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Mercredi 9 juillet 2008

"Tout gouvernement qui  n'est pas la République est exactement représenté  par l'image du pasteur et du troupeau. Le pasteur protège, il  a des chiens pour cela. Mais il tond les moutons. Les moutons vivent non pour eux,  mais pour  lui. Or on voit bien comment le pasteur reste pasteur de son troupeau : les moutons n'ont ni dents ni griffes. Mais on ne voit pas comment un roi ou un petit nombre de gouvernants peuvent gouverner par la  force un peuple d'hommes. Un tel gouvernement est à vrai dire impossible. Pour que les hommes qui le subissent en soient débarrassés suit qu'ils le veuillent: car, étant le nombre, ils sont la force.
Oui, cela  est étrange, mais c'est ainsi, aucun despote ne gouverne  par la force.
Mais  il :y a une condition de l'existence du despotisme, qui peut le faire dorer indéfiniment si elle est remplie, c'est la confiance. Si le peuple croit que le roi est fait pour gouverner, que le roi agit toujours bien, et pense toujours bien, le roi régnera indéfiniment. Le roi ne pourrait régner sur les corps par la force; mais il règne sur les âmes par le respect qu'il leur inspire; et c'est de là que dent son autorité. Tout despotisme durable est un pouvoir moral, un pouvoir sur les âmes.
Et sans doute il arrive rarement qu'un peuple ait entièrement et toujours la foi [...]i".

Alain, Le culte de la raison comme fondement de la république. Conférence ( Revue métaphysique, 1901)

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Mercredi 9 juillet 2008

VOCABULAIRE  (Pensées, 1660)
 Chair : Pascal désigne par ce terme non pas la chair au sens physique du terme, mais  l'opposé de l'esprit ;  il établit un lien entre chair et concupiscence. La chair est un " ordre " chez Pascal, c'est-à-dire une catégorie, un certain rapport au réel.
Charité : Amour désintéressé d'autrui inspiré par l'amour de Dieu.  Orde de la charité est au dessus de l'ordre de la chair, mais aussi de l'intelligence
Cœur : (du latin cor, viscère, puis, par extension, siège  des sentiments) . Chez Pascal le cœur désigne une connaissance immédiate, intuitive qui nous donne accès à Dieu directement, mais aussi aux axiomes, aux premiers principes de la connaissance. Le cœur est la faculté qui nous permet de saisir ce qui est singulier (comme l'intuition chez Bergson) (Pensée 282)
Divertissement :  tout ce qui permet à l'homme d'oublier sa condition d'être fini, autrement dit le fait qu'il va mourir. Le jeu, mais aussi le travail, le plaisir,  et toutes les activités très absorbantes sont des divertissements.   La passion est aussi un divertissement très prisé. La  guerre, et la politique en général , également. (Pensée 139)
Foi : c'est le cœur qui sent Dieu et non la raison. Voilà ce que c'est que la foi, Dieu sensible au cœur, non à la raison "  (Pensée 278)
 Grâce : secours surnaturel librement accordé par Dieu, ou pardon accordé à l'homme pécheur. La grâce est un don gratuit, aléatoire et imprévisible du point de vue de l'homme
Imagination : " superbe puissance, ennemie de la raison ",  maîtresse d'erreurs et d'illusions, l'imagination nous permet d'échapper illusoirement  à notre condition misérable et de vivre une vie irréelle, fausse mais plus exaltante. C'est l'imagination qui explique,  plus banalement, le vertige, auquel même le plus grands penseurs n'échappent pas  (Pensée 82)
Ordre : 1) niveau de réalité  ou plan d'existence (il y a trois " ordres " : l'ordre des corps,  l'ordre des esprits,  l'ordre de la charité 2) Méthode géométrique par principe et démonstration.
Mort : " Qu'on s'imagine donc un nombre d'hommes dans les chaînes, et tous condamnés à mort, dont les uns étant chaque jour égorgés à la vue des autres, ceux qui restent voient leur propre condition dans celle de leurs semblables, et , se regardant les uns les autres, avec douleur et sans espérance, attendent à leur tour .. . Le dernier acte est sanglant, quelque belle que soit la comédie et tout le reste : on jette enfin de la terre sur la tête, et en voilà pour jamais "  (199 et 210)
Passion (et raison) : " Guerre intestine de l'homme entre la raison et les passions. S'il n'avait que la raison sans passions... S'il n'avait que les passions sans raison... Mais ayant l'un et l'autre, il ne peut être sans guerre, ne pouvant avoir la paix avec l'un qu'ayant guerre avec l'autre : ainsi il est toujours divisé, et contraire à lui-même.
   - Cette guerre intérieure de la raison contre les passions a fait que ceux qui ont voulu la paix se sont partagés en deux sectes. Les uns ont voulu renoncer aux passions, et devenir dieux; les autres ont voulu renoncer à la raison, et devenir bêtes brutes (Des Barreaux'). Mais ils ne l'ont pu, ni les uns ni les autres; et la raison demeure toujours, qui accuse la bassesse et l'injustice des passions, et qui trouble le repos de ceux qui s'y abandonnent; et les passions sont toujours vivantes dans ceux qui y veulent renoncer " (412-413)

