Environ 7 à 8 % pourraient être admis.
HANSEN LOVES PHILOSOPHY
Entretenir une relation avec mes élèves, mes lecteurs, mes étudiants...
( Avertissement: ceci n'est pas un corrigé mais une proposition très personnelle et sans prétention à la validité objective)
Affirmer les identités, est-ce nécessairement affirmer les différences ?
Problématique :
L’identique c’est le même. L’identité s’oppose par définition à la différence. Un
être ou une nation comporte une « identité » (une essence, une nature) qui lui assure une permanence, une relative constance. Compte tenu
de cette identité, elle est évidemment « différente » (non semblable, non identique) de ses homologues (autres personnes, autres nations etc..).
Donc affirmer son identité, ce n’est pas d’abord affirmer une différence. Il faut toutefois se demander quel lien l’identité entretient avec la différence. La notion de différence est-elle inhérente à l’identité, ou bien s’en déduit-elle ? On notera que le pluriel (« les » identités) introduit une nuance capitale.
I L’identité ou l’essence
L’identité s’oppose par définition à la « différence », qui est relative, qui procède d’un lien (à l’altérité).
1) L’individu est identique à lui-même au sens d’une « substance » : ce qui subsiste sous le changement
2) Une nation tend à être identique (au sens de "semblable") à elle-même dans le temps, notamment grâce à sa mémoire
3) Une entité culturelle (par exemple l’Europe) comporte une identité (une « essence ») c’est-à-dire une unité géographique, morale etc.. qui constitue sa définition et sa particularité
Conclusion
Affirmer une identité, c’est affirmer une « mêmeté », avant d’affirmer une différence.
II Affirmer des identités, c’est revendiquer des différences
On pense évidemment ici aux revendications régionalistes et culturalistes (cf Charles Taylor Multiculturalisme. Différence et démocratie)
1) Les identités se constituent dans la confrontation, comme le montre Hegel (dialectique maître/ esclave)
2) L’affirmation des différences permet d’élaborer ou affermir des identités indécises ou menacées (cf Le deuxième sexe de Beauvoir et les lutttes féministes, les fiertés gay etc..). Voir la question de la différence des sexes en psychanalyse Cf aussi Amartya Sen Identité et violence) Les "identités troublées" se sauvent en affirmant les différences
Identités troublées
Conclusion
L’affirmation des différences est, pratiquement, un moyen de constituer ou de reconstruire des identités fragilisées.
III Cependant, la différence dérive de l’identité qu’elle ne peut donc fonder
Logiquement c’est quand même l’identité qui permet d’affirmer les différences - même si nos « différences » sont aussi des ingrédients de notre identité.
Car rien n’est simple :
1) La personne n’est pas une chose voir : Mounier et Julia Kristeva, Etrangers à nous-mêmes, les différences font partie de nous.
2) L’identité est "dialogique"
(Texte de Gutmann Introduction à
Taylor) . Penser c'est dialoguer, donc intégrer des
différences
3) Une entité culturelle affirmera d’autant mieux sa ou ses
"différences" qu’elle assumera mieux son essence, comme on peut l’établir en prenant l’exemple de l’identité européenne et des différences
qu’elle affirme par référence à son unité essentielle.
Conclusion
Affirmer « les » différences, ne coïncide pas exactement avec affirmer une ou « les » identité. Le singulier précède le pluriel. Sans identité, logiquement, pas de différences !
CONCLUSION
Oui bien sûr, affirmer « les » identités, c’est affirmer des différences. Mais on n’affirmera rien du tout si on n’a pas pris conscience à un moment donné de son unité. C’est le moment du « je » selon Kant. Pour une nation, ou une entité culturelle, ou un groupe, la différence ne peut pas constituer l’identité.
L’identité implique et permet l’intégration des « différences » qui n’ont ni existence ni valeur en soi.
(Avertissement: ceci est une possiblité. C'est ce que j'aurais fait. Mais c'est très personnel. Ce n'est pas "ce qu'il fallait faire")
Une politique de l’environnement est-elle possible ?
