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Préparation IEP (sciences-po)

Lundi 13 mai 2013 1 13 /05 /Mai /2013 17:35

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Extraits

 

"Certains choisissent de ne rien voir, d'autres, trop émus, parlaient de fin de l'histoire…

Cette banalisation progressive de la solidarité internationale ne peut pas être analysée comme un événement moral ni un « progrès de l'humanité », ce qu'elle n'est hélas que marginalement. Elle tient, d'une part, aux progrès techniques qui favorisent l'essor des communications sans que les frontières n'y puissent grand-chose et, d'autre part, à l'interdépendance croissante entre les enjeux comme entre les intérêts. La posture de compétiteurs épuise plus le jeu international, tant aujourd'hui le succès dépend non plus de l'effondrement de l'autre, mais de sa survie et même de sa solidité. Inversement, la fragilité des plus faibles a des effets catastrophiques sur tous et devient de nos jours le principal facteur menaçant la sécurité collective. Il suffit de se pencher sur la carte des conflits mondiaux pour admettre que les foyers de belligérance se forment là où les Etats sont les plus faibles, où les économies sont les plus pauvres, où les tissus sociaux sont les moins solides. La guerre n'est plus le résultat d'une compétition entre les plus puissants, mais bel et bien d'un accès de faiblesse frappant les petits. En retour, la puissance perd de sa capacité régulatrice et se révèle, face à la violence du faible, décalée, inefficace et impuissante.

A mesure que se brise ainsi la figure de l'ennemi, tout s'enchaîne. Tombent avec elle celle de l'infaillibilité de la puissance militaire, la fonctionnalité des alliances qu'elle inspire. Reste surtout, non pas à décréter la fin de l'Histoire, mais à comprendre le début de la nouvelle.

Dès lors, nous changeons de monde : la tectonique des sociétés l'emporte sans que des états.

La légitimité, du même coup, change de nature. Elle ne se construit plus seulement dans l'accomplissement de l'État de droit, ni dans le mode de gestion de la concurrence, mais aussi dans la prise en charge de ces formes potentielles ou réelles de mobilisation sociale.

On n'y devine aussi poindre une sorte de démocratisation de la vie internationale qui perd sa nature oligarchique, sans contenir sa violence, tant l'importance croissante des « pathologies sociales mondiales » mais bien créer un surcroît de violence internationale, potentielles ou réelles".

Par laurence hansen-love - Publié dans : Préparation IEP (sciences-po) - Communauté : Culture générale, philosophie
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Dimanche 5 mai 2013 7 05 /05 /Mai /2013 15:26

 

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Deux ouvrages recommandés:

 

 Quand l'histoire commence,   de  Bertrand Badie (Editions CNRS)

  ET Thèmes d'actualités de Rémi Pérez (Vuibert)

Par laurence hansen-love - Publié dans : Préparation IEP (sciences-po) - Communauté : Culture générale, philosophie
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Dimanche 5 mai 2013 7 05 /05 /Mai /2013 12:32

 

L’épreuve s’intitule « Questions contemporaines » ; Coefficient : 3. Durée : 3 heures.

Il s’agit d’une dissertation.

 Il ya deux sujets au choix, portant sur deux thèmes. Habituellement ; il y a un sujet pour chaque thème mais une question croisée n’est pas exclu.

 L’an  passé, les thèmes étaient : La justice et la science

 

 L’an passé les sujets étaient : La religion et le sport

et les sujets :

 Le sport, une affaire d’Etat(s) ?

La laïcité, garantie des libertés religieuses ?

 A propos de ces sujets,  deux remarques :

Ce sont des sujets d’ordre général, mais on s’attend à ce que le candidat s’appuie sur l’actualité (très dense)  de l’année en cours.

On  demande au candidat qu’il soit attentif aux nuances. Exemple : « Une affaire d’Etat » n’a pas le même sens que « l’affaire DES Etats ». Ensuite la laïcité pourrait être une condition de possibilité de la tolérance et du pluralisme religieux (première partie) sans être une garantie pour autant.

  La justice et La science.
 Ce sont deux thèmes bien distincts. Il est peu probable qu’un sujet proposé les mixe ou les articule.

La question est : en quoi ces thèmes sont contemporains ? 