Pensée :  "  Pensée fait la grandeur de l'homme. [...]
   L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature; mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser: une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt, et l'avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien.
   Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C'est de là qu'il nous faut relever et non de l'espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser: voilà le principe de la morale ".
                        Blaise Pascal, Pensées (1660), fragments 347-348, Éd. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1976, pp. 1156-1157.
                       
Raison : faculté de l'Universel Son pouvoir doit être relativisé.  La raison, en effet, est discursive : elle ne permet donc pas de saisir  ce qui est au delà du discours, l'indicible. La foi dépasse la raison mais sans la contredire " Et c'est sur ces connaissances du cœur et de l'instinct qu'il faut que la raison se fonde, et qu'elle y fonde tout son discours " 282 )
Condition humaine : " Comme je ne sais d'où je viens, aussi je ne sais où je vais ; et je sais seulement qu'en sortant de ce monde je tombe pour jamais ou dans le néant, ou dans les mains d'un Dieu irrité, sans savoir à laquelle de ces deux conditions je dois être éternellement en partage " Pensée 194
                       
Temporalité :  " Nous ne nous tenons jamais au temps présent. Nous anticipons l'avenir comme trop lent à venir, comme pour hâter son cours; ou nous rappelons le passé, pour l'arrêter comme trop prompt: si imprudents, que nous errons dans les temps qui ne sont pas nôtres, et ne pensons point au seul qui nous appartient; et si vains, que nous songeons à ceux qui ne sont plus rien, et échappons' sans réflexion le seul qui subsiste. C'est que le présent, d'ordinaire, nous blesse. Nous le cachons à notre vue, parce qu'il nous afflige ; et s'il nous est agréable, nous regrettons de le voir échapper. Nous tâchons de le soutenir par l'avenir, et pensons à disposer les choses qui ne sont pas en notre puissance, pour un temps où nous n'avons aucune assurance d'arriver ".
                              Blaise Pascal, Pensées (1660), fragment 172, .

 

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Mercredi 26 décembre 2007

 QU'EST-CE QU'UNE NATION ? 
11 mars 1882 en réponse au Discours sur la nation allemande de Fichte, 1807