Problématique :
« Politique » et « environnement » en effet ne sont pas associés de
façon évidente. La politique, en effet, est l’art de gouverner la cité (polis), elle est donc de l’ordre de l’artifice. Au contraire l’environnement, c’est la nature, qui par définition, n’est pas un artifice et qui donc
ne semble pas relèver, a priori, de la volonté humaine.
De plus, une politique de l’environnement est motivée essentiellement par le souci de prendre en
considération les intérêts des générations futures. Mais la politique se décide au présent. Elle est prise en charge, notamment en démocratie, par
des hommes politiques obnubilés par des échéances
électorales immédiates. Quant aux générations futures, elles ne votent pas.
En ce sens, une politique de l’environnement paraît improbable. Elle apparaît pourtant comme une impérieuse nécessité aujourd’hui.
I Une politique de l’environnement est possible, puisque elle est mise en œuvre.
Ce qui est réel est possible : limiter la consommation d’énergie, pénaliser les industries polluantes, préparer l’avenir etc…
1) A l’échelon national : le Grenelle de l’environnement
2) Au niveau européen. Les fameuses « directives » (cf interdiction de la pèche du thon)
3) Au niveau international : Agence pour l’environnement, protocole de Kyoto etc..
Conclusion :
Une politique de l’environnement semble s’imposer désormais comme une évidence et une nécessité impérieuse. Cependant :
II Cette politique reste très précaire car elle rencontre des obstacles considérables
1) Sur le plan théorique : la politique est l’organisation de la cité par les citoyens et leurs représentants en vue des intérêts actuels de ceux qui sont concernés. Or une politique de l’environnement peut heurter de front les intérêts immédiats des peuples. Elle se justifie fondamentalement par le souci de préserver la nature, par égard pour les générations futures. Une politique de l’environnement implique des décisions douloureuses et impopulaires.
2) Pratiquement, toute politique de l’environnement va devoir surmonter un nombre incalculable de lobbies (comme ceux des industries pétrolières, de l’automobile, les compagnies aériennes, l’agriculture intensive, l’élevage industriel, la pêche illimitée etc..). Elle va aussi bousculer le monde du travail (cf par exemple les pécheurs aujourd’hui) en obligeant à des reconversions déchirantes, si ce n’est impossibles.
3) Une politique de l’environnement n’est concevable qu’à l’échelon international. Or il n’y a pas d’instances assez légitimes pour imposer des décisions à ce niveau. Et les options des différentes nations sont loin d’être cohérentes ou même seulement compatibles.
Conclusion
Cette indispensable politique de l’environnement n’est encore qu’un vœu pieu, comme en témoigne, entre autres, la fonte accélérée de la calotte glacière, et la disparition de nombreuses espèces vivantes.
III Perspectives actuelles
1) Rappelons que comme l’a montré Rousseau, il ne peut y avoir de « volonté générale » (du peuple) sur un objet qui lui est étranger. Quand le peuple décide pour le peuple, il peut y avoir une volonté générale. On ne peut rien attendre de tel quand le peuple doit se prononcer sur une politique étrangère ou sur la protection de la nature et des générations à venir, qui sont par rapport à un peuple un « objet » étranger.
2) Une politique démocratique est donc extrêmement problématique. C’est ce que prouve la résistance des peuples à l’Europe. L’Europe est pourtant mieux habilitée pour prendre des décisions écologiques que chaque nation, car la nature ignore les frontières. L’hostilité à l’Europe montre que la politique environnementale n’est pas une priorité - apparemment - pour les électeurs. La politique de l'environnement coûte cher. Elle ne favorise pas le pouvoir d'acchat.
3) Seule une politique internationale peut être efficace en termes d’environnement. Mais on parlera ici à la rigueur de « gouvernance » et pas de gouvernement. La communauté internationale n’a ni les moyens ni la volonté ni même la légitimité pour imposer des décisions de politique environnementale actuellement.
Conclusion : une politique de l’environnement est nécessaire mais impossible
Conclusion.
