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Ce que je fais bien volontiers!
HANSEN LOVES PHILOSOPHY
Entretenir une relation avec mes élèves, mes lecteurs, mes étudiants...
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Sujet très original qui permet d’évaluer l’inventivité du candidat, car ici on
ne peut pas appliquer des règles apprises (comme thèse-antithèse-synthèse)
Je pense qu’il fallait se demander ce que veut dire « mes » dans l’expression « mes » valeurs.
Ceci n’est pas un corrigé mais
une interprétation libre du sujet :
Problématique :
Cela peut-il avoir un sens, et si oui, lequel, de dire « mes » valeurs, comme on dit « mes » meubles, ou « mes » enfants, ou « mes » opinions….
Première piste :
Mes valeurs (au sens où l’on dit « mes parents »). « Mes » valeurs sont celles dont je proviens, qui me définissent. « Mes » : au sens de « mon héritage ». On pense à Socrate évoquant son rapport aux lois dans le Criton.
Seconde piste :
A l’opposé, on peut dire « mes » valeurs au sens où l’on dit mes préférences, ou encore mes actions en bourse, ce sur quoi j’ai investi. « Valeurs » au sens boursier du terme. En mettant donc l’accent sur la liberté. Question : que se passe-t-il si mes valeurs ne sont pas vos valeurs ? Et qui peut dire quelle est la valeur de mes valeurs, par opposition aux vôtres ? « Mes valeurs » si elles ne sont pas reconnues ne perdent-elles pas toute valeur ? En économie la valeur doit être établie objectivement, sur un marché sinon … la valeur n’est qu’une fausse monnaie.
On peut toutefois distinguer valeurs au sens quantifiable (prix) et au sens qualitatif (non évaluable). On passe de la valeur économique à la valeur morale ou esthétique, ou affective…
Troisième piste :
« Mes valeurs » comme on dit « ma » ville (c’est-à-dire mon lieu de résidence, mon point d’ancrage). Le « mes » cesse d’être strictement possessif pour renvoyer à un système de référence. Ce qui conduit à l’idée que « mes » valeurs sont nécessairement des valeurs… qui ne m’appartiennent pas en propre, mais que je peux adopter, reconnaître, revendiquer, prôner etc.. Il en va ainsi pour les valeurs politiques (idéal libéral, socialiste etc..), morales ou encore esthétiques. Mes valeurs sont celles que je souhaite partager avec vous…
Quand je pose librement des valeurs (« mes » valeurs) en même temps je choisis pour l’humanité tout entière (Sartre)
Conclusion
Le sujet invitait de manière originale à aborder le problème du relativisme. En montrant, par exemple, que « mes valeurs » est une expression problématique.
Ce qui n’a de valeur que pour moi n’a plus vraiment de valeur ….
En d’autres termes, des valeurs que l’on revendique comme siennes, comme singulières, spécifiques, resteraient toujours en même temps une manière d’affirmer une appartenance (ou de rejeter une appartenance : « nous n’avons pas les mêmes valeurs ; cf Bourdieu, La distinction).
Certes, « l’homme est la mesure de toute chose » (Protagoras). C’est sans doute l’homme qui décide de la valeur des choses. Mais il ne peut pas le faire arbitrairement, sans que ne se pose la question de la valeur … de ces valeurs. Les valeurs ne sont pas des choses que l’on peut posséder ni dérober au regard des autres - pour en jouir tout seul ?.. Les valeurs ont besoin d’un espace de visibilité, d’un mode quelconque de reconnaissance, pour exister. Il en va aussi des valeurs d’opposition, de distinction (« mes valeurs » comme signe de raffinement), de rejet des valeurs dominantes etc..