 La nation n'est pas seulement une réalité historique. C'est une construction

"Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n'en font qu'une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L'une est dans le passé, l'autre dans le présent. L'une est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs ; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis. L'homme, Messieurs, ne s'improvise pas. La nation, comme l'individu, est l'aboutissant d'un long passé d'efforts, de sacrifices et de dévouements. Le culte des ancêtres est de tous le plus légitime ; les ancêtres nous ont faits ce que nous sommes. Un passé héroïque, des grands hommes, de la gloire (j'entends de la véritable), voilà le capital social sur lequel on assied une idée nationale. Avoir des gloires communes dans le passé, une volonté commune dans le présent ; avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà les conditions essentielles pour être un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu'on a consentis, des maux qu'on a soufferts. On aime la maison qu'on a bâtie et qu'on transmet. Le chant spartiate : « Nous sommes ce que vous fûtes ; nous serons ce que vous êtes » est dans sa simplicité l'hymne abrégé de toute patrie.
Dans le passé, un héritage de gloire et de regrets à partager, dans l'avenir un même programme à réaliser ; avoir souffert, joui, espéré ensemble ! Voilà ce qui vaut mieux que des douanes communes et des frontières conformes aux idées stratégiques ; voilà ce que l'on comprend malgré les diversités de race et de langue. Je disais tout à l'heure « avoir souffert ensemble » ; oui, la souffrance en commun unit plus que la joie. En fait de souvenirs nationaux, les deuils valent mieux que les triomphes, car ils imposent des devoirs, ils commandent l'effort en commun.
Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu'on a faits et de ceux qu'on est disposé à faire encore. Elle suppose un passé ;elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune. L'existence d'une nation est (pardonnez-moi cette métaphore) un plébiscite de tous les jours, comme l'existence de l'individu est une affirmation perpétuelle de vie. Oh ! je le sais, cela est moins métaphysique que le droit divin, moins brutal que le droit prétendu historique. Dans l'ordre d'idées que je vous soumets, une nation n'a pas plus qu'un roi le droit de dire .1 une province : « Tu m'appartiens, je te prends. » Une province, pour nous, ce sont ses habitants ; si quelqu'un cri cette affaire a droit d'être consulté, c'est l'habitant. Une nation n'a jamais un véritable intérêt à s'annexer ou à retenir un pays malgré lui. Le voeu des nations est, en définitive, le seul critérium légitime, celui auquel il faut toujours en revenir.
Nous avons chassé de la politique les abstractions métaphysiques et théologiques. Que reste-t-il, après cela ? Il reste l'homme, ses désirs, ses besoins. La sécession, me direz-vous, et, à la longue, l'émiettement des nations sont la conséquence d'un système qui met ces vieux organismes :1 la merci de volontés souvent peu éclairées. Il est clair qu'en pareille matière aucun principe ne doit être poussé ;1 l'excès. Les vérités de cet ordre ne sont applicables que dans leur ensemble et d'une façon très générale. Les volontés humaines changent ; mais qu'est-ce qui ne change pas ici-bas ? Les nations ne sont pas quelque chose d'éternel. !(Iles ont commencé, elles finiront. La confédération européenne, probablement, les remplacera. Mais telle n'est pas la loi du siècle où nous vivons. A l'heure présente, l'existence des nations est bonne, nécessaire même. Leur existence est la garantie de la liberté, qui serait perdue si le monde n'avait qu'une loi et qu'un maître.
Par leurs facultés diverses, souvent opposées, les nations servent à l'oeuvre commune de la civilisation ; toutes apportent une note à ce grand concert de l'humanité, Qui, en somme, est la plus haute réalité idéale que nous atteignions. Isolées, elles ont leurs parties faibles. Je me dis souvent qu'un individu qui aurait les défauts tenuschez les nations pour des qualités, qui se nourrirait de vaine gloire ; qui serait à ce point jaloux, égoïste, querelleur ; qui ne pourrait rien supporter sans dégainer, serait le plus insupportable des hommes. Mais toutes ces dissonances de détail disparaissent dans l'ensemble. Pauvre humanité, que tu as souffert ! que d'épreuves t'attendent encore ! Puisse l'esprit de sagesse te guider pour te préserver des innombrables dangers dont ta route est semée !
Je me résume, Messieurs. L'homme n'est esclave ni de sa race, ni de sa langue, ni de sa religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des chaînes de montagnes. Une grande agrégation d'hommes, saine d'esprit et chaude de coeur, crée une conscience morale qui s'appelle une nation. Tant que cette conscience morale prouve sa force par les sacrifices qu'exige l'abdication de l'individu au profit d'une communauté, elle est légitime, elle a le droit d'exister. Si des doutes s'élèvent sur ses frontières, consultez les populations disputées. Elles ont bien le droit d'avoir un avis dans la question. Voilà qui fera sourire les transcendants de la politique, ces infaillibles qui passent leur vie à se tromper et qui, du haut de leurs principes supérieurs, prennent en pitié notre terre à terre. « Consulter les populations, fi donc ! quelle naïveté ! Voilà bien ces chétives idées françaises qui prétendent remplacer la diplomatie et la guerre par des moyens d'une simplicité enfantine. » - Attendons, Messieurs ; laissons passer le règne des transcendants ; sachons subir le dédain des forts. Peul-être, après bien des tâtonnements infructueux, reviendrat-on à nos modestes solutions empiriques. Le moyen d'avoir raison dans l'avenir est, à certaines heures, de savoir se résigner à être démodé"

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Vendredi 13 avril 2007
J' ai lu ce très beau texte de Elizabeth de Fontenay dans Le Monde des livres. Impossible de trouver le lien, alors je le scanne:

LE VERSANT ANIMAL de Jean-Christophe Bailly
Bayard, 160 p., 17 ?.