Il est impossible d'escompter une politique démocratique de l’environnement. Les démocraties ne sacrifieront jamais
leurs intérêts immédiats par égard pour les générations futures. Pourquoi le feraient-elles,
d’ailleurs ?
Cependant les institutions démocratiques et républicaines peuvent entendre les voix des associations non gouvernementales, et donner la parole, pour des raisons morales et non pas politiques, à tous ceux qui prennent en considération les intérêts de ceux qui ne sont pas encore nés, les intérêts de la nature et des animaux également.
C’est ce que Hans Jonas appelle le « principe responsabilité » qui procède de considérations métaphysiques et morales et non pas politiques.
COMMENT QUALIFIER UN RÉGIME POLITIQUE?
"La science politique n'offre aucune typologie unanimement acceptée des formes de gouvernement, mais l'on en trouve, des classiques comme des plus modernes, qui sont tout de même assez largement
reconnues. Tout régime politique concret est particulier, et tout régime évolue au fil du temps. C'est ainsi que certains historiens ont pu parler de « dé-fascisation » du franquisme espagnol
après 1945, le régime évoluant vers une sorte d'autoritarisme conservateur, somme toute assez classique, nourri de nationalisme et de catholicisme. Par conséquent, l'exercice typologique n'a
d'intérêt que si l'on est conscient de ses limites et si les catégories sont mises en oeuvre de manière dynamique. Certaines sont bien connues: démocratie (gouvernement du peuple), aristocratie
(des « meilleurs »), oligarchie (du petit nombre), monarchie (d'un seul), ploutocratie
(des riches), théocratie (des représentants de Dieu)... Mais elles renvoient au détenteur du pouvoir, et non à la façon dont ce pouvoir est exercé.
À l'heure actuelle,les catégories les plus usitées et les plus pertinentes sont la démocratie, l'autoritarisme et le totalitarisme. La Constitution de 1958 définit la démocratie comme « le
gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », impliquant un rapport gouvernants-gouvernés basé sur la persuasion et le consentement, et non sur la force. La démocratie souhaite mettre
l'État au service de la société. Le dessein du totalitarisme est diamétralement opposé: celui-ci entend dissoudre la société dans un État parti omnipotent et omniprésent. L'autoritarisme s'étend
dans cette zone grise entre la démocratie et le totalitarisme, dont il ne diffère pas par son degré de terreur policière (afin d'assurer sa survie, un régime autoritaire peut mener une répression
sanglante), mais par son projet: l'autoritarisme ne vise ni la subordination de l'État (démocratie) ni la dissolution et l'asservissement de la société (totalitarisme). Une autre manière
d'articuler ces formes de gouvernement consiste à prendre en compte le sort réservé à l'opposition et le degré de consensus attendu des gouvernés. L'autoritarisme se caractérise par le refus
d'une compétition politique ouverte, sans impliquer pour autant une complète adhésion idéologique. Le totalitarisme manifeste quant à lui la volonté d'abolir tous les clivages existant
dans la société et exige un soutien absolu et sans réserve, dans une logique messianique. Construite en référence à l'Allemagne nazie et à l'URSS, la notion de totalitarisme ne trouve à
s'appliquer effectivement qu'à des situations relativement éphémères et précaires: nazisme et stalinisme (mais pas toute l'ère soviétique), la Chine de Mao, le Cambodge de Pot Pot, l'Iran de
Khomeiny... De par sa nature même, le totalitarisme ne semble pas en mesure de s'inscrire dans la durée. Remarquons enfin que la théorie politique est riche de débats sur la plus ou moins grande
comparabilité du fascisme, du nazisme et du communisme, l'idée même de totalitarisme étant critiquée pour sa propension à rassembler sous un vocable unique des types de régime reposant en fait
sur des dynamiques différentes. Si la question est de savoir qui exerce le pouvoir, alors d'autres régimes politiques que la démocratie peuvent être compatibles avec les droits humains. Mais si
la question est de savoir comment ce pouvoir est exercé, alors il faut remarquer que le totalitarisme - et, concrètement, l'autoritarisme - porte en lui la négation même des droits
humains". Éric Poinsot Bulletin Amnesty International juin 2008
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