Même Zarathoustra révèle « ses » valeurs à ses disciples…
« Il n'y aura plus de terre nouvelle car elle était l'unique. Fougueuse, elle survit à sa fin torturée. La garder? Qui en aurait le droit? Si quelqu'un était pleinement la terre, si son coeur étit absolument la terre, il aurait le droit de la garder. Alors, elle prendrait la forme de son coeur. Les villes, les montagnes, les fleuves occuperaient à sa surface une autre place. Les hommes sauraient que la terre est devenue un coeur et qu'elle bat. C'est ce battement qu'ils attendent. C'est ce battement qu'ils espérent? C'est la battement de la terre devenue une » Elias Canetti Le territoire des hommes (1946)
« Nous ne possédons rien au monde -car le hasard peut tout nous ôter- sinon le pouvoir de dire je. C'est cela qu'il faut donner à Dieu, c'est-à-dire détruire. Il n'y a absolument aucun autre
acte libre qui nous soit permis, sinon la destruction du je » Simone Weil
La pesanteur et la gâce
« Le moi est haïssable [...]
-Point, car en agissant, comme nous faisons, obligeammant pour tout le monde, on n'a plus sujet de nous haïr.
-Cela est vrai, si on ne haïssait dans le moi que la déplaisir qui nous en revient. Mais si je le hais parce qu'il est injuste, qu'il se fait le centre de tout, je le haïrai toujours »
B 455
La laicité
"La grande loi républicaine du 9 décembre 1905 qui sépare les Églises et l'État est le socle du « vivre ensemble » en France. C'est par elle que la laïcité s'est enracinée dans nos
institutions.
Les trois valeurs indissociables qu'elle définit en font la pierre angulaire de notre pacte républicain. La liberté de conscience, d'abord, qui permet à chaque citoyen de choisir sa vie
spirituelle ou religieuse ; l'égalité en droit des options spirituelles et religieuses, ensuite, qui interdit toute discrimination ou contrainte ; enfin la neutralité du pouvoir politique qui
reconnaît ses limites en s'abstenant de toute ingérence dans le domaine spirituel ou religieux.
La loi de 1905 affirme donc la dissociation de la citoyenneté et de l'appartenance religieuse. La France cesse de se définir comme une nation catholique.
Si cette séparation fut douloureusement ressentie par beaucoup de Français et a suscité de nombreux conflits, la laïcité a finalement réussi à transformer le combat en valeur républicaine
partagée.
Depuis 1905, le contexte a évolué. Sous l'effet de l'immigration, la France est devenue plurielle sur le plan spirituel et religieux. Il s'agit, dans le respect de la diversité de notre société,
de forger l'unité. Si, au nom du principe de la laïcité, la France doit accepter d'accueillir les nouvelles religions, celles-ci doivent aussi respecter pleinement les valeurs républicaines.
C'est à cette condition que leur intégration sera réussie. '
La laïcité, c'est la liberté, mais c'est aussi l'égalité, l'égalité entre les citoyens quelle que soit leur croyance.
C'est à l'État que revient la mission de veiller, dans les relations avec les cultes et avec l'ensemble des familles spirituelles, à ce que tous puissent s'exprimer. C'est lui qui doit faire en
sorte qu'aucun groupe, qu'aucune communauté ne puisse imposer à qui que ce soit une appartenance religieuse, en particulier en raison de ses origines. La laïcité est donc à l'avant-garde du
combat contre les discriminations.
Mais la laïcité, c'est aussi et surtout la fraternité. Parce qu'elle reconnaît et respecte les différences culturelles, spirituelles, religieuses, elle a aussi pour mission, et c'est la plus
noble de toutes, de créer les conditions permettant à tous de vivre ensemble, dans le respect réciproque et dans l'attachement commun à un certain nombre de valeurs.
Ces valeurs qui doivent nous unir, ce sont celles que l'on apprend à l'école. Et c'est en cela que l'école est un espace spécifique qui accueille des enfants et des adolescents auxquels elle doit
donner les outils intellectuels leur permettant, quelles que soient leurs origines, leurs convictions ou celles de leurs parents, de devenir des citoyens éclairés, apprenant à partager, au-delà
de toutes leurs différences, les valeurs de notre République.
C'est la raison pour laquelle, si l'école ne doit pas être à l'abri du monde, les élèves doivent être protégés de la « fureur du monde ». Face aux conflits qui divisent, face aux comportements et
aux signes qui exaltent la différence, l'école doit apporter sa contribution à cette communauté de valeurs, de volontés et de rêves qui fondent la République.
Empreinte de liberté, d'égalité et de fraternité, la laïcité est le fondement du pacte républicain".
Bernard Stasi
Guide républicain Delagrave 2004
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