Jean-Christophe Baillard plaide la cause animale

"Toute vie est une pensée, mais une pensée plus ou moins obscure comme la vie elle-même », disait Plotin. Jean-Christophe Bailly place cette phrase en exergue du Versant animal. Il semble en effet qu'il faille aux animaux quelques philosophes capables de leur rendre le statut d'êtres, ce statut dans l'être que la grande tradition rationaliste n'est pas seule à leur avoir dérobé. Pourtant, ce qui se révèle à la lecture de ce livre, devant l'événement de ce petit livre, c'est que les bêtes avaient par-dessus tout besoin d'un grand écrivain qui les sauve de l'abstraction, et en particulier de celle des savoirs positifs.
A travers une «pensée sauvage » qui s'exprime avec le classicisme de la plus parfaite courtoisie, Bailly reste partie prenante d'une lignée qui compte Adorno, Merleau-Ponty, Derrida, Lacoue-Labarthe. Car il se détache de la décevante généralité des concepts et nous libère de cet entêtement du propre de l'homme, qui tend à maîtriser sans scrupule les mondes animaux croisant notre monde. Par la bénédiction d'une magnifique écriture, il nous redonne un affect perdu, le saisissement, le ravissement archaïque et enfantin c'est-à-dire ontologique devant « la pelote échevelée du vivant », et surtout devant l'énigme d'êtres opiniâtrement muets qui ont pourtant le pouvoir mystérieux de « lever les yeux » sur nous, de nous regarder. Oh ! « la force suppliante et calme » d'un regard « qui ne se prononce ni ne s'énonce ».
C'est justement à propos du regard d'un âne dans un tableau religieux du Caravage que l'auteur évoque la « pure pensivité, celle de ce pur mouvement incompris dans l'ouverture humide de I'oeil qui voit, qui voit ce qu'il ne peut saisir et qui, saisissant qu'il ne saisit pas, regarde, regarde sans fin ». Pensifs et non
pensants, tels sont les animaux - Nietzsche le disait déjà - et tels Bailly voudrait nous voir parfois devenir. Mais quel retournement ! « Un peu comme si, en deçà des particularités développées par les espèces et les individus, existait une sorte de nappe phréatique du sensible, une sorte de réserve lointaine et indivise, incertaine où chacun puiserait mais dont la plupart des hommes ont appris à se couper totalement, si totalement qu'ils n'imaginent même plus qu'elle puisse exister et ne la reconnaissent pas quand pourtant elle leur adresse des signes. »
Esprit de finesse
Attentif, rigoureux, pratiquant l'éthologie avec un poétique esprit de finesse, comme l'attestent ses pages sur les chauve-souris, sur des vols d'étourneaux, Bailly n'entend pas plaider pour la cause animale, même s'il reconnaît que la chaîne de la familiarité s'est traîtreusement brisée « entre le berger et le boucher, le lait et le sang ». Il ne défend pas non plus la biodiversité, car celle-ci ne sait rien de l'étrangeté des noms et des cris des différentes espèces. Elle se désintéresse de ces «pelotes de réseaux inquiets où il nous est parfois donné de tirer un fil », de ces concrétudes prodigieuses, tramées entre les bêtes et nous à travers « la multiplicité des passages, des souverainetés furtives, des occasions, des fuites, des rencontres ».
Il constate tout simplement, par-delà la gratitude que suscite la contemplation, que les animaux vont disparaître, qu'ils ont déjà disparu de la plupart de nos vies. Et le passage sur Tâcheronbyl, paradigme du désert mortel qui attend tous les vivants,  traduite une grande douleur que seule console sans doute l'espérance déridaient qu'il n'est peut-être pas encore trop tard pour inventer une politique"
ÉLISABETH DE FONTENAY.
Le versant animal
Image de Au hasard Balthazar
Lire aussi Le silence des bêtes de E. de Fontenay
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Samedi 3 mars 2007
                                                                                      









   Trouver le temps d'aller voir l'expo à la Fondation Cartier -ce n'est pas loin du lycée! Libe
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Vendredi 5 janvier 2007
Voici le papier de  sur le Nouvel Obs :
sur le chat "qui ne sert à rien, mais qui nous est indispensable"
Comme la philosophie.