A priori,  ils ne le sont pas particulièrement. Ce sont des questions traditionnelles de la philosophie. Toutefois, il y a une actualité sur ces sujets, on y sera attentif toute l’année. Pour la justice, il y a un débat constant sur la Justice en tant qu’institution,  on se demande par exemple si elle doit être essentiellement répressive ou pas. Il y a aussi bien sûr la question des inégalités et des moyens d’y remédier, notamment dans des régimes libéraux comme les nôtres. Le droit de s’enrichir, par exemple, doit-il être tenu pour  illimité ?

En ce qui concerne la science, en quoi est-une question d’actualité ? On pense aux débats en cours sur le dérèglement climatique : Faut-il croire en la science ? Peut-on encore faire confiance à la science ? Qui croire quand les savants ne sont pas d’accord entre eux ? La science  peut-elle apporter des remèdes aux dégâts que les hommes infligent à leur environnement, notamment grâce à la science ?

 Je termine par quelques remarques à propos de « la science »,  à titre d’illustration

 Notez que « la science » n’est pas une notion du programme de terminale en tant que telle. Toutefois, un (bon) élève de terminale doit posséder quelques connaissances  en relation avec ce thème.
 Une rubrique du programme s’appelle «  la démonstration », une autre, « théorie et expérience » et une autre « la vérité ». « L’histoire », qui est une science, est aussi une des notions du programme. Le chapitre « le vivant » a trait à la biologie : une autre science.
 Un élève de terminale doit savoir définir le mot « science », et pouvoir répondre à la question « Y a-t-il une ou plusieurs sciences ? ». La réponse est qu’il y a plusieurs sciences,  (sciences  formelles, sciences exactes, sciences humaines),  qu’elles comportent des différences mais aussi des points communs.

 Il faut être capable de dire quels sont ces points communs. Pour cela il faut connaître les critères de ce qu’on appelle la « scientificité ». Ceci rejoint la question de la « vérité scientifique » : qu’appelle-t-on « vérité scientifique » ? Comment l’établit-on ? Certaines vérités  admettent-elles une part de subjectivité, d’interprétation ?

Une fois établie, la vérité scientifique est-elle indiscutable ? Immuable ? La réponse est non : il faudra  donc être capable d’expliquer comment et pourquoi les vérités scientifiques sont extrêmement fiables, tout en étant pourtant provisoires et « falsifiables ».

 Pour finir, il faut être capable d’expliquer en quoi et pourquoi la philosophie, qui étudie la science, n’est pas une science.

Et voici le type de sujets auxquels vous pouvez vous attendre  (un exemple):

« La science répond-elle au désir de savoir ? »

 Vous pouvez m’  envoyer un plan  correspondant  à ce sujet ou bien à l’un des  sujets proposés dans mon e-book et  je vous donnerai mon avis

 

 Mon e-book

http://lewebpedagogique.com/boutique/iep-2013-la-justice-et-la-science/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par laurence hansen-love - Publié dans : Préparation IEP (sciences-po) - Communauté : Les blogueurs influents
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Dimanche 3 mars 2013 7 03 /03 /Mars /2013 10:51

Rousseau.jpg 

 (voici le texte complet, tel qu'il est présenté dans mon manuel,  Belin 2004)

 

  Les écueils d’une histoire subjective

 Pour posséder une réelle valeur pédagogique, l’histoire ne devrait se préoccuper que de la vérité. Mais les historiens se concentrent sur les « hauts faits » des hommes qui « s’arrangent pour être vus » : ils retiennent en priorité ce qui est susceptible de frapper l’imagination. Il n’est pas sûr, dans ces conditions, que l’histoire soit cette école de civisme que vantent sans relâche les hommes politiques et les enseignants.

 

"Il est difficile de se mettre dans un point de vue d’où l’on puisse juger ses semblables avec équité. Un des grands vices de l’histoire est qu’elle peint beaucoup plus les hommes par leurs mauvais côtés que par les bons ; comme elle n’est intéressante que par les révolutions, les catastrophes, tant qu’un  peuple croît et prospère  dans le calme d’un paisible gouvernement, elle n’en dit rien ; elle ne commence à en parler  que quand, ne pouvant plus se suffire à lui-même, il prend part aux affaires de ses voisins, ou les laisse prendre part aux siennes ; elle ne l’illustre que  quand il est déjà sur son déclin : toutes nos histoires commencent où elles devraient finir. Nous avons fort exactement celle des peuples qui se détruisent ; ce qui nous manque est celle des peuples qui se multiplient ; ils sont assez heureux et assez sages pour qu’elle n’ait rien à dire d’eux :  et en effet nous voyons, même de nos jours que les gouvernements qui se conduisent le mieux sont ceux dont on parle le moins. Nous ne savons donc que le mal ; à peine le bien fait-il époque. Il n’y a que les méchants de célèbres, les bons sont oubliés ou tournés en ridicule : et voilà comment l’histoire, ainsi que la philosophie, calomnie sans cesse le genre humain.

 De plus, il s’en faut bien que les faits décrits dans l’histoire soient la peinture exacte des mêmes faits tels qu’ils sont arrivés : ils changent de forme dans la tête de l’historien, ils se moulent sur ses intérêts, ils prennent la teinte de ses préjugés. Qui est-ce qui sait mettre exactement le lecteur au lieu de la scène pour voir un événement tel qu’il s’est passé ? L’ignorance ou la partialité déguise tout. Sans altérer même un trait historique, en étendant ou resserrant des circonstances qui s’y rapportent, que de faces différentes on peut lui donner ! Mettez un même objet à divers points de vue, à peine paraîtra-t-il le même, et pourtant rien n’aura changé que l’œil du spectateur. Suffit-il, pour l’honneur de la vérité, de me dire un fait véritable  en me le faisant voir tout autrement qu’il n’est arrivé ?  Combien de fois un arbre de plus ou de moins, un rocher à droite ou à gauche, un tourbillon de poussière élevé par le vent  ont décidé de l’événement d’un combat sans que personne s’en soit aperçu !  Cela empêche-t-il que l’historien ne vous dise la cause de la défaite ou de la victoire avec autant d’assurance que s’il eût été partout ? Or que m’importent les faits en eux-mêmes, quand la raison m’en reste inconnue? et quelles leçons puis-je tirer d’un événement dont j’ignore la vraie cause ? L’historien m’en donne une, mais il la controuve ; et la critique elle-même, dont on fait tant de bruit, n’est qu’un art de conjecturer, l’art de choisir entre plusieurs mensonges celui qui ressemble le mieux à la vérité".

 

 Jean-Jacques Rousseau, Emile  ou de l’éducation   (1762), L IV, pp 309-310 GF  Flammarion,1966.

 

Par laurence hansen-love - Publié dans : Préparation IEP (sciences-po) - Communauté : philosopher
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Dimanche 3 mars 2013 7 03 /03 /Mars /2013 10:46

  

"Il s’en faut bien que les faits décrits dans l’histoire soient la peinture exacte des mêmes faits tels qu’ils sont arrivés : ils changent de forme dans la tête de l’historien, ils se moulent sur ses intérêts, ils prennent la teinte de ses préjugés. Qui est-ce qui sait mettre exactement le lecteur au lieu de la scène pour voir un événement tel qu’il s’est passé ? L’ignorance ou la partialité déguise tout. Sans altérer même un trait historique, en étendant ou resserrant des circonstances qui s’y rapportent, que de faces différentes on peut lui donner ! Mettez un même objet à divers points de vue, à peine paraîtra-t-il le même, et pourtant rien n’aura changé que l’œil du spectateur. Suffit-il, pour l’honneur de la vérité, de me dire un fait véritable  en me le faisant voir tout autrement qu’il n’est arrivé ?  Combien de fois un arbre de plus ou de moins, un rocher à droite ou à gauche, un tourbillon de poussière élevé par le vent  ont décidé de l’événement d’un combat sans que personne s’en soit aperçu !  Cela empêche-t-il que l’historien ne vous dise la cause de la défaite ou de la victoire avec autant d’assurance que s’il eût été partout ? Or que m’importent les faits en eux-mêmes, quand la raison m’en reste inconnue? et quelles leçons puis-je tirer d’un événement dont j’ignore la vraie cause ? L’historien m’en donne une, mais il la controuve ; et la critique elle-même, dont on fait tant de bruit, n’est qu’un art de conjecturer, l’art de choisir entre plusieurs mensonges celui qui ressemble le mieux à la vérité".

 

 Jean-Jacques Rousseau, Emile  ou de l’éducation   (1762), L IV, pp 309-310 GF  Flammarion,1966.

 

Par laurence hansen-love - Publié dans : Préparation IEP (sciences-po) - Communauté : philosopher
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