cultures en fonction de leur place sur la ligne du progrès. De plus, le voyageur est solidaire de son train et ne peut juger les autres cultures qu’en fonction d’un mouvement qui n’a rien d’absolu. Une culture immobile paraît reculer si nous avançons… Tout est donc relatif au point de vue de l’observateur : « La richesse d’une culture, ou du déroulement d’une de ses phases, n’existe pas à titre de propriété intrinsèque : elle est fonction de la situation où se trouve l’observateur par rapport à elle, du nombre et de la diversité des intérêts qu’il y investit ». (Le Regard éloigné, p. 30). La conclusion implicite de ces divers fragments est sans appel : la diversité des cultures exclut les universaux moraux.
(extrait de Cours particulier de philosophie par Laurence Hansen-Love)
A lire dans le Monde (Géo et politique) aujourd'hui, page 3 par Jean-Pierre Stroobants
La classe ouvrière bascule à droite, tandis que les classes moyennes rejoignent la gauche (dite "bobo").
Et les observateurs de s'étonner: pourquoi la classe ouvrière vote-t-elle à l'encontre de ses intérêts?
Explications (alambiquées)
1) "Difficulté de la gauche à penser ses rapports avec le capitalisme et la mondialisation" (oui, c'est le moins qu'on puisse dire!)
2) "De graves inégalités scolaires peuvent expliquer des écarts quant à la conception des valeurs démocratiques"
(qu'est-ce ce que cela veut dire?????????
C'est la faute de l'école, donc, si la classe ouvrière vote Front national?
La compréhension du monde contemporain est difficile ...
Cela doit être cela; moins on a été loin à l'école, plus on est accessible aux discours populistes, de droite et de gauche?..)
Ce matin, sur France culture, Danièle Sallenave déplorait l'absence de culture littéraire des dirigeants politiques aujourd'hui en France et en
Europe.
Cette nouvelle génération, issue de l'ENA (ou pas) pour ce qui concerne la France, n'a pas eu le temps de lire, Voir à ce sujet le constat de Pierre Béncihou sur
l'inculture des étudiants de Sceinces-Po Paris...
"Le passé n'éclairant plsu l'avenir, l'esprit marche dans les ténèbres" Tocqueville
http://www.franceculture.fr/emission-les-idees-claires-de-daniele-sallenave
http://www.hansen-love.com/article-ca-va-pas-le-faire-96966949.html
Je lis dans l'article de Philippe Roger: "Le mot est partout, sa définition nulle part"
Faux: j'ai rédigé une entrée "Populisme" dans la dernière édition de notre ouvrage Philosophie de A à Z
Vous lirez aussi le dossier très complet du Monde, notamment à propos des trois derniers ouvrages parus sur ce sujet (Laurent Bouvet, Tzvetan Todorov et P.A. Taguieff)
Quelques extraits:
"Les totalitarismes qui ont mis l'Europe à feu et à sang y ont disqualifié le populisme " ... "Mai 68 est, en France, le moment où la disparition du peuple est actée" .. "Ce n'est pas un hasard si les deux pays qui, par référendum, en 2005,ont refusé le Traité consitutionnel européen, la France et les Pays-Bas, ont en commun la pression qu'exerce, sur leur vie politiquenune extrême droite xénophobe" (Patrick Jarreau)