A quoi sert le chat ?
par Frédéric Vitoux
"Tous les animaux parlent, excepté le perroquet qui parle », écrivait Jules Renard. Des langages animaliers, celui du chat demeure le plus mystérieux, le plus hiéroglyphique, dira-t-on volontiers, tant le chat et l'Égypte ont appris à faire bon ménage il y a quelquesmilliers d'années. Est-ce pour cela que l'on se noie si volontiers dans l'énigme de son regard ? On dialogue avec un chien. On capte le sonar des dauphins. Le cheval répond à son cavalier. Mais le chat ? Il ne répond pas. II ne se dresse pas. Il ne fait pas le beau, il est beau, cela lui suffit. En bref, il est aux abonnés absents. Inutile de lui laisser un message. Il s'en moque.
La tentation est donc grande de faire parler les chats, de se rattraper en somme de cette frustrationou de ce vertige éprouvés face à eux. Bien des poètes et des écrivains'y sont risqués, les malheureux ! Citons pour le plaisir un livre, unseul, un chef-d'oeuvre, «le Chat Murr », d'E.T.A. Hoffmann, puis fermons la parenthèse... et ouvrons-nous aux mystères du chat ! Il est l'animal domestique par excellence, c'est-à-dire le seul qui ait réussi à domestiquer l'homme et non le contraire, et d'un autre côté il incarne la vie sauvage à l'état pur. Ce qu'a si joliment souligné Alexandre Vialatte, disant de lui : « Dieu l'a fait dans Sa grande bonté pour que l'homme puisse caresser le tigre. » II est le symbole du confort,de la placidité obstinée, de la somnolence philosophique. Mais, plus vif que l'éclair, que la passion, que le caprice, il bondi soudain, il est là, il n'est plus là, il bascule dans une autre dimension spatio-temporelle, c'est un animal de science-fiction. Pour un écrivain, il sert de presse-papiers, de correcteur ou de censeur. Aussi sec, il le laisse en plan, et bonsoir ! Il incarne précisément tout ce qu'un romancier ne pourri jamais capturer. En un mot, ï est un professeur d'humilité Mais arrêtons là ! On a compris que le chat, qui ne sert rien, nous est par cela même indispensable".     F. L
 LE NOUVEL OBSERVATEUR

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Vendredi 5 janvier 2007
                                           


Et donc Descartes se serait trompé? Lire l'excellent dossier du  Nouvel Obs cette semaine (si vous n'avez pas déjà lu le chapitre de mon livre sur ce même sujet:)
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Jeudi 4 janvier 2007
"Notre vie s'use en tranfigurations"
 C'est le titre d'un livre de Gwenaële Aubry dont le Monde des livres propose un compte rendu ce soir  : l'auteur y fait le procès de la tyrannie de la beauté.
Elle a bien raison,  mais il y a fort à faire.
En politique désormais le charme balaye tout sur son passage. Quant aux journalistes, n'en parlons même pas. Et les écrivains aussi, vous avez remarqué, elles sont toutes jolies désormais (à part Ch. Angot ?)

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Lundi 4 décembre 2006
J ' avais mis le papier le Patrick Decleck en ligne le 25 novembre sous le titre "Ridiculiser la religion est une vertu" . Vous trouverez aujourd hui la réponse (un peu furax) d un chrétien : Bertrand de Lacombe dans le Monde
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Dimanche 3 décembre 2006


A lire dans le Monde (excellent journal , que je vous recommande!),  par Fabienne Farge (journal electronique)
Pour ceux qui ne sont pas encore abonnés, voici un extrait :
 "Le meurtre d'un bébé dans " Naître ", d'Edward Bond, avait choqué à Avignon. La mise en scène d'Alain Françon est à Paris .

 "Meurtres. Sacrifices humains. Cannibalisme. Guerres. Massacres. Le théâtre a partie liée avec la violence depuis qu'Eschyle a inventé la tragédie grecque avec Les Perses (violence collective de la guerre) et L'Orestie (violence intime de la famille), aux alentours de 470-46o av. J.-C.
Vieux débat, donc. Qui resurgit depuis quelques années à travers plusieurs spectacles, questionnant la manière de représenter la violence, ses effets sur les spectateurs et la responsabilité du théâtre. Ce fut le cas, l'été dernier, au Festival d'Avignon avec une pièce du Britannique Edward Bond : Naître, mise en scène par Alain Françon, le patron du Théâtre national de la Colline, à Paris, où le spectacle est repris jusqu'au 22 décembre.